Énergie magique à La Ferté Saint-Aubin (45). Salle et scène en totale osmose allant crescendo. Lors d’une interview qu’il nous avait accordée avant le concert donné ce vendredi à guichets fermés à l’espace Madeleine Sologne de La Ferté Saint-Aubin, Murray Head se réjouissait de sa venue affirmant que le concert live était un “bastion de tactilité”. Plus de deux heures durant, la preuve en a été apportée lors d’un somptueux set à touche-touche avec cinq cents spectateurs sans cesse sur le gril.

Murray Head Photos Copyright JDB
Electricité féline et don de soi
Ce soir là, lors ce rendez-vous organisé avec une belle convivialité par On the road again, l’artiste à l’électricité féline et ses musiciens à l’étourdissant comme humble et incroyable renom, ceux qui ont flirté avec d’autres grands noms de la scène internationale, à savoir Phil Palmer (guitare), Geoffrey Richardson (multi-instrumentiste), Jennifer Maidman (basse et clavier), Harry Fausing Smith (sax et violon), Ally Mc Gougal (batterie et voix céleste) auront notamment offert titres et soli d’anthologie. Tout cela pour le plus grand bonheur d’un Murray Head souriant, laissant à chacun de ses amis la bride sur le cou et n’ayant de cesse d’allumer la mèche de la performance.
Reprenant, en respectueux et facétieux conteur pour le public français les titres de son album, conte initiatique “Nugel Lived”, de 1972, l’auteur compositeur interprète, musicien et acteur britannique fait assaut d’une magnifique audace et mêle de manière enthousiasmante et le jazz, la fusion, un doigt de blues, le charme craquant de la ballade et du funk. Et tant d’autres événements musicaux spontanés…
Sur scène et au cœur du public

Murray Head et Jennifer Maidman Photos Copyright JDB
Artiste tendrement étincelant et follement renversant, cet engagé et militant d’humanité qui chante au cœur du public ou en bord de scène, Murray Head ne manque pas non plus d’offrir (compréhensif…) quelques-unes des ses plus jolies ballades et autres éloquents succès attendus toujours chargés d’âme et d’engagement.
Défilent ainsi, entre autres et peu à peu, Never even thought, Los Angeles, Love youself, Countryman, Last daze of an empire ou ce Say it aints’so Joe d’une sensible éternité.
Une élégance qui incite à la “standing ovation’

Manu Lorcat et Murray Head en Rappel. Photos Copyright JDB
C’est devant un public debout qu’il commence de clore son concert mené sur un train d’enfer en invitant la salle conquise à chanter avec lui “Le Sud”, de Nino Ferrer. Puis, avec l’élégance et la gentillesse, animé du désir d’hommage et de partage, Murray Head invite Manu Lorcat , auteur compositeur interprète qui a ouvert en trio la soirée.
Ce qu’il fit de magnifique facture avec une voix pleine d’intense sobriété en compagnie des décoiffants guitaristes Alex Soubry et Régis Savigny. L’hommage est alors donné à Johnny Hallyday avec une reprise complice et attentive, donnée, en français et en anglais, de “Les portes du pénitencier”.
C’est en toute fin de concert, avec le panache de la fête, que Murray Head donne en ultime rappel, tenant à revenir au cœur du public dont il salue le goût du rêve et la spontanéité, l’inoubliable et prenant “One night in Bangkok“. Brûlante pièce invitant au dance floor et soulevant à nouveau l’ovation d’un public à l’adresse d’une présence emplie de charme, celle d’un géant au sourire d’une fabuleuse générosité et dont le talent ne peut que mettre les larmes aux joues .
Jean-Dominique Burtin.
Concert donné à guichets fermés le vendredi 8 mars 2019
Salle Madeleine Sologne La Ferté Saint Aubin