L’Orchestre Symphonique d’Orléans proposait un concert inédit les 8 et 9 février, avec la création de La boîte de Pandore de Julien Joubert et des œuvres de Liszt, Wagner ou la contemporaine Camille Pépin, sur le thème des mythes et légendes.

L’orchestre Symphonique d’Orléans en concert le samedi 8 février. Photo AC Chapuis
Par Anne-Cécile Chapuis.
Le programme, savamment concocté par Marius Stieghorst, faisait la part belle aux découvertes et le public, fidèle aux rendez-vous de « son » orchestre, a largement salué les nouveautés proposées. De belles surprises, que ce soit par la découverte d’Eaux célestes, pièce écrite par Camille Pépin en 2023, ou la création de « La boite de Pandore » de Julien Joubert, mais aussi de judicieuses juxtapositions avec Liszt et son Prométhée fort à propos dans cette programmation, ou le final des Walkyries de Richard Wagner.
Une création mondiale à Orléans
« La boîte de Pandore », œuvre de Julien Joubert, était attendue ; les médias – dont le nôtre – s’en étaient fait l’écho, et la pièce n’a pas déçu, enthousiasmant le public par ses effets instrumentaux, les mélodies envoutantes et l’accord entre texte et musique renforcé par la présence du comédien Hugo Zermati et la jeune Emma Benseddik. Le message est fort : l’espoir est possible et relie les hommes à travers l’art. Toutes les potentialités de l’orchestre sont mises au service de cette quête aboutie : les violons véloces jouent sur les rythmes syncopés, utilisant les pizzicati et effets d’archet, de grands crescendo font monter la tension avant l’apaisement dans un moment qui évoque la musique de film, et le grand poème de Victor Hugo, L’Avenir, démarre sur des soli émouvants confiés successivement au violoncelle, alto, cor avant un final qui réconcilie « J’attendais une foudre, j’entendis un chant ».
Cette œuvre « écrite à six mains » montre les talents du grand compositeur qu’est Julien Joubert, les dons d’orchestrateur de son frère Clément Joubert, et la patte d’Hugo Zermati dont on découvre les aptitudes d’écrivain.

Devant l’OSO, de G à D : Clément Joubert, orchestrateur, Julien Joubert, compositeur, Marius Stieghorst, chef d’orchestre, Hugo Zermati, écrivain, Emma Benseddik, élève du CRD D’Orléans. Photo ACC
Eaux célestes, Prométhée et le brasier magique
Le poème symphonique « Les eaux célestes » de Camille Pépin, jeune compositrice née en 1990, a ouvert la séance comme par magie. Le décor est planté, mais esquissé plutôt, avec la musique très impressionniste évoquant une légende chinoise. Bruissement des cordes allant en s’engageant, effets de percussions (étonnant, les cymbales jouées à l’archet), notes tenues aux vents, harmoniques ou effets de nuances créent une atmosphère ineffable qui emporte bien au-delà d’une salle de concert.
La pièce de Franz Liszt, en deuxième partie, évoque la malédiction, l’audace, l’endurance, puis la rédemption, avec une grande fugue centrale et un développement qui combine le thème rythmique initial avec force de percussions et accents des cuivres valorisant la performance du héros.
La fin de concert est confiée à Wagner en grand effectif orchestral. Les cordes dialoguent avec les vents avec de grands vibrato, de beaux soli sont confiés au hautbois ou au piccolo, les violoncelles sont fortement mis à l’honneur, dans une musique qui « fait exploser la tonalité », comme l’explique Marius Stieghorst dans sa conférence de présentation.

Marius Stieghorst toujours enthousiaste à parler de la musique et de l’orchestre d’Orléans lors de sa conférence du 6 février à la Médiathèque. Photo ACC
Encore une fois, l’OSO a montré ses capacités à s’adapter à tout type de répertoire, a fait état de sa belle sonorité d’ensemble et a mis en valeur ses différents solistes, sortis de l’ombre à la fin de chaque pièce par un chef d’orchestre attentif à chacun et à l’ensemble.
Prochains rendez-vous de l’OSO :
Vendredi 14 février 19h salle de l’Institut pour une soirée romantique Saint Valentin
Samedi 26 et dimanche 27 avril au théâtre avec Latin jazz symphonic
Pour en savoir plus : www-orchestre-orleans.com
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