Après des années passées à raconter les plus grands mystères historiques à la radio et à la télévision, l’historien conteur Franck Ferrand s’essaye sur les planches avec un one man show historique inédit. Depuis les années 90, Franck Ferrand s’est imposé comme un maître dans l’art de raconter des histoires autant à la télé avec l’émission « L’ombre d’un doute » diffusée sur France 3 qu’à la radio avec la quotidienne « Au cœur de l’histoire » sur Europe 1, sacrée meilleur programme radio en 2018 avant son arrêt en juin dernier. Aujourd’hui, conteur sur Radio Classique, il jongle entre la tournée de son spectacle “Histoire(s)“, la parution de son nouvel ouvrage “Franck Ferrand raconte” et ses projets radiophoniques avant son retour sur France Télévisions cet été pour nous conter les histoires du patrimoine français pendant le tour de France.
À la veille de sa représentation à La Chapelle-Saint Mesmin, Franck Ferrand a bien voulu répondre aux questions de MagCentre.
ZF Tout d’abord, qu’est ce qui vous a donné ce goût pour l’histoire et surtout l’envie de la partager et de la raconter ?
FF Cet intérêt pour l’histoire je l’ai découvert grâce à une institutrice en classe de CE2 qui nous racontait souvent des anecdotes sur l’histoire. C’était vraiment une excellente conteuse et c’est en grande partie grâce à cela que, pour moi, l’histoire a été d’emblée identifiée à la notion de conte. La conséquence est qu’aujourd’hui, je suis moi-même au moins autant un conteur qu’un chercheur.
ZF Vous avez ensuite fait des études de sciences politiques et d’histoire notamment dans la prestigieuse école de Sciences Po puis à l’École des Hautes Études des sciences sociales. Mais avant cela, à l’adolescence, quel était votre métier de rêve ?
FF Je ne savais pas trop ce que je deviendrai, je n’avais pas d’idée très précise sur le sujet et pour être tout à fait honnête, c’est pour cette raison que je me suis orienté vers Sciences Po. On dit souvent que Sciences Po mène à tout et c’est une réalité ! Je ne voulais pas m’enfermer dans une voie donnée mais Sciences Po m’a quand même fait réaliser que ce que j’aimais par dessus tout, c’était l’histoire.
J’avais déjà beaucoup de connaissances sur le sujet de Versailles, car je suis d’abord et avant tout un spécialiste de Versailles, mais je tenais à ce que cette érudition se concrétise par un diplôme afin de ne pas rester toute ma vie un historien amateur. C’est pour cela que j’ai suivi un cursus au sein de l’École des Hautes Études des sciences sociales afin d’obtenir mon DEA (Diplôme d’Études Approfondies) avant de devenir chargé de recherches au ministère de la défense.
ZF Après de nombreuses années à la radio, vous avez lancé un nouveau spectacle de stand-up historique en parallèle à la sortie de votre nouveau livre Franck Ferrand raconte. Est-ce que vous êtes lassé de la radio ou simplement vous aviez simplement envie de vous essayer à un nouveau format ?
FF Non pas du tout, j’ai commencé à écrire des livres bien avant d’être sur les ondes et c’est d’ailleurs parce que mes ouvrages ne se vendaient pas que je me suis décidé à me lancer dans la radio sur les conseils d’Alain Decaux qui me disait « Si vous voulez que vos livres soient lus, il faut que vous soyez connu ». Pour le spectacle, c’est différent. Je suis maître de conférence depuis très longtemps et au fil des années je me suis libéré pendant mes conférences en utilisant un micro-cravate ou en laissant tomber mes notes et cela commençait à ressembler à du stand-up.
C’est à la suite de ça qu’un ami m’a donner l’idée de créer un one man show. Ce qui est étonnant dans cette histoire, c’est que j’ai tout de même attendu la cinquantaine pour trouver ma voie car c’est réellement quand je suis sur scène et que je raconte mes histoires aux personnes dans la salle que je me sens au meilleur de ma forme et de mes capacités.
C’est ce que j’aime faire par dessus tout.
ZF Pour revenir au livre, quand vous ai venu l’idée d’écrire un nouveau livre et qu’est ce que vous racontez cette fois ?
FF Mon livre « Franck Ferrand raconte » qui vient de paraître en co-édition chez Perrin et Historia, c’est tout simplement la reprise de tout mes articles chez Historia. Pour rappel, Historia c’est le premier magazine consacré à l’histoire, on peut même le considérer comme un “temple des petites histoires“. Depuis des années, ils me consacrent chaque mois ce qu’on appelle une « carte blanche » où je peux donc raconter un événement de mon choix. Ce sont donc tout les articles que j’ai rédigés pour Historia qui ont été repris pour en faire ce livre « Franck Ferrand raconte ».
ZF Concernant votre spectacle Histoire(s), il est difficile d’imaginer un one man show dédié à l’histoire. Sous quelle forme se présente-il ?
FF La forme de ce spectacle est assez particulière car c’est le public qui tire au sort les sujets que j’aborde. Donc le moment où le rideau se lève, je ne sais pas de quoi je vais parler et, dès que j’ai pris connaissance des thèmes tirés, j’improvise la façon dont je vais raconter mes histoires au public. Il y a, bien sûr une mise en scène et une structure organisé par Eric Métayer mais, à l’intérieur de ce cadre, je suis totalement libre de raconter mes histoires à la couleur de mon esprit.
C’est donc de l’improvisation totale sur les sujets tirés au sort et c’est cette liberté qui me plaît particulièrement dans ce spectacle.
ZF Combien de thèmes sont proposés lors du tirage au sort ?
FF Il y a 15 thèmes qui peuvent être choisis lors du tirage au sort. Ce sont tous des grands mystères historiques que j’ai eu l’opportunité de traiter dans ma vie et que j’ai choisi car ils sont particulièrement surprenants. En effet, il n’y a pas un thème potentiel qui ne soit pas surprenant car mon objectif premier avec ce spectacle c’est tout de même d’étonner et de scotcher les gens à leur siège.
F Combien de thèmes sont traités au cours d’une représentation ? Et pouvez-vous dévoiler quelques énigmes que vous pourrez potentiellement aborder lors de votre passage à La Chapelle ce samedi ?
FF À chaque représentation, ce sont 3 thèmes qui sont présentés. Parmi eux, on peut trouver le voyage de Marco Polo, la vocation de Jeanne d’Arc, la mort d’Alexandre 1er de Russie, l’affaire Mayerling ou encore la guerre de Troie.
ZF Depuis quand votre spectacle est-il joué et avez-vous prévu d’autres tournées après celle-ci ?
FF Ce spectacle a été créé au théâtre Antoine à la fin de l’année 2017 et je pense qu’une nouvelle tournée pourrait être organisée dès l’année prochaine. Ce spectacle est tellement improvisé et varié que je ne m’en lasse pas du tout et visiblement les gens sont ravis donc il n’y a aucune raison de l’arrêter pour l’instant.
ZF Pour conclure, avez-vous de nouveau projets à venir sur Radio Classique, à la télévision ou sur scène ?
FF Je suis actuellement en train d’écrire un nouveau roman en rapport avec mes nombreux voyages et je travaille également sur le lancement d’un podcast natif avec Radio Classique mais aussi sur la plateforme Majelan. Enfin, je raconte aussi chaque semaine l’histoire d’un grand pèlerin sur le magazine du même nom, « Le Pèlerin ».
Propos recueillis par Zoé Falliero
