Blois : à la reconquête de l’îlot Denis Papin

Pour redynamiser son centre-ville, la ville de Blois lance le projet de requalification de l’îlot Papin qui conjuguera nouveaux logements et commerces. Inaugurée le 29 mars, la Station Papin associera habitants et usagers.
 

La ville de Blois présente son modèle du centre-ville de demain, en proposant des solutions à la problématique des immeubles dégradés et à la vacance commerciale. Photo JL Vezon


Par Jean-Luc Vezon.


C’est une opération d’urbanisme complexe, de grande ampleur et onéreuse (60 à 70 M€) qui va s’étaler sur plusieurs dizaines d’années que vient de lancer la ville de Blois(1) samedi 29 mars dans le cadre du programme Action Cœur de Ville et Démonstrateur de la ville durable. Dans un triangle historique délimité par les rues Denis Papin, du Commerce et des Trois Clefs, elle entend requalifier les immeubles pour accueillir des logements et relancer un commerce victime de la crise.

La ville est partie du constat que le quartier centre est le moins peuplé de la ville alors que les étages de nombreux commerces sont vides, abandonnés depuis longtemps par les preneurs. Il s’agit donc de restaurer les immeubles avec un objectif de performance énergétique, en les rendant accessibles (via des passages et escaliers extérieurs pour un accès direct) pour y loger de nouveaux habitants dans une logique de mixité sociale.

Dans un premier temps, depuis l’été 2024, une équipe pluridisciplinaire(2) composée d’architectes, d’urbanistes, d’ingénieurs, d’une graphiste et de médiateurs travaille sur l’îlot Denis Papin. À la demande de la ville, elle passe au peigne fin, les bâtiments qui le composent(3) et interroge leurs usagers pour mieux le comprendre et trouver les moyens de sa reconquête.

« Le résultat de l’étude sera présenté en octobre en prenant en compte la parole des habitants. La station Papin au 75 rue du Commerce est le lieu de cette mise en partage avec d’ores et déjà cette exposition qui relate l’histoire de l’îlot », détaille Jérôme Boujot, adjoint à la ville durable. Des ateliers, chantiers « test » et permanences (les mardis et vendredis après-midi) complètent cette démarche d’association des habitants et usagers.

L’enjeu de la vacance commercial

Comme l’a rappelé le maire de Blois Marc Gricourt, l’objectif est aussi d’agir concrètement contre la vacance commerciale qui touche l’hypercentre de Blois, comme de très nombreuses villes de sa taille. Une priorité pour l’édile et son équipe qui accompagnent de nombreux projets immobiliers pour faire revenir des habitants en cœur de ville (Hôtel Dieu, Caisse d’Epargne … ) ou relancer le commerce (Carré Saint-Vincent).

« Aujourd’hui, les commerçants paient un loyer élevé pour des locaux souvent inoccupés. À terme, les bailleurs pourront les mettre en location et ainsi baisser le montant des loyers », espère Jérôme Boujot en précisant que les propriétaires ont déjà été contactés pour être sensibilisés à cette démarche. Les services mutualisés de la ville et d’Agglopolys (direction Urbanisme et Habitat) accompagneront les propriétaires dans les travaux de réhabilitation qui pourront bénéficier d’aides financières.

(1) Précisons que d’autres villes de la région comme Chartres, Châteauroux ou Bourges travaillent sur des projets de ce type.
(2) Agences d’architectes Bientôt, Tout Terrain, bureau d’étude Structure Artémis, thermique Energio, montage opérationnel Soletdev, Axis et Clara Choulet (graphiste).
(3) 7 284 m² de logements, soit 152 appartements et 7 maisons de 46 m² en moyenne et 9 711 m² de locaux professionnels, soit 74 locaux de 131 m² en moyenne.

Vers un dispositif coercitif

Dans le cœur de ville de Blois, un certain nombre de propriétaires n’entretiennent pas leurs biens. Toitures dégradées, fenêtres cassées, fuites d’eau… les étages de certains immeubles sont proches de l’insalubrité. « Cette dégradation du patrimoine pose problème car elle rend les immeubles impropres au logement et à la location commerciale », constate Jérôme Boujot, 1er adjoint chargé de l’urbanisme. Et de citer l’exemple d’une société foncière qui ne connaissait même pas l’état pitoyable d’un immeuble rue du Commerce dans lequel était installée une enseigne de vêtement.

Après avoir été incitatif pour encourager les travaux via une OPAH-RU, Agglopolys et la ville de Blois vont donc passer la vitesse supérieure, via une Opération de Restauration Immobilière (ORI), dispositif permettant de contraindre les propriétaires à réaliser les travaux nécessaires.

« Le dispositif pourrait même aller jusqu’à l’expropriation par Agglopolys qui céderait alors le bien à un opérateur pour réaliser une restauration complète », avance Jérôme Boujot en pointant 6 ou 7 biens particulièrement problématiques.

Rue du Commerce, immeuble type avec vacance commerciale pouvant faire l’objet d’une restauration en vue de créer des logements dans les étages inoccupés. Crédit Jean-Luc Vezon.


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