Samedi 16 novembre en soirée, plus de 750 personnes se sont rassemblées pour fêter l’anniversaire du Musée des Beaux-Arts d’Orléans. Sortie de terre en 1984, la nouvelle bâtisse entra de plain-pied dans une année symbolisée tant en littérature par l’ouvrage de George Orwell que du côté de la musique avec le tube d’Eurythmics « 1984, for the love of Big Brother ». Non sans un certain plaisir, nous sommes allés y prendre la température.

cl Marie-Line Bonneau
Texte Valérie Thévenot Photos Marie-Line Bonneau
Depuis quelques jours un éclairage violet anime et met en lumière les reliefs de la bâtisse. Cela donne le ton. Violet… « purple » en anglais, est-ce un clin d’œil au fameux album « Purple Rain » de Prince ? Album mythique de ce prince de la musique réalisé en 1984 ? Possible ! Toujours est-il qu’une foule de personnes attende déjà à l’entrée, et toutes ne pourront participer à La Nuit 1984 faute de place. Le succès de la soirée commence là.
Froid dehors, chaud dedans
Le froid de la nuit pousse à s’engouffrer rapidement à l’intérieur du musée. Dans l’immense hall d’entrée, certains points stratégiques sont vite repérés. À droite se trouve le programme de la nuit, en face un bar déjà bien fréquenté remplace l’espace boutique, le vestiaire est mitoyen, et à gauche du hall l’espace accueil est transformé en console pour les DJ set. Le public se densifie au fil des minutes, la bande-son typique de cette année 1984 réchauffe l’ambiance, et il faut bien le dire, les super cocktails servis au bar n’y sont pas pour rien non plus.

cl Marie-Line Bonneau
Côté vestimentaire et accessoires, nombreux sont ceux qui ont joué le jeu des années 80. À commencer par l’équipe du musée avec en chef de file sa directrice Olivia Voisin, bondissante dans ses habits à carreaux rouge et noir et sa coiffure d’un style explosif ! L’ambiance générale est très bon enfant, et il est aisé de percevoir le désir de chacun de passer tous ensemble une super soirée.
Une soirée insolite

Gym Tonic cl Marie-Line Bonneau
Derrière les manettes de La Nuit 1984, nous retrouvons l’Astrolabe pour la partie musicale, le Centre Chorégraphique National d’Orléans (CCNO) et toute l’équipe du MBA. Aussi vient le moment de découvrir ce qu’ils ont concocté. Plusieurs animations se succèdent aux différents niveaux du musée : un karaoké géant au premier étage, un cours de Gym Tonic à la Véronique et Davina au sous-sol dans l’espace d’art contemporain, une chorégraphie commune sous la houlette d’un danseur du CCNO au second étage ainsi qu’un « blind test », et dans la salle de l’auditorium des extraits de « nanards » y sont projetés.

DJ Hervé Teckel cl Marie-Line Bonneau
Libre à chacun des convives d’être un « naufragé volontaire » dans ce qui reste aussi une visite très insolite du musée. Et tellement vivante ! Car oui, nombreuses sont les personnes qui mettent les pieds pour la première fois dans ce lieu. Une belle façon de vivre l’art et d’en découvrir des œuvres par une approche multisensorielle. En passant d’un espace festif à un autre, nous nous retrouvons, parfois seuls, à traverser des salles immenses aux murs tapissés d’œuvres picturales grandioses. Dans cette ambiance si particulière, nous nous surprenons à être captés par le regard de personnages peints, avec comme impression que leurs visages semblent s’animer le temps d’un éclair. Si proches et si lointains en même temps, surtout au moment de mettre les pieds dans la salle Richelieu où se déroule le karaoké géant. Les premières notes de « Girls just want to have fun » de Cyndi Lauper résonnent et transforment les dizaines de visiteurs en un chœur enjoué et dynamique. Mais cette fois-ci, tout cela laisse totalement imperturbables les quatre grandes sculptures d’hommes trônant dans la salle.

Karaoké : “I Want to Break Free” du groupe Queen). cl Marie-Line Bonneau
À chaque animation, nous retrouvons une même ambiance festive et joyeuse. Et si l’éclairage reste tamisé et le son des différentes sonos n’est pas au plus fort, c’est dans le respect des œuvres exposées afin d’éviter tout risque de détérioration par une trop forte lumière et par la vibration des murs sous les décibels. À l’auditorium, aucun risque ! C’est le moment de découvrir les extraits de films totalement improbables tant ce sont en effet de véritables nanards. Durant cette soirée un peu surnaturelle au cœur d’un musée, l’apparition d’un Sean Connery en chevalier vert dans le film « L’épée du Vaillant » finit de nous transposer dans un autre monde, voire une autre dimension. Il ne manque plus que Belphégor !

Karaoké au musée cl Marie-Line Bonneau
La Nuit 1984 est une bien sympathique initiative où il n’était pas question de se prendre au sérieux mais bien de s’amuser dans un environnement exceptionnel. Une soirée qui incitera probablement des personnes à revenir voir les collections exposées ici. Et pour finir, rendons hommage à l’architecte Christian Langlois pour cette bâtisse qui abrite un des plus riches et des plus anciens musées français.
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