Marc Gricourt : le goût des autres … et de la politique

Le maire de Blois dévoile son parcours atypique dans un livre intimiste qui est aussi une plongée dans l’histoire d’une ville à laquelle l’ancien infirmier est profondément attaché.

Edité par Plumes d’éléphant, Aventures en territoire humain réjouira les fans de Marc Gricourt mais il hérissera sans doute le poil de ses opposants qui, à un an des Municipales, y voient un joli coup de com de la part d’un homme devenu l’un des poids lourds de la gauche socialiste dans la région*.

Car si Marc Gricourt concède avoir eu la volonté de transmettre à sa descendance, son récit autobiographique est aussi pour lui l’occasion d’affirmer un engagement politique de tous les instants. « Il s’agit pour moi d’une démarche de transparence, certains y verront pourtant une forme d’exhibitionnisme ou d’autosatisfaction. Je ne crois pas qu’il s’agisse de cela. Certes, je suis fier de mon parcours, mais je sais la part de chance qu’il comporte et je connais mes fêlures et mes faiblesses. En racontant comment je me suis construit, ce qui m’a amené à m’engager en politique, à accéder à ces responsabilités, je pense démontrer qu’il y a des chances à saisir » écrit-il.

Imprégné par la vie ouvrière

Côté ascendance familiale, iI y a du ch’ti chez Marc Gricourt. Et les pages sur ses vacances dans le Pas-de-Calais, du côté de Bouvigny-Boyeffles, révèlent d’abord l’importance jouée par ses grands-parents mineurs dans la construction de sa conscience sociale. Imprégné par la vie ouvrière dans ces cités minières, Marc Gricourt y puisera un rejet puissant des injustices et des oppressions de toutes natures.  De même, réfractaire au STO puis militaire durant les guerres post-coloniales, son père, gaulliste social, forgera sa personnalité.      

Issu d’un milieu modeste (son père est comptable à Roto Diesel, sa mère couturière), Marc Gricourt voit donc le jour à Blois un 5 avril 1961. Un brin nostalgique, ses pages sur cette ville dans les années 70, au temps béni « des Trente Glorieuses » et de la ZUP à la mixité sociale heureuse rappelleront de bons souvenirs. Entre promenades et pique-nique en forêt, marché à la Halle aux Grains où déambulations en centre-ville, il fait bon vivre dans la cité de Pierre Sudreau.

Après ses études au lycée Dessaignes, à 23 ans, l’homme concrétise sa vocation 1ère et devient infirmier salarié puis libéral. « Cette profession m’a permis de devenir ce que je suis, d’explorer la nature humaine, toutes les étapes de la vie de la naissance à la mort » raconte-t-il. Au chevet de la détresse humaine dans les quartiers nord qu’il arpente au quotidien, il connait ce qu’il nomme « la vraie vie ».

« Il faut assumer pour être heureux »

Le virus de la politique le piquera en 1981 au moment de l’élection de François Mitterrand. Mais ce n’est qu’à la fin des années 90 que Marc Gricourt s’engagera vraiment. D’abord militant associatif à la FCPE puis au sein Quartier proximité, il rejoint la liste de Jack Lang pour les Municipales de 2001. Bien que battu, son ’ascension se poursuit avec une élection de conseiller général en 2004 puis comme Maire en 2008. Contre toute attente, il terrasse alors Nicolas Perruchot. Modeste, l’homme révèle que ce parcours s’est accompli sur « la sollicitation de ses amis socialistes ».   

Le livre revient aussi sur la construction affective d’un homme dont l’homosexualité est connue. Non sans pudeur, il révèle qu’il lui a fallu du temps pour comprendre grâce notamment à une longue thérapie. Entre questionnement et culpabilité, « ce combat permanent » résonne fort alors que la France n’en a toujours pas fini avec l’homophobie. Accompagné par son épouse Thérèse et ses enfants, Marc Gricourt est aujourd’hui bien dans sa vie. « Il faut assumer pour être heureux » insiste celui a fait de la tolérance et du respect le sens de ses combats. « Il faut apprendre à connaître l’autre et revenir à ce qui est l’essentiel, l’amour.  Sans oublier de savourer la vie. On a tous la possibilité d’arriver au bonheur » conclut celui qui sera candidat à un 3ème mandat de maire de Blois en 2020.

Jean-Luc Vezon.

*Marc Gricourt est 1er vice-président de l’exécutif du conseil régional.

Aventures en territoire humain, Plume d’éléphant200 pages. 20 €.

Commentaires

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  1. très bien cet article-brosse à reluire. Cependant le public s’interroge : l’édition de ce livre a-t-elle été facturée sur le budget communication de la Ville de Blois, ou bien sur les fonds personnels du maire ? A un an des élections municipales, vous pensez bien que ce genre de “détail” compte… (et même avant d’ailleurs).

  2. “celui a fait de la tolérance et du respect le sens de ses combats” ferait mieux d’appliquer les valeurs qu’il prône à lui même. Car du respect, il en demande, mais il ne semble pas en avoir beaucoup pour un certain nombre de citoyens qu’il ne peut s’empêcher de tâcler.

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