À l’heure où le grand débat et la parole citoyenne sont dans tous les esprits, nous avons assisté à la réunion d’initiative locale de la commune d’Ardon mercredi soir. L’objectif : permettre aux Ardonnais (Les citoyens d’Ardon, près d’Orléans) de proposer des solutions concrètes aux différents débats organisés en 4 thèmes par le gouvernement c’est à dire Démocratie et Citoyenneté, Fiscalité et Dépenses publiques, Organisation de l’État et des services publics et la Transition écologique. Le débat était animé par Michel Brach et a regroupé une cinquantaine de personnes, pour la plupart retraités ainsi que certains élus de la commune.

Le grand débat était organisé dans le gymnase de la ville et a réunit une cinquantaine de personnes
C’est Mme le maire, Elysabeth Blachais-Catoire, qui introduit la rencontre et annoncé que la priorité est l’expression citoyenne qui doit permettre un temps d’échange constructif. Michel Brach prend ensuite le relais et lance le premier thème : démocratie et citoyenneté. Le premier débat abordé est le droit de vote obligatoire auquel adhère une grande partie de l’assemblée ainsi que la comptabilisation du vote blanc comme un suffrage à part entière. La majorité des Ardonnais semble y être favorable cependant aucune proposition concernant le vote blanc au cours d’un scrutin n’est avancée. Enfin beaucoup d’Ardonnais semblent favorable à l’introduction du vote proportionnel dans les scrutins mais qui resterait néanmoins subordonné au vote majoritaire.
“Il faut arrêter de régler tout les problèmes sociaux à coup d’aides, il faut des solutions concrètes!”
Viens ensuite le thème de la fiscalité et des dépenses publiques. Sans grande surprise les charges sociales constituent le premier sujet de débat abordé et, entre autre, le financement de nombreuses aides fait débat comme en témoigne le cri du cœur d’un habitant : « Il serait nécessaire d’arrêter de régler touts les problèmes sociaux à coup d’aides ! Il nous faut des solutions concrètes ! ». Pour les Ardonnais, la priorité est à la réduction des frais de fonctionnement de l’État ainsi que du nombre de fonctionnaires jugés bien trop élevé pour eux. Parallèlement la redynamisation de l’industrie et des produits français semblent être une priorité et la volonté de mettre en place d’une taxe sur les produits importés est partagée par tous afin d’encourager les français à consommer français et ainsi « payer le social français et non le social chinois ! ». Conjointement dans le cadre de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, la solution des Ardonnais est une harmonisation de la fiscalité au niveau européen.
Vers un fonctionnement fédéral des régions françaises?
Sur le thème de l’organisation de l’État et des services publics sont avancées des solutions plus surprenantes comme la décentralisation des ministères en région pour que « le gouvernement soit au plus près des citoyens et des enjeux qu’il doit gérer ». La réduction du « mille-feuille s administratif » apparaît également comme une nécessité afin d’assurer une meilleure visibilité du pouvoir et de ses décisions pour la population. Pour cela, certains préconisent de supprimer les départements au profit des régions dont le fonctionnement deviendrait similaire au landers allemands qui possèdent des gouvernements propres et donc plus proches des citoyens. Enfin d’autres ont des solutions plus inattendues qui ne font pas l’unanimité telles que la suppression de l’ENA ou de ne pas rembourser les intérêts de la dette française.
Le tout électrique: une solution d’avenir?
Enfin la transition écologique provoque plus de débat et d’ardeur. Entre le rejet des voitures électriques jugées aussi polluantes que les voitures diesel ou essence et des panneaux solaires du fait de l’impossibilité de recycler ces dispositifs, l’écologie est un sujet qui provoque la division des participants. Pour les Ardonnais la priorité n’est pas de favoriser les méthodes déjà existantes mais de créer de nouvelles énergies notamment grâce à la méthanisation. Les transports sont au cœur du débat et la majorité de l’assemblée semble s’accorder sur la nationalisation des autoroutes et du réseaux ferroviaires ainsi que la mise en place d’une taxe sur les poids lourds étrangers qui circulent en France. Néanmoins, encore une fois l’idée dominante qui surgit des discussions est le besoin de ramener les enjeux au niveau local et d’organiser la transition écologique au plus près de la population.
Enfin dans un dernier temps les Ardonnais abordent des questions diverses comme le contrôle de l’immigration ainsi que des réseaux sociaux où « l’anonymat devrait être banni » et le débat des 80 km/h qui, selon les participants, devrait être décidé par les communes.
La grande majorité des solutions proposées au cours du débat convergent vers une idée dominante : une décentralisation des pouvoirs au niveau local pour assurer une transparence maximale et une appropriation des enjeux nationaux par les mairies, jugées plus compétentes dans les décisions à prendre pour leurs communes.
ZF