Non-renouvellement, délai d’instruction sans fin, perte d’emploi et chute de droits… Ce vendredi 31 janvier, le collectif immigration de la CGT dénonçait les politiques anti-immigrations menées par la préfecture du Loiret.
Le site Pothier de la Préfecture où se trouve le Bureau des séjours. Photo BC
Par Steven Miredin.
Ce vendredi 31 janvier, lassé d’attendre des réponses de la préfecture qui n’arrive jamais, le collectif immigration de la CGT organisait une conférence de presse afin de faire connaître la réalité des personnes migrantes.
La fabrique des sans-papiers s’accélère
Le constat est posé par Dominique Labbe, Franck Mercieux et Christine Denis, tous les trois membres du collectif : la situation des migrants devient de plus en plus difficile « même quand ils travaillent et ont des papiers ». La CGT constate que les délais d’instruction des dossiers doublent même pour les personnes en situation régulière. Pendant que la préfecture traîne, les personnes voient leur contrat de travail suspendu, lorsqu’elles ont de la chance, rompu dans le pire des cas quand l’employeur ne respecte pas la loi. Dans tous les cas, la perte d’emploi prive des familles de la seule source de revenus du foyer. Cette déchéance en cascade entraîne la perte de logement et à terme le droit au renouvellement du titre de séjour.
Consciente de ces dysfonctionnements, la préfecture valide les pratiques illégales de certains employeurs. Sur les défaillances de la plateforme dématérialisée pour les demandes de titres de séjour ANEF, la CGT confirme que la préfecture reste, à ce jour, silencieuse. L’administration s’était pourtant engagée à planifier une réunion technique avec le collectif COLERE afin de faire émerger des pistes de résolution. La CGT constate que la préfecture du Loiret accepte de rencontrer les organisations de défense des étrangers. Mais ces rencontres n’aboutissent qu’à « des discussions stériles ».
La chasse aux migrants est ouverte
Alors que toutes les études démontrent l’impact positif de l’immigration sur le pays, notamment sur le plan économique, la préfecture continue de diffuser une vision tronquée des incidences de l’immigration sur la société. Dans la lignée du ministre de l’Intérieur, elle applique la même idéologie empruntée de l’extrême droite. Même l’intervention conjointe des associations, des travailleurs sociaux et des syndicats ne suffit plus à décrocher la régularisation des personnes qui pourraient en bénéficier.
La CGT a constaté que depuis la loi immigration de 2024, la situation des personnes migrantes s’est fortement fragilisée. La circulaire Retailleau publiée le 23 janvier 2025 est venue parachever la précarisation des étrangers en durcissant les conditions de régularisation. Le passage de 5 ans à 7 ans, pour la durée de présence en France, n’aura pour conséquence que de maintenir des personnes, des familles et des enfants dans la précarité.
La préfecture provoque des maux de tête au collectif immigration de la CGT. Photo SM
Depuis le 17 juillet 2024, les étrangers doivent signer un contrat d’engagements à respecter les principes de la République. Ce formulaire impose aux étrangers d’être « des super Français ». Le niveau de maîtrise de la langue et de connaissance de l’histoire de France réclamé dépasse celui de beaucoup de Français. Pour la CGT, il est clair que cette lourde exigence manifeste plutôt la volonté de ne pas régulariser les personnes. La préfecture loirétaine applique avec assiduité la politique anti-immigration prônée par un ministre de l’Intérieur qui rêve de rétablir le délit de séjour irrégulier.
Face à la détresse des personnes et des familles, l’agacement des employeurs, l’instruction chaotique des dossiers ou encore les vagues d’OQTF, les syndicalistes appellent à rentrer dans « un rapport de force ». Un rapport de force pour mettre fin aux situations humainement difficiles.
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