Les prochains budgets de la région Centre-Val de Loire donneront la priorité à la santé, à l’économie et à l’environnement, avec une vigilance accrue sur les transports ferroviaires. Des choix en conformité avec les engagements de sa majorité et des nécessités de l’époque, qui tiennent modérément compte des divergences de vues de ses oppositions.
Par Jean-Luc Bouland
En ce mercredi 10 novembre, réunis en séance plénière ordinaire sous la présidence de François Bonneau, les élus du Conseil régional Centre-Val de Loire semblaient aborder les orientations budgétaires à venir dans un climat des plus courtois, malgré de réelles divergences de fond et de forme sur certains sujets cruciaux. Mais quelques élus du Loiret, siégeant dans les deux assemblées, devaient trouver là une certaine forme de sérénité appréciable, après l’ambiance des plus électrique de la veille pour l’élection de Serge Grouard à la tête de la métropole orléanaise.
D’entrée, François Bonneau avait donné le ton, traitant des sujets d’actualités en préliminaire des dossiers de fond à venir. Ces premières orientations budgétaires ne concerneront pas que l’année à venir, mais influeront sur toute sa mandature, en prolongement des pistes déjà entamées précédemment, mais modulées pour tenir compte des difficultés liées à la pandémie. “Les orientations majeures qui seront proposées et portées par la majorité à partir de 2022 et pour les six années à venir se traduiront par des choix budgétaires ambitieux maîtrisés pour maintenir l’emprunt de la collectivité à un niveau raisonnable“. Ainsi en sera-t-il notamment de la situation déficitaire des transports ferroviaires, qui, outre une pénalisation des usagers, a fortement impacté les finances de la région. Mais, soulignait François Bonneau, l’actualité se porte nécessairement sur les services de santé, entre un manque évident de médecins généralistes et de structures de formation. “Il nous faut des facultés d’odontologie dans chaque ville préfecture“, déclarait-il. “Pas seulement à Orléans, mais aussi à Bourges, Châteauroux, Blois, etc“. Des propos validés par l’assemblée, qui vota à l’unanimité le vœu du groupe de l’Union de la droite sur le sujet, mais qui ne suivit pas pour autant la proposition du centriste orléanais Florent Montillot pour un soutien d’une fac de médecine au cœur de la ville préfecture de région.
Ces nouvelles orientations budgétaires, plus tournées vers l’investissement, entraînant un accroissement de la dette, étaient notamment jugées encourageantes par Nicolas Forissier (LR) et ses colistiers, mais pas assez dans la maîtrise des frais de fonctionnement. Les actions à venir, “pour soutenir les entreprises, sauver l’économie et l’emploi, accompagner les associations, les acteurs culturels, les territoires” porteront entre autres sur un développement de l’agriculture bio, souhaitée depuis longtemps pour atteindre 18% de la production régionale. Cette volonté, saluée par les élus écologistes, était rejetée d’emblée par ceux du Rassemblement national, défenseurs de l’agriculture traditionnelle, et peu sensibles au fait que Charles Fournier, vice-président de la Région, participe à la COP26 pour présenter la COP régionale initiée les années précédentes. Mais, tenait à préciser la majorité régionale, au delà de cela , “trois politiques concentrent les 2/3 de l’investissement régional : les lycées, l’aménagement du territoire et les transports“. Une logique qui justifie la tenue des Etats généraux de la jeunesse, qui débutent ce 16 novembre, et l’annonce faite par François Bonneau de prochains Etats généraux de l’économie et de l’emploi.
En ouvrant cette session sur les orientations budgétaires, François Bonneau voulait donc assurer les élus d’une réelle action “volontariste” de la majorité, souhaitant engager une concertation maximum avec chacun. En niant ainsi toute emprise de certains de ses alliés sur ses décisions, comme le déclaraient plus ou moins ouvertement ses oppositions. Nul doute que les prochaines sessions seront éclairantes sur les réalités de ces orientations…
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