Premières sorties de terrain pour le tout nouveau ministre Avérous

Les ministères ayant désormais retrouvé des locataires, le ballet des « VO », visites officielles dans le jargon préfectoral et journalistique, peut reprendre. Après cette semaine, entre autres, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique vue à Nantes ou encore Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement à Orléans, Gil Avérous était en Loir-et-Cher, à Lamotte-Beuvron, ce samedi 5 octobre. Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, depuis le 21 septembre 2024 et … encore édile de Châteauroux.

De gauche à droite, le préfet de Loir-et-Cher, Xavier Pelletier ; le ministre-maire castelroussin Gil Avérous et le maire-conseiller départemental solognot, Pascal Bioulac. cl ER



Par Émilie Rencien.


Paris bien sûr, Seine-Saint-Denis, Sélestat, Vannes… Le ministre Avérous (ex du parti Les Républicains) commence son marathon sportif et électif hors sa nouvelle villégiature parisienne avenue de France, pour congrûment sillonner l’Hexagone en vrai, et ses composantes de territoires. Et ainsi, sur son agenda, le 5 octobre, figurait Lamotte-Beuvron. Pourquoi donc ? Parce qu’à un saut de puce de Châteauroux, se murmurait-il en coulisses pour ce local de l’étape. Oui, d’accord, mais quand même, c’est tout ? « Lamotte car j’avais prévu dans mon agenda, avant d’être ministre, de venir à l’Open de beach tennis qui a lieu sur le parc équestre. Je ne vais pas pouvoir aller à cette manifestation mais j’ai maintenu mon engagement de déplacement sur cette commune auprès de son maire (Horizons) Pascal Bioulac pour lequel j’ai de l’amitié. On se connaît depuis longtemps et récemment, j’avais visité pendant une journée l’installation de Lamotte au moment de sa candidature olympique. J’étais d’ailleurs certain, en tant que maire, que Lamotte serait retenue pour les JO contrairement à nous, sur notre ville de Châteauroux, pour le tir où c’était pour moi plus compliqué techniquement, et finalement, ce fut l’inverse ! », a explicité face aux médias, sans fard, le très nature et voisin castelroussin, Gil Avérous, en Sologne du Loir-et-Cher, ce week-end.

La consigne du « Jamais sans, jamais contre »

Le représentant du gouvernement n’a pas eu non plus le temps avec son sprint et nouvel agenda, littéralement de ministre, de déguster une part de tarte Tatin dans la capitale lamottoise, mais a pris un peu plus d’une heure pour « écouter » sur place une poignée d’associations se comptant sur les doigts d’une main (tennis, badminton, taekwondo, etc.), ainsi que des représentants de clubs locaux et Ligues. C’est la consigne qui a été donnée par le néo, lui aussi, Premier ministre, Michel Barnier. Exit les décisions imposées du haut de la planète Jupiter alors, pyramide inversée ? « La ligne qui nous a été fixée est d’écouter, de faire avec les acteurs du territoire, associations, clubs, en ce qui concerne mon ministère et les collectivités locales. Nous, nous déroulons les politiques nationales et ces dernières, pour rappel, gèrent et financent au quotidien les équipements localement dans le domaine du sport », a confirmé et insisté M. Avérous. En répétant encore. « Faire avec. Jamais sans. Et évidemment jamais contre ! ». Il aura en sus précisé : « L’objet de cette conversation loir-et-chérienne était de venir au-devant du monde sportif, de recueillir les propositions, et de mesurer l’impact des JO (JP) sur l’évolution des licenciés, si discipline par discipline, ils avaient ressenti une hausse des effectifs, quelles étaient éventuellement leurs difficultés en termes de créneaux. De voir l’utilisation des outils mis à leur disposition par l’État ; je pense par exemple au Compte Asso, la plateforme numérique sur laquelle ils font leurs démarches. Voir leurs attentes en termes de formation et de rémunération, d’éducateurs particulièrement ; et de défraiement des bénévoles. Voir comment valoriser la fonction d’arbitre, métier un peu ingrat, exposé aux violences. Et qui contacter et quelles démarches en cas de violences sexuelles et sexistes ». Et caetera. Sans oublier une préoccupation prégnante, notamment depuis le jour d’après la pandémie Covid, à savoir le bénévolat. « Pendant l’échange à Lamotte-Beuvron, le constat fut unanime pour tous : il y a cette problématique de la baisse du bénévolat. Ou ce phénomène du bénévolat « one shot », uniquement sur un évènementiel et donc ne tenant pas sur la durée », a-t-il relevé

Encore et toujours maire, sans directives du « PM »

Retrouvailles amies en Sologne, entre toujours maires… cl ER


Les associations présentes en Sologne le 5 octobre pour la table ronde, après le départ du cortège ministériel devant un pot, se sont déclarées « satisfaites » et « agréablement surprises » de la discussion, tout en attendant forcément au tournant le ministre. « Nous espérons qu’il ne s’agira pas que de paroles », a commenté Kim Nivault, présidente de la Ligue du badminton Centre-Val de Loire, fondant beaucoup d’espoir par ailleurs sur la future Maison régionale de badminton, « pour former, fidéliser jeunes, éducateurs et bénévoles », voulue par la Ligue précitée qui déménagerait de fait son siège de Bourges, dans le Cher, à un site sis route de Blois à Lamotte-Beuvron donc, dans le Loir-et-Cher.

L’infrastructure devrait sortir, selon Mme Nivault, de terre dans sa première tranche d’ici 2026. Le maire Bioulac a d’ailleurs remis en mains propres une lettre dans ce sens à M. Avérous ; une missive également dont le contenu assoit une autre volonté municipale solognote, celle de pouvoir bénéficier de la représentation physique à Lamotte du cheval Zeus, celui de la cérémonie d’ouverture des JO à Paris en juillet, propriété du laboratoire pharmaceutique Sanofi qui a lui-même proposé l’idée.

Passé ces considérations sportives, nous ne pouvions manquer de poser une dernière interrogation à Gil Avérous, avant de le libérer, les yeux dans les yeux… A-t-il reçu des directives du « PM » Barnier, s’agissant de son souhait de demeurer, à l’instar des édiles de Valence et de Lorient, le premier magistrat de sa ville de Châteauroux, dans l’Indre ? Son costume de ministre des Sports est-il, d’après son désir, assez grand pour qu’il conserve cette casquette municipale (plus la présidence de l’agglomération et du Conseil départemental, ndlr) ? « Non, pas de consignes sur ce point de Michel Barnier, il n’a rien dit », a répondu l’intéressé nationalement promu. « Comment je vais faire ? Il va y avoir une réorganisation avec mes adjoints, et un abandon de mes indemnités totales et une revalorisation de mes adjoints en ce qui nous concerne ». En backstage, il se chuchotait, avec une once de regret posée sur la disparition de la fonction d’antan de député-maire qui préservait des discours et mesures parfois hors-sol, que de toutes les manières, l’attribution d’un ministère ne constituait pas un mandat. Mais bien juste une nomination qui peut s’avérer fugace dans un contexte politique fort brinquebalant…


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