40 ans, ça se fête joliment au salon du livre jeunesse de Beaugency

Ce week-end des 29 et 30 mars, l’association Val de Lire organisait son salon annuel consacré à la littérature jeunesse, lequel rayonne dorénavant sur la Communauté de Communes Terres-Val de Loire et au-delà, et fêtait pour l’occasion son 40ᵉ anniversaire en compagnie de sept libraires indépendants, de plus de vingt auteurs et illustrateurs, au masculin comme au féminin, d’associations amies…

Une affiche par année depuis 1986, soit 40 affiches – Photo B.T.




Par Bernard Thinat.


Un peu d’histoire

Il y a 40 ans, lors d’une kermesse commune à plusieurs écoles de Beaugency, l’idée a germé chez quelques enseignants, de vendre des livres de littérature jeunesse aux enfants. Dans la foulée, ils invitent plusieurs auteurs amis ou de la région. Fort du succès, la Fédération des Œuvres Laïques du Loiret prend en charge, jusqu’en 2005, l’organisation de la manifestation, le CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse) prenant également une part active. Puis voit le jour de l’Association du salon du livre pour enfants et adolescents qui devient, trois ans plus tard, Val de Lire, un courant entre les pages.

Un salon qui rayonne sur les territoires

Aujourd’hui, Val de lire propose, tout au long de l’année, des séances de lectures à voix haute dans de nombreux lieux du territoire de la Communauté de Communes, créant groupes de lecteurs et de lectrices. Covid aidant et jauges maximales à la clé, l’association décide en 2022 d’installer le Salon dans cinq communes distinctes, « projet ambitieux, véritable défi » selon Catherine Mourrain, présidente de l’association. Si Beaugency reste le lieu central et historique du Salon, différents pôles-salon ouvrent leurs portes à Ouzouer-le-Marché, Saint-Laurent-Nouan, à la médiathèque de Meung-sur-Loire et, alternativement, à Mareau-aux-Prés et à Cléry-Saint-André. L’objectif, selon Catherine Mourrain, est « d’essaimer sur le territoire des propositions diverses autour de la littérature jeunesse ».

L’affiche du salon, dessinée par Emmanuelle Houdart


Cette année, 23 auteurs et autrices, illustrateurs et illustratrices auront été présents sur le Salon. Invitée d’honneur : Emmanuelle Houdart qui a créé l’affiche du Salon proprement dit et celle de l’exposition qui lui est consacrée à l’église Saint-Etienne. Deux chats qui ont fière allure.

Un salon de librairies

Une affiche par classe créée dans les écoles du territoire – Photo B.T.


Le Salon de Beaugency est un salon de librairies, chacune gérant son stand, et non pas, comme souvent ailleurs, un salon d’éditeurs. On retrouve donc sept librairies indépendantes de Beaugency, Orléans, Olivet et Tours, ayant « un vrai goût pour la littérature jeunesse ». C’est « Val de Lire » qui choisit et invite auteurs et autrices, les libraires les accueillant pour des temps de dédicaces.

Auteurs, autrices, illustrateurs et illustratrices ont préalablement rencontré les enfants dans leurs classes, les jeudi et vendredi. Ainsi une bonne partie des élèves des écoles du territoire auront rencontré l’un ou l’une d’entre elles. Et voilà pourquoi, le samedi et le dimanche, peut-on voir parents et enfants venant en famille jusqu’au complexe Alain Jarsaillon de Beaugency et beaucoup repartir avec un ou plusieurs livres tenus par les enfants, petits et grands, comme un vrai trésor.

Le salon de Beaugency est financé par la DRAC, la Région Centre-Val de Loire qui accompagne deux emplois de Cap Asso, les deux départements du Loiret et du Loir-et-Cher, la Communauté de communes ainsi que par les villes de Beaugency et de Saint-Laurent-Nouan.

Le salon de littérature jeunesse de Beaugency – Photo B.T.

 

Faisons connaissance avec une autrice jeunesse, Elsa Valentin, venue des Hautes-Alpes, qui explique sa présence au salon de Beaugency

« L’intérêt de venir au Salon de Beaugency, c’est de rencontrer de jeunes lecteurs, mais aussi d’autres auteurs, illustrateurs, afin d’échanger. Ce salon, je le trouve très vivant, on sent une grande implication des bénévoles et des enseignants, un véritable intérêt pour la littérature jeunesse. Il y a aussi beaucoup d’associations partenaires comme la Compagnie des « Fous de Bassan », cela provoque une richesse d’échanges, de réflexions autour du livre et de l’écriture. »

Un des albums jeunesse qu’elle dédicaçait au salon : « Zette et Zotte à l’uzine », illustré par Fabienne Cinquin, paru à « l’atelier du poisson soluble », 48 pages – 16 €.

« Deux sœurettes zouvrilleuses zouvrillaient dans une uzine qui fabricolait des zabits de louxe. Elles gagnaient des miettes et des légumes. Lorsqu’est décidée une “grave généreule”… ». Si vous voulez faire un joli cadeau à un enfant, ou même un adulte qui a encore une âme d’enfant, commandez-le chez votre libraire préféré.


Plus d’infos autrement :

Saint-Gervais-la-Forêt, capitale régionale du livre jeunesse

Commentaires

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  1. Belle idée que de signaler, parmi les milliers d’ouvrages rassemblés pour le salon, le salutaire album d’Elsa Valentin et Fabienne Cinquin. Ci-après, une note de lecture rédigée il y a quelques années : “Non, pas du tout, ce n’est pas la réécriture du pitoyable Nounouche à l’usine qu’André Durst écrivit et dessina en 1953. Ici, c’est l’histoire de “deux sœurettes zouvrilleuses qui zouvrillaient dans une uzine qui fabricolait des zabits de louxe”, qui “gagnaient des miettes et quelques légumes avant de gagner des épluchures”, et qui, après manifles et assemblées généreules, l’usine devant être prochainement délocalisée, déclarent un beau matin, bravant le tarpon, que les machines étaient à elles. “On va continuer à fabricoler des zabits, mais pas des zabits de louxe, des zabits pour nous et des zabits qu’on pourra échanger contre de bons légumes. “Pour dire vrai, c’est Zette seule qui prend la parole, entourée tout de même de (presque) toutes les autres travailleuses. Zotte qui, de son côté, avait misé sur l’ascenseur-saucisse, regarde les évènements de loin, sans bien comprendre. Le tarpon, qui en a sa claque, renonce finalement à ses machines, Zotte félicite Zette : “Bravo, t’as gagné. En plus, tu vas être le chef, maintenant, puis tout ça c’est grâce à toi.” Fraternelle, Zette rectifie : “Mais t’as rien compris du tout, ma Zotte ! Y a pas de chef. On décide toutes ensemble et on partage tout. Sinon ça recommence.” Elsa Valentin, auteur du texte, s’en est donné à cœur joie, s’inspirant peut-être de Queneau, de Ponti voire de Rabelais. Elle nous avait déjà, dans Bou et les trois ours, régalé de ses inventions langagières. Les images de Fabienne Cinquin, très colorées, sont intemporelles, un peu d’années 30, un peu d’aujourd’hui, un peu de demain (le défilé de mode final) et la couleur rouge s’impose quand les ouvrières sont en grève. Et c’est ainsi qu’en littérature pour la jeunesse, dans un album énergisant, nait une coopérative ouvrière. Dans la vraie vie, les trente “filles de chez Lejaby” (à qui l’album est dédié) s’étaient battues jusqu’à obtenir de substantielles indemnités. Les Atelières, ex-salariées Lejaby, qui avaient, en 2013, à Lyon, relancé une unité de production de lingerie et de corsetterie, durent la fermer, au bout d’un an, faute de soutiens financiers. Album à déguster à partir de 10/12 et au-delà.”

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