Shinichi Tokawa: les fleurs du Japon à Orléans

Un peu en marge des fêtes de Jeanne d’Arc et  dans le cadre du “Printemps sous les Sakura”, ensemble de manifestations organisées pour célébrer le trentième anniversaire du jumelage de la ville d’Orléans avec Utsunomiya, les Orléanais auront l’insigne privilège de découvrir un jeune peintre japonais, dépositaire d’une tradition picturale séculaire, le Nihonga.

Le nihonga  trouve son origine en Chine au VIIIe siècle. La technique est peu à peu affinée par les Japonais au fil des siècles, avec de remarquables innovations survenues aux XVIe et XVIIe siècles, au point de devenir l’art japonais traditionnel.

La maîtrise de la technique NIHONGA demande actuellement plus d’une dizaine d’années d’études. Le procédé est celui d’une peinture à l’eau et fait appel à des matériaux entièrement naturels : bois, papier, roche, pierres précieuses ou semi-précieuses, sable, os. Il partage ainsi ses origines avec la technique de la fresque, puisqu’il procède à la base des mêmes pigments naturels, d’oxydes de métaux et de terre broyée ou de coquillages.

Les pigments sont broyés avec de la colle animale préparée par le peintre pour l’œuvre, au fur et à mesure de sa création. Par ailleurs, des feuilles d’or, d’argent et de platine sont fréquemment utilisées. Il en est de même pour la préparation du support, un papier marouflé sur bois ou une soie tendue sur cadre.

Chaque élément, étant préparé par l’artiste, contribue donc à la réalisation d’une œuvre originale.

Interview

GP Comment connaissez-vous la France ?

ST Depuis que je suis jeune, j’aime la France pays d’art et d’architecture, je suis venu pour la première fois à 18 ans et depuis je suis revenu quatre fois

GP Quelle est votre formation artistique ?

ST J’ai fait des études d’économie au Japon et à l’université d’économie, un professeur d’une autre université m’ a demandé de venir chez lui pour apprendre à peindre parce que depuis mon enfance, j’aime évoluer dans le monde des fleurs et de la peinture. Mais je n’étais pas encore peintre et j’ai donc trouver un maître pour apprendre la peinture, actuellement les jeunes vont plutôt à l’école d’art au Japon pour devenir peintre , alors que moi j’ai appris auprès d’un maître en observant. J’ai appris ainsi selon la méthode ancestrale en observant mon maître, comment il choisit ses pigments dans la nature, comment il observe la nature, pour pouvoir après coucher cela sur une toile. Le maître ne m’a pas vraiment appris à peindre, il m’a appris à observer pour pouvoir reproduire.
Mon professeur a détecté en moi un sens artistique et il m’a expliqué que “si tu apprends bien, si tu observes bien et si tu  travailles bien tu pourras peut-être en faire ton métier“.

GP Quel est votre rapport à la tradition picturale japonaise ?

ST Je peins selon une méthode traditionnelle japonaise qui remonte à peu près au VIIIe siècle avec des pigments naturels, des pierres précieuses ou semi-précieuses, les jeunes peintres aujourd’hui n’apprennent plus comme moi, ils apprennent dans les écoles ou à l’université, ils n’apprennent plus en observant un maître, je fais parti des derniers peintres formés de cette façon, je suis sans doute le dernier formé à cette méthode ancestrale.

GP Et la place de la nature ?

ST J’observe beaucoup la nature, comment naît une fleur , comment elle s’épanouit, comment elle fane. Mais aussi ce qui a été important dans ma vie comme pour beaucoup de Japonais , c’est en 2011 la catastrophe de Fukushima et le tsunami, se rapprocher de la nature c’est récupérer cette paix intérieure que nous n’avons plus eu à partir de cette date, en dessinant. Par exemple ce tableau (voir illustration ci dessus) a été créé après ces événements et ce grand choc émotionnel du tsunami, j’ai peint ces lotus parce que ça représente le bouddhisme et pour accueillir la paix dans mon cœur, j’y ai mis tous mes sentiments pour ceux qui sont morts dans la catastrophe. J’ai apaisé mon cœur en peignant ce tableau.

Et par exemple cet autre tableau de lotus, c’est le blanc, le ciel, les nuages, mais c’est aussi selon la lumière la matin ou le soir et c’est toute la sérénité que j’ai voulu transcrire par cette peinture de lotus que l’on perçoit. J’ai par exemple vendu à un couple de chirurgiens une peinture un peu comme celle-là qui les apaise énormément par rapport à la difficulté de leur profession vécue dans la journée.

Interview Gérard Poitou Interprète Nathalie Willano

Nathalie Willano et Shinichi Tokawa

Exposition « La Ronde des Fleurs ».

Peintures traditionnelles japonaises de l’artiste Shinichi TOKAWA.

Vernissage mardi 30 avril 18h
Exposition jusqu’au 8 mai du lundi au dimanche, de 10h00 à 19h00.
Galerie de l’Empreinte Hôtel ‐ 80 Quai du Châtelet à Orléans.

Entrée libre

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