Un bouleversement dans le dépistage du cancer du col utérin

Le cancer du col de l’utérus (CCU) est un important problème de santé publique. En France, il est au 8 rang des cancers de la femme avec 3400 nouveaux cas et 1000 décès chaque année. Cette maladie est directement en rapport avec un papillomavirus (HPV) transmis sexuellement. En effet si ce HPV, et en particulier les types 16 et 18, n’est pas éliminé, sa persistance fait courir un risque d’évolution vers un cancer.
par Jean-Paul Briand


Jusqu’à présent la Haute autorité de santé (HAS), qui diffuse les préconisations aux professionnels de santé, recommandait que les femmes de 25 à 65 ans subissent un frottis cervico-utérin (FCU) tous les 3 ans. Ce petit balayage du col utérin était pratiqué au cours d’un examen gynécologique soit par une sage femme, un médecin généraliste ou un gynécologue. A la différence de certains pays, la HAS considérait que la recherche directe de la présence du virus, par un test spécifique (test HPV), était prématurée. La HAS estimant que les conditions organisationnelles et d’assurance qualité n’étaient pas suffisamment garanties.

En début de ce mois de juillet 2019, la HAS vient d’éditer de nouvelles recommandations qui vont bouleverser le dépistage du CCU et être nettement plus efficaces pour réduire son incidence : Pour les femmes de 25 et 30 ans (vaccinées ou non contre les HPV), le dépistage du CCU est toujours fondé sur la réalisation de deux FCU à un an d’intervalle, puis 3 ans après (si le résultat des deux premiers est normal). À partir de 31 ans (vaccinées ou non contre les HPV), la HAS recommande désormais que le test HPV remplace le frottis cytologique. Un délais de 5 ans peut s’écouler entre deux examens, dès lors que le résultat du premier test HPV est négatif (les Pays-Bas vont même jusqu’à 10 ans).

Par ailleurs, la HAS propose l’utilisation de l’auto-prélèvement vaginal (APV) qui supprime l’intervention d’un professionnel de santé. Une équipe tourangelle a d’ailleurs démontré son efficacité en septembre 2014. 

Quand on sait les difficultés qu’éprouvent les femmes pour avoir un suivi gynécologique régulier, cette nouvelle recommandation est un réel progrès à la fois sur le plan de la santé publique mais aussi de lutte contre la désertification médicale.

 
 

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