Placés sous la direction de Philippe Ferro, chef invité pour le concert “Sonnerie d’Orléans”, vingt-huit musiciens de l’Orchestre symphonique d’Orléans (flûtes, hautbois, cor anglais, clarinettes, bassons, contrebasson, cors, trompettes, trombones, tuba mais aussi timbales et percussions), ont donné ce samedi soir, au Théâtre d’Orléans, un concert de pure beauté en précieuse compagnie de Franck Bellucci, récitant .

L’Orchestre , vendredi, en répétition générale. Photo: MT.
Ce dernier est notamment intervenu dans les “Fanfares pour Napoléon”, pièce intense et spectaculaire composée par Jacques Castérède où l’on entend notamment vibrer “Les adieux à la garde“. Mais dans ce programme “Sonnerie”, introduisant différentes autres pièces, Franck Belluci citera aussi ces belles phrases de Debussy sur le “bon goût”, le compositeur évoquant “un instinctif besoin d’art” et affirmant avec magie que “la beauté d’une œuvre d’art restera toujours un mystère.”
Une éloquence musicale forçant l’admiration
En première partie de concert se jouant de l’acoustique close de la salle Touchard comble, les musiciens de cette formation de chambre se livrent à un travail d’orfèvre dans des pièces de Strauss et de Caplet, font miroiter les timbres, dialoguent à merveille, offrent d’intimistes et parfois tumultueux paysage sonores que dissémine subtilement, pour le plus grand bonheur des mélomanes, un chef à la sobre direction, interprète inspiré et à l’écoute de chaque pupitre faisant sens pour une gracieuse musicalité.

De subtils musiciens d’excellence. Photo de répétition: MT.
Si l’on peut succomber au charme précis et envoûtant de la “Suite persane” de Caplet, on se réjouit du brio affûté des “Symphonies” de Stravinsky et l’on est surpris comme enchanté par “Grand Fanfare”, de Gian Castro D’Addona, pièce festive de clôture, brillante et bien chaloupée, extrêmement applaudie. Cette dernière sera du reste en partie reprise en bis par des musiciens qui excellent dans tous les registres. Tous font montre d’un très beau son , d’attaques précises , d’une fluidité chantante et d’une virtuosité distillée avec une très belle âme.
Jean-Dominique Burtin