Premiers à dégainer, les militants associatifs d’Orléans Solidaire et Écologique ont peu goûté les messages du collectif partisan Maintenant-Orléans en rappelant qu’eux aussi incarnent la gauche. Mais une gauche ouverte et pas repliée sur les seuls partis.
La gauche orléanaise entame la course aux municipales 2026 en ordre dispersé. Photo Magcentre
Par Jean-Jacques Talpin.
C’est peu dire que Christine Tellier, nouvelle présidente d’OSE, et Jean-Philippe Grand, son fondateur, ont mal digéré la présentation du collectif Maintenant-Orléans, émanation des partis de gauche traditionnels (PS, PCF, LFI, Génération.s). Ce collectif veut prolonger « la dynamique initiée par le Nouveau Front populaire, afin de rassembler toutes les forces vives de la gauche, de l’écologie, du progrès social et humaniste présentes dans notre ville ». Une déclaration qui à priori n’a rien pour effaroucher un écologiste ou un associatif engagé. Sauf qu’OSE, qui a été le premier à déclencher la campagne municipale il y a quelques semaines, se sent quelque peu exclu de la démarche en rappelant que cette association est elle aussi de gauche. « OSE représente la gauche à l’écoute de tous ses concitoyens sans en exclure aucun. Et s’adresse à tous celles et ceux qui choisissent la démarche citoyenne et une démocratie à laquelle ils peuvent participer activement », écrit dans un communiqué la présidente et conseillère départementale Christine Tellier. Et de rappeler que l’association compte quatre élus municipaux, deux conseillers départementaux, 105 adhérents et 437 sympathisants.
Liste et programme en juin
Et cela tout en insistant sur le succès de ses réunions publiques, de ses groupes de travail thématiques qui se déclineront en une « concertation sur le modèle des cogitations citoyennes de Tours lors des élections de 2020 ». Tout le contraire d’une démarche partisane fermée aux seuls partis et qui plus est avec LFI dont les rapports avec les écologistes sont glaciaux.
Alors que Maintenant-Orléans en est encore aux balbutiements, OSE a déjà enclenché la seconde avec la présentation d’une tête de liste et d’une liste programmée en juin prochain autour de trois thématiques : « Protéger, réparer, préparer la ville aux changements climatiques ».
Mais Jean-Philippe Grand (qui a démissionné de la présidence d’OSE afin que l’association ne soit pas considérée comme une courroie de transmission partisane du parti Les Écologistes) rappelle aussi qu’elle est la mieux à même de rassembler la gauche comme elle l’avait fait au second tour de 2020 avec 31,72% des voix. Au premier tour la liste écologique avait même largement devancé la gauche (19,21% contre 12,90%) même si LFI qui voulait concourir avec le Parti Animaliste avait été contrainte de renoncer.
Regroupement de toute la gauche au second tour ?
Si les démarches électorales semblent concurrentes ou complémentaires (l’une plus associative, l’autre plus partisane), les programmes à venir doivent afficher des revendications en grande partie semblables : refus de la fermeture de la Poste des Blossières, suppression des navettes O et L, abandon ou refonte du projet des Mails, sécurité routière, circulation des vélos, etc. Autant de revendications communes qui devraient permettre un regroupement au second tour sauf si la présence de LFI – véritable repoussoir pour certains socialistes et écologistes – peut représenter un grain de sable dans la marche unitaire.
Cela dit, la possibilité d’une victoire de la gauche pourrait accélérer les volontés unitaires ou les itinéraires plus personnels. La présence d’une liste du Rassemblement National peut en effet favoriser une triangulaire au second tour, ce qui pourrait donner toutes ses chances à la gauche classique ou associative. Tout dépendra du score du RN – dont les responsables locaux refusent toute alliance possible avec Serge Grouard – que certains évaluent à 20% et d’autres autour de 15% tant le parti d’extrême droite puissant en campagne est plus modeste en milieu urbain.
Qui en tête au premier tour ?
Mais même sans tête d’affiche reconnue localement, le RN fera avant tout campagne sur les affiches du duo infernal Le Pen-Bardella. L’exemple des dernières législatives est là pour nous rappeler que le pire est possible : dans la 2e circonscription du Loiret Élodie Babin, « candidate fantôme » du RN sans aucune affiche, prise de parole ou présence sur le terrain, avait recueilli 33 % des voix au premier tour avant d’être battue au second par Emmanuel Duplessy (Génération.s) candidat unitaire de la gauche. Dans tous les cas, les inconnues seront grandes jusqu’au premier tour du scrutin en mars 2026. Car la guerre même feutrée devrait faire rage entre Jean-Philippe Grand et Baptiste Chapuis, les deux probables têtes de liste d’OSE et d’Orléans-Maintenant pour emporter le premier tour et porter les couleurs de toute la gauche au second.
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