Avec le prometteur concert de l’Orchestre Symphonique d’Orléans qui s’annonce pour ce week-end, belle occasion sera offerte d’entendre une nouvelle fois, au sein de l’ensemble orléanais Gilles Lefèvre, violon solo de l’ensemble, poste, aime-t-il à souligner avec générosité, qu’il partage avec David Haroutunian.

Gilles Lefèvre, violon solo de l’Orchestre. Photo: Marie-Line Bonneau
C’est en fait il y a quatre ans que ce charismatique musicien, un chartrain musicien et pédagogue de renommée nationale et internationale, est entré en toute humilité à l’Orchestre d’Orléans sur la Symphonie de Dvorak. Entre lui et Marius Stieghorst ce fut “un coup de foudre réciproque” et il ne put aussi que s’attacher immédiatement à cet ensemble de musiciens talentueux et sensibles dont il connaissait notamment l’alto solo Jean-Philippe Bardon pour avoir joué de la musique de chambre avec lui.
“Nous sommes tous là pour servir la musique”
En vérité, c’est une place toute particulière qu’occupe le violon solo dans l’orchestre et Gilles Lefevre en parle ainsi: “Le violon solo est en fait la cheville ouvrière de la communication entre le chef et tous les musiciens, il doit traduire avec gentillesse et diplomatie ce que veut le chef en ce qui concerne l’expression. Etre violon solo ne veut pas dire qu’on est le meilleur mais que l’on doit faire preuve de compréhension et de fermeté. Pour un concert nous n’avons que peu de temps pour répéter et je dois comprendre que chaque musicien doit trouver son compte et son plaisir dans le jeu, un jeu où j’aime avoir ce rôle de devoir discuter avec tout le monde.
Si j’occupe ce poste, c’est seulement parce que j’aime ce groupe, c’est à dire ce chef et les gens qui l’entourent. Nous sommes tous là pour servir la musique, une musique qui nous dépasse car nous interprétons de véritables bibles. Nous ne sommes que les humbles rouages d’un monde extraordinaire de beauté et d’harmonie.”
Aujourd’hui c’est ainsi la Nelson Mass de Haydn qu’il va prendre plaisir à jouer, de même que ce festif Concerto de Telemann et cet Alma Dei Creatoris, de Mozart, “compositeur que ne peut jouer qu’à genoux” dit-il dans un grand sourire.
“Un éclat qui invite à se libérer des tourments”
Lundi et mardi derniers, c’est avec les musiciens de l’orchestre et sous la conduite de Gildas Harnois, organiste de la cathédrale d’Orléans et chef de la Musique des Gardiens de la Paix, artiste dont il admire depuis longtemps la musicalité, que Gilles Lefèvre a participé aux répétitions proposées en la salle de l’Institut pour 510 élèves d’écoles de l’agglomération.

Gildas Harnois en répétion salle de l’Institut. Photo: JDB
A l’issue de ces rendez-vous, Gildas Harnois, chef invité de l’orchestre pour la troisième fois, se réjouit notamment de pouvoir interpréter la Nelson Mass de Haydn, celle dite des “temps troublés”.
Et Gildas Harnois de préciser que cette œuvre magnifique qui s’ouvre en ré mineur et se termine en ré majeur avec “un éclat qui entend libérer tous les tourments accumulés” convient tout à fait au message à faire aujourd’hui passer. “C’est l’esprit de Noël qui souffle ici” nous dit Gildas Harnois pour définir cette “si belle musique de Haydn qui nous tient et nous prend”.
Jean-Dominique Burtin
Concert de Noël de l’Orchestre d’Orléans placé sous la direction de Gildas Harnois.
Chef de chœur: Elisabeth Renault.
Solistes: Isabelle Philippe soprano, Laure Dugué, alto, Matthieu Justine, ténor, Olivier Dejean, basse, Vincent Mitterrand, Guy-Claude Charcellay, Thibault Collonge, trompettes.
Samedi 15 décembre à 20 h 30, dimanche 16 décembre à 16 heures,
En l’église Saint-Pierre-du-Martroi. Eglise chauffée. Placement libre.
Tarifs: 25/22/12€. Réservations et ventes uniquement auprès d’Orléans Concerts à partir du mardi 4 décembre, du lundi au samedi, de 13 heures à 18 heures.
Le programme
GEORG PHILIPP TELEMANN
Concerto pour 3 trompettes, timbales et continuo, TWV54 : D3
Musicien multi-instrumentiste Telemann touche à tous les genres reconnus de la musique de son temps. Ses pièces instrumentales dénotent souvent des influences venues de France, d’Italie et parfois de la musique populaire polonaise.
Sa musique, qu’il sait maintenir à l’avant-garde de toutes les tendances nouvelles, constitue un lien important entre les styles baroque et classique. Par les impulsions novatrices qu’il donne tant à l’art de la composition qu’à la sensibilité musicale, il marque puissamment la musique de la première moitié du XVIIIème siècle.
WOLFGANG AMADEUS MOZART
Alma Dei creatoris en fa majeur KV 277
Cette pièce pour soprano, alto et ténor soli, chœur, violons, basse et orgue est donnée, le 21 décembre 1777,en l’église Saint-Pierre de Salzbourg.
Elle est donc sans doute postérieure à la démission de Mozart et à l’acceptation de cette démission par Colloredo le 12 août 1877. C’est le premier usage que fait Mozart de sa liberté, pour écrire à nouveau de la musique d’église.
JOSEPH HAYDN
Nelson Mass en ré mineur, Hob. XXII : 11
Créée le 23 septembre 1798, Nelson Mass est la onzième des quatorze messes écrites par Haydn et l’une des six composées lors de la dernière période de sa vie, entre son retour de Londres en 1795 et l’arrêt de sa carrière de compositeur en 1802.
Elle est, du fait de son souffle dramatique continu, de sa sonorité spécifique et de sa tonalité sombre, en ré mineur, « la messe la plus populaire de Haydn » et l’un des ouvrages aujourd’hui considéré comme le point culminant de la composition liturgique.