Quelques jours avant la fin de la session parlementaire, le sénateur du Loiret,
Jean-Pierre Sueur a présenté mardi un rapport d’information parlementaire sur les enjeux de l’occupation du sol dans les prochaines années. Un travail qui rappelle que les grands équilibres territoriaux sont loin d’être figés.
Par Zoé Cadiot
« Une ville finit par être une personne » disait Victor Hugo. Une maxime qu’aurait pu faire sienne, le sénateur socialiste du Loiret Jean-Pierre Sueur, auteur d’un nouveau rapport d’une mission sénatoriale sur les enjeux de l’occupation du sol dans les prochaines décennies, présenté ce mardi 11 juillet. Tant les questions d’urbanisme et d’aménagement du territoire ont marqué ses engagements et ses actions politiques. Et pas seulement pendant son mandat de maire d’Orléans (1989-2001), qui lui valut quelques critiques, notamment dans des opérations de réhabilitation de la ville orléanaise.
Avec ce nouveau rapport, doté de cinquante préconisations dont certaines sont déjà connues comme répartir les logements sociaux sur l’ensemble des quartiers, soutenir la revitalisation commerciale des cœurs de ville, développer les tiers-lieux, … l’ancien secrétaire d’Etat chargé des Collectivités locales (1991-1993), livre pour les années à venir une projection des espaces urbains de la ville, fruit d’un long travail sur le sujet.
« Les chemins d’une occupation pertinente et harmonieuse du territoire ne sont pas
simples », souligne l’ex maire d’Orléans qui pointe la difficulté à protéger l’environnement tout en voulant booster le développement économique. Sans parler de la fragilité du vivre-ensemble que ce soit en ville, dans les ceintures urbaines et autres bourgs.
Le modèle de sectorisation de la ville dépassé ?
« La question de l’équilibre des territoires ne peut se départir d’une vision plus globale de la ville », explique Jean-Pierre Sueur, qui défend depuis des années un véritable ministère de la Ville avec une politique digne de ce nom. D’où les 50 propositions pour envisager une autre politique, dont l’action ne se limiterait pas comme on l’a vu souvent par le passé aux seuls problèmes des banlieues. « Nous devons remettre en cause le modèle de la ville sectorisée, divisée en centre patrimonial, faubourgs, espaces périphériques et autres zones d’activité pour aller vers une nouvelle urbanité où toutes les fonctions seront présentes dans les quartiers ». Aussi, l’élu invite à renverser la table. Et pourquoi pas à s’interroger sur le bien-fondé de certaines politiques comme celle des zonages, qui ont fleuri ces dernières décennies.
« Qu’elles soient économiques ou sociales comme les REP (réseau d’éducation prioritaire, ZAN (zéro artificialisation nette), ZRR (zone de revitalisation rurale) et autre SCOT (schéma de cohérence territoriale), ces zonages n’ont fait qu’accroître les ségrégations et les disparités alors qu’elles entendaient les réduire », déplore l’élu loirétain. Aussi, l’homme préconise une autre urbanité, axée sur une mixité sociale et fonctionnelle. D’où son invitation à « oser le retour de l’aménagement du territoire », qui pourrait s’illustrer toutefois par la résurrection d’anciennes mesures comme de la planification et autres contrats de plan Etat-région qui ont fait leurs preuves.
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