La députée « La République en Marche » (LREM) de la 2ème circonscription du Loiret, Caroline Janvier, après plusieurs mois de travail préparatoire, a décidé de faire une proposition de loi qui s’attaque aux effets des écrans sur nos bambins.
Par Jean-Paul Briand
Dans un petit film, Caroline Janvier assume une communication agressive afin, dit-elle, de « créer un électrochoc » et une prise de conscience sur la menace que font courir les écrans numériques aux enfants. C’est « une bombe à retardement » prévient-elle. Dans la vidéo, à sa rescousse, toute un bataillon d’élus mais aussi un philosophe, une docteur en psychologie, le chef à l’Assemblée Nationale du groupe LREM, Christophe Castaner et le loser magnifique, Benoit Hamon. Pour ce dernier, le sujet serait même un problème majeur de santé publique qui doit être débattu durant les prochaines élections présidentielles.
Il faut une prise de conscience nationale
Dans sa vidéo, la députée Caroline Janvier convie les citoyens à la construction de sa future loi. A partir de la plateforme Purpoz, nous sommes invités à répondre à la question, intelligemment orientée voire un tantinet démago : « Faut-il protéger les jeunes enfants de la surexposition aux écrans ? ». Qui ne voudrait pas protéger les jeunes enfants ? Lorsque l’on demande à Caroline Janvier : mais c’est quoi au juste « un jeune enfant » et à partir de quand peut-on parler de « surexposition » ? Notre députée, qui connaît bien son sujet, reconnaît que « deux éléments sont à considérer : premièrement l’âge de l’enfant. A 3 ans, 6 ans, 9 ans et 12 ans, c’est différent. Secondairement la durée d’exposition est importante. Même si les travaux sont insuffisants, il faut une prise de conscience nationale et en débattre ».
La meilleure réponse c’est l’éducation et la prévention
Cette campagne de communication sur les dangers des écrans a été accompagnée, dans le quotidien Le Monde du 10 décembre dernier, d’une dénonciation alarmiste : « La surexposition des enfants aux écrans pourrait être le mal du siècle ». Elle est signée par un collectif de parlementaires appartenant pour l’essentiel à la majorité présidentielle. C’est une tribune, donc une prise de position subjective sur un sujet que le collectif des signataires estime crucial. Elle ne persuade que les convaincus car les allégations assénées le sont sans aucune référence. Dénoncer, c’est bien, encore faut-il avoir des arguments probants. La méthode utilisée pour emporter l’adhésion des lecteurs est encore et toujours du ressort de l’émotion et de la peur. Chercher à culpabiliser les parents qui se défausseraient de la surveillance et de l’éducation de leurs chérubins sur les écrans de télévision, les tablettes numériques et autres smartphones est contre-productif. Le rejet agacé voire le déni est souvent le principal résultat obtenu avec ce type de procédé, peu pédagogique. La députée de la neuvième circonscription du Nord, Valérie Petit (LREM) semble l’avoir compris lorsqu’elle conseille dans la vidéo que « la meilleure réponse c’est l’éducation et la prévention ». Il est vrai qu’elle est enseignante-chercheuse de profession. Alors, pourquoi encore une nouvelle loi restrictive pour empêcher les enfants de passer trop de temps devant un écran ?
C’est mon travail de députée de mobiliser sur les causes qui me sont chères
Madame Janvier sait que dans 6 mois vont avoir lieu les prochaines élections législatives, où elle sera très probablement candidate à sa succession. Son initiative peut s’apparenter à une manœuvre politicienne de communication préélectorale. La députée Janvier est une femme honnête. Elle répond sans la langue de bois des vieux politiciens roués : « Ce raisonnement est légitime. J’avoue que je ne suis pas certaine que mon projet de loi puisse aboutir avant les prochaines élections de 2022, mais c’est mon travail de députée de mobiliser sur les causes qui me sont chères, comme ce sujet sur lequel je travaille depuis deux ans…».
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