Spectacle de clown, spectacle jeune public de la Scène nationale d’Orléans mais ouvert, et même recommandé à tous. Fabrizio Rosselli se confronte à ses seaux verts avec un acharnement formidable. Dans une lutte jubilatoire avec la (et le) physique, il nous entraine pendant une petite heure dans un spectacle visuel, muet et pourtant très parlant.
Par Bernard Cassat

Fabrizio Rosselli et ses seaux. Phot Le Dandy Manchot
Etre un peu maniaque, vouloir que tout soit bien rangé, bien aligné ou bien empilé, ça arrive à tout le monde. Mais certains sont plus atteints par la manie, s’attachent à ce que les choses soient impeccables et considèrent que le moindre écart est un échec. C’est le cas Bakéké. Clown jardinier-bricoleur, il n’a besoin d’aucune parole dans sa relation avec les seaux verts. Il adore les manipuler dans l’ordre, les ranger, les mettre en pile, ou les retourner pour marcher dessus et ne plus poser le pied par terre. Mais il y a toujours une difficulté, un écueil à surmonter. Qui devient un challenge. Et Mr Bakéké trouve des solutions parfois époustouflantes pour réussir, triompher, dominer ces seaux verts avec des gestes de footballeur qui vient de marquer. Il en tremble de joie…
Mais parfois, ça ne marche pas. Alors il recommence, recommence. C’est très énervant, et même ça va jusqu’à une grosse colère. Il casse tout ce qui lui tombe sous la main dans une rage libératrice. Qui lui permet de s’y remettre, de trouver la bonne méthode et de réussir. Comme son spectacle, totalement réussi.
Clown, mime, jongleur, avec son talent pour accessoire
Fabrizio Rosselli, clown qui a roulé sa bosse notamment en pratiquant le spectacle de rue, travaille pour Bakéké dans un minimalisme efficace. Des expressions simples, mais tout à fait justes et que leurs répétitions rendent très efficaces. Peu d’accessoires, sinon ces fameux seaux verts et quelques autres. Avec ce peu, il arrive à construire un spectacle riche qui fonctionne magnifiquement auprès des enfants. Clown, mime, jongleur, son personnage sur scène, avec son tablier noir et ses chaussettes montantes, il devient après moult efforts le maître des seaux, ce qui n’est pas rien, et qui représente une grande victoire autant sur la physique, celle des matériaux, des distances et de la pesanteur, que sur le physique, le corps et ses maladresses.
Fabrizio Rosselli arrive à dompter les deux avec une force jubilatoire. Et la salle remplie, mardi soir, de jeune public, a marché au seau près. Les adultes aussi. C’est tellement bien fait, dans chaque geste comme dans le déroulement, tellement séduisant et prenant. Très fort !
Bakéké
Prochaines représentations
Mercredi 12 octobre à 14h30 et 20h30
Jeudi 13 octobre, 20h30
Durée 50 mn
Scène nationale d’Orléans