
Les éditions De Borée viennent de nous remettre en mémoire une affaire criminelle dite “hors norme ” et cependant banale qui, le 12 août 1951 frappa la France de stupeur . Son épouse, Yvonne, venait d’abattre de cinq balles de pistolet, Pierre Chevallier, héros de la Résistance, maire d’Orléans et secrétaire d’Etat à l’enseignement technique. Drame passionnel ,triste fin pour un couple qui s’était aimé, ras- le- bol d’une épouse trompée, humiliée, battue. Crime de femme a-t-on l’habitude de dire.
Dans notre pays, chaque année, elles sont à peine quelques dizaines à être jugées pour meurtre. Dans l’ensemble elles ont agi seules , sauf lorsqu’elles sont poussées par des mobiles politiques . En 2009, sur 770 meurtriers mis en cause, seuls 110 étaient des femmes. Aux assises elles racontent presque toutes des milieux défavorisés et des vies cabossées. Certaines relèvent de la psychiatrie.Pour tuer elles ont recours , aux médicaments,aux poisons, au pistolet, aux faux accidents, au rasoir, au couteau.
Mais, pour autant, peut-on parler d’une criminalité féminine aux contours bien définis et arrêtés une fois pour toutes. A ce jour, il n’existe aucune étude spécifique sur le sujet. A peine si l’on a recensé quelques chiffres. Un rapport récent de l’Observatoire national de la délinquance et de de la réponse pénale (ONRDP) révèle une inexorable augmentation de la criminalité féminine. De plus en plus de femmes (+7%) sont impliquées dans les atteintes aux biens . Leur participation à des violences gratuites a explosé (+ 61,7%) en cinq ans. En 2009, 33 000 ont été interpellées pour des voies de fait ou des menaces et 328 pour violences sexuelles.
Cependant, les femmes qui représentent 51,6% de la population globale française ne composent que 3,4% de la population carcérale française.
F.C.
“Femmes criminelles de France”
Serge Cosseron et Jean-Marc Loubier
(éditions De Borée)
400 pages 28,5€