Laurent Marcangeli dans l’Indre pour un retour aux sources

Après Strasbourg, le ministre de l’Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification était à l’autre bout de la chaîne. À Mézières-en-Brenne il a croisé la ruralité numérisée.

Laurent Marcangeli ministre de la Fonction publique en déplacement dans l'Indre
Les organisateurs avaient bien fait les choses, c’était jour de marché à Mézières. Photo PB


Par Pierre Belsoeur.


Un Corse venant rencontrer des fonctionnaires sans savoir ce qu’allait être son budget ! Dans la série des visites ministérielles dont l’Indre semble être l’un des terrains de jeu favoris, celle-là valait son pesant de cacahuètes. En plus il s’agissait de la venue du premier représentant du gouvernement Bayrou ! Magcentre devait en être.

Première surprise, le cortège ministériel est arrivé en avance au cœur de la Brenne. Laurent Marcangeli a eu droit à un mini tour de marché, le temps pour son ami et collègue député du groupe Horizons, François Jolivet, de démontrer sa connaissance des produits locaux et son enracinement. Justement, cet enracinement, c’est l’image qu’a cherché à imprimer l’ancien maire d’Ajaccio, à Mézières puis au Blanc, en se présentant comme un élu de terrain. Après avoir rencontré les élèves de l’INSP (le nouveau nom de l’École nationale d’administration, revu et corrigé par le président Macron) à Strasbourg, il avait rendez-vous avec les animateurs de France Service, sous la conduite de la sous-préfète du Blanc, Arlène Vivien.

« Ce qui est essentiel c’est la qualité de l’accueil »

La Brenne Box née en 2016 était déjà l’aboutissement d’une réflexion que Laurent Marcangeli reprend à son compte. Pour éviter de pénaliser encore plus les territoires ruraux, il faut de la technologie… et de l’humain. Et ça marche. Jean-Louis Camus, le maire de Mézières, créateur dès 2004 du cyberespace en a fait la démonstration, au point que les élus de la communauté de commune planchent désormais sur la Brenne Box N°2 pour faire face à la demande. Laurent Marcangeli, qui annonçait que sa visite était d’abord destinée à prendre les bonnes idées là où elles se trouvent, buvait du petit-lait. Après avoir renouvelé ses remerciements aux « agents du service public dont le dévouement au service de la population est une forme de sacerdoce », il n’a pas manqué de coiffer sa casquette de ministre de la Simplification. Si pour le ministre l’accueil humain reste quelque chose d’essentiel, il ne faut pas « s’enfermer dans le prêt-à-penser » mais préparer la phase suivante de la dématérialisation. Comment ? En utilisant l’intelligence artificielle ; « l’IA est un service comme un autre qu’il faut mettre au service de nos concitoyens ».

Jean-Louis Camus et la sous-préfète du Blanc ont guidé le ministre dans les locaux de la Brenne Box. Photo PB


Dans l’esprit du ministre, l’IA doit d’abord permettre aux agents du service public de se débarrasser de tâches rédactionnelles en s’aidant d’un outil beaucoup plus rapide, « mais en dernier lieu c’est bien à l’agent de valider le texte qu’il va envoyer ». Il le promet, cette simplification n’est pas destinée à réduire le nombre de fonctionnaires, mais à leur permettre de mieux écouter leurs interlocuteurs.

Les services au coude-à-coude

L’étape du Blanc prit une tournure un peu plus technique. C’est la salle de réunion de France Service, dans les locaux de la sous-préfecture, qui accueillit un face-à-face d’une heure entre le ministre et les responsables des différents services publics : impôts, CPAM, CAF et même l’URSSAF désormais, qui travaillent en lien avec les animateurs de France Service pour faire avancer plus vite les dossiers. Et là encore, ça marche ! Les différents interlocuteurs ont tous souligné que la taille du département facilite les rapports humains, la formule « ici tout le monde se connaît » revenait dans tous les discours.

On a parlé technique, dématérialisation et rapports humains dans la salle de réunion de France Service à la sous-préfecture du Blanc. Photo PB


Une visite utile ? Laurent Marcangeli a eu l’humilité de reconnaître qu’il ne savait pas combien de temps il allait passer au chevet de ses 5,7 millions de fonctionnaires. Pourtant la démonstration de proximité avait du sens. Un ministre qui prend le temps d’écouter était devenu une denrée rare.


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Commentaires

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  1. “On boit du petit lait ” quand on est félicité pour ce qu’on a dit ou fait ce qui n’est pas le cas de ce ministre qui vient chercher des idées.
    D’autre part l’IA, que d’aucuns appellent HI Han (désolé amis ânes) est une technologie d’accumulation d’informations qui sont mémorisées et donc sans intelligence, l’intelligence étant la capacité de créer quelque chose de nouveau en faisant des liens.
    Musk et les autres grands manipulateurs mentaux riront bien s’ils ont vent de ce que dit ce ministre : “L’IA est un service comme un autre. “, encore une victime de leur propagande et ce qui est grave c’est que c’est un gouvernant.

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