Une première soirée de festival, ça peut ressembler à un quart de finale de la Ligue des champions en foot avec des passes et des buts manqués, des confirmations et de très heureuses surprises.
A l’heure où 22 joueurs sont encore dans les vestiaires, les VIP sont déjà à l’apero. Dans les tribunes de Manchester City on s’agite, dans les allées du Printemps on s’baguenaude. « Ben alors, t’arrives pas à la rouler en marchant ? » qu’il plaisante, les deux potes se dirigeant vers le 22 où Salut C’est Cool (de l’electro punk) est au programme.
La nuit tombe sèchement sur le W – quadrillé par de jeunes porteurs d’eau et leurs petites b…à bière – tandis que s’élève la jolie voix de Marina Kaye qui va avoir la drôle d’idée au détour de son répertoire de vouloir que le public « mette le bordel ». Sans effet.
On est plutôt venu pour L.E.J., drôle de sigle pour un trio féminin musicalement plus inspiré que pour son intitulé. « Des vraies voix de soul, de blues, une vraie formation classique en totale harmonie ». C’est dit, Marie a eu son premier coup de cœur. Le second dans la foulée avec Mika le « généreux » qui contrairement aux joueurs du PSG qui pataugent sur l’herbe anglaise, témoigne « d’une générosité sur scène qui fait plaisir à voir ». Marie rejoint Edith pour ce Mika « qui a mouillé la chemise ».
A la mi-temps, les deux bretonnes sont allées écouter ce qui se passait au 22.
C’est pas que le programme manque de qualité, mais la grande boîte noire aux deux compartiments ne met pas vraiment en valeur les artistes. Même si Grand Blanc a rocké avec « de la pèche », les prestations se sont souvent réduites dans la confusion des notes prises de panique dans le noir comme des lucioles cherchant la lumière.
On accordera a Samba de la Muerte (japonisant-brésilien) un accessit, à Flavien Berger de sortir de son Leviathan, à Pierre Kwenders de revenir proposer sa world music dans une autre salle et à Bagarre, de changer de marque de vêtements de sport.
Au coup de sifflet final de cette première soirée, les paimpolaises ont un côté Real Madrid plus que PSG. Les footeux comprendront…
P.M.
Ce soir à l’Audito: soirée américaine
Du R&B (et pas du frelaté!) et Soul music ! (hors prohibition)
Le trentenaire à cheveux longs tendance écolo-hippie, Allen stone, à déjà fait plusieurs CD. La soirée risque de décoller à la guitare sèche, histoire de mettre sur orbite des compositions de son album “Radius” que l’on devine inspirées par Stevie Wonder, dans ses phrasés, ses accords de guitare folk ou Rhythm and Blues. Promesse d’une ambiance parfaitement raccord avec les deux musiciens invités à ses côtés pour la suite de la soirée. Le premier, Son Little, après être passé par le hip hop et le rap, construit maintenant son identité musicale autour d’un univers R&B, gospel même. Révélé en France, aux Transmusicales de Rennes cette année, Aaron Livingstone, représentant de la nouvelle scène Américaine, joue une Soul élégante, plutôt électroacoustique, écrite et chantée avec finesse sur son album “broken dreams boulevard”. Son concert sur la scène de l’Audito pourrait bien révéler au public du Printemps un jeune artiste qui va compter !
Pour terminer cette soirée US, tout le monde espère que Léon Bridges se produira sur scène avec une (grande) formation à l’américaine… Cuivres, guitares, drums en compagnie des choristes de son album “coming home”! On attend un concert de musique Soul contemporaine, comme on pourrait les vivre en live, of course, de l’autre côté de l’Atlantique!
Un concert à haute teneur en clins d’yeux à ses illustres aînés, des artistes mythiques de musique afro-américaines et de R&B, qui ont données naissance à la Soul music, dans les années 50-60: Ray Charles, qui a explosé les frontières entre le gospel et le blues, Muddy Waters, Aretha Franklin… Et Sam Cooke, la référence de l’artiste!
Look classieux de “sapeur rétro”, Léon bridges a tout pour séduire le public de l’auditorium avec sa musique, sa belle voix et sa forte présence sur scène. Que demander de plus. Si vous manquez le concert, vous n’aurez qu’à vous en prendre à vous !
Philippe.