Magnifique. Samedi et dimanche, le Centre de Danse Dauphine a présenté à La Passerelle de Fleury-les-Aubrais, « Quand elles se mettent à l’œuvre”, création chorégraphique, spectacle conçu par Muriel Herpin et chorégraphié par Cassandre Herpin, Pascale Olivier, Marion Berger, Mélanie Fournier et Muriel Herpin. Quelque deux cents élèves de l’école orléanaise réunissant enfants, amateurs et professionnels, ont offert à un public conquis une pièce en deux parties composées de sept tableaux. Muriel Herpin : « J’ai choisi de rendre un hommage sensible et humble à quelques-unes des plus illustres personnalités féminines. Leurs trajectoires restent des guides pour toutes et tous. Au-delà de ces évocations, cette création propose une réflexion plus générale sur la place des femmes dans l’art et l’engagement sociétal ». Une réussite.
Par Jean-Dominique Burtin.

L’élégance du geste. Photo: Marie-Josée Blanc.
Etourdissant et talentueux élan
Annoncé par une affiche représentant Angela Davis évoquée par Sarah Querut dans une chorégraphie de Cassandre Herpin et sur une musique de Scremin’Jay Hawkins, ce spectacle est étourdissant de mise en place. Il évoque, s’accompagnant d’un florilège de costumes signés Christine Champion, quelque quarante figures de femmes à travers le temps, femmes engagées, qu’elles soient écrivaines, peintres et plasticiennes, musiciennes et chanteuses, cinéastes, actrices, danseuses, créatrices et résistantes. Des “chœurs des combattantes” chorégraphiés sont, quant à eux, dédiés à des inconnues et autres illustres personnes ne faisant pas l’objet d’une représentation personnelle. Lors des tableaux, des interviews sont projetées de même que des portraits, tel celui de Joséphine Baker qui inspire une superbe danse jazz et tribale.
Janis Joplin, Katia Buniatishvili, Judy Garland, Camille Claudel, Frida Kahlo, Sonia Delaunay, Duras, Colette, Sagan, Piaf, Ella Fitzgerald, Agnès Varda sont entre autres célébrées. De même qu’Isadora Duncan, Martha Graham, Pina Bausch via des interprétations et des chorégraphies de Marion Berger, Mélanie Fournier, Cassandre Herpin sur une musique de Henryk Gorecki. Puisant à merveille dans les ressources de la danse classique, néo-classique, contemporaine et modern’jazz, s’appuyant sur une bande son de titres et de pièces musicales à l’éclectisme minutieux qui ne peut que charmer, cette farandole sensible et engagée rend hommage à tous les combats, toutes les luttes, toutes les résistances conduites par les femmes.
Quelque part en Ukraine
Le mot de transmission est celui qui ne peut que surgir au regard et à l’écoute de ce beau spectacle, transmission d’un message d’espoir, transmission de pas, toutes générations confondues sur scène. Très émouvant est ici l’évocation d’une “jeune fille quelque part en Ukraine”, chorégraphie de Muriel Herpin sur une musique de Arvö Part. D’un grand sac, la danseuse Marie Pitois sort des fleurs en papier colorées en jaune et en bleu. Elles ont été confectionnées par les élèves de petite moyenne et grande section de l’école maternelle Jacques Prévert.