Vice-président de la FNC (Fédération nationale des chasseurs), Président de la Fédération régionale des chasseurs du Centre et de la FDC 41, Hubert-Louis Vuitton a été élu président de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) le 9 novembre dernier. Il répond à nos questions sur les enjeux de sa présidence.

Magcentre.fr : pourquoi avez-vous pris la présidence de cet établissement public ?
Hubert-Louis Vuitton : J’ai accepté cette mission à la demande du Président de la FNC Willy Schraen pour la création du nouvel établissement public qui verra le jour courant 2019 en reprenant les missions de l’Agence française de la biodiversité et de l’ONCFS (1). J’ai été élu par 20 voix sur les 24. Le directeur général de cet acteur majeur de l’espace rural en faveur des espèces et de leur habitat est Olivier Thibault.
Magcentre.fr : on sait que le Gouvernement a décidé de créer un nouvel établissement public reprenant les missions de l’Agence française pour la biodiversité et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. C’est votre feuille de route ?

De g. à d. : Olivier Thibault, DG de l’ONCFS, Hubert-Louis-Vuitton, président du Conseil d’administration, Véronique Mathieu, 1ère vp et Gilbert Limandas 2e vp.
H-L V. : Oui absolument. Ma tâche sera de piloter avec mon conseil d’administration cette fusion importante qui est parallèle à la réforme de la chasse. À côté du conseil d’administration, deux commissions (technique et financière), vont travailler sur ce projet. Les deux entités, qui pèsent respectivement 1.600 et 1.200 personnes, donneront naissance à une structure dotée d’un nouveau nom. L’objectif de cette mise en commun des moyens et des compétences est d’améliorer la coordination des politiques en faveur de la biodiversité.
Magcentrefr. : quelles sont les conséquences pour les chasseurs ?
H-L V. : La nouvelle entité devrait être piloté par un CA de 20 membres dans lequel les chasseurs n’auront a priori pas la majorité. Mais la voix et la place des chasseurs existera bel et bien dans ce nouvel ensemble dont ils contribueront au financement au côté de l’État. Nous défendrons en particulier le maintien d’une police de la chasse sur l’ensemble des départements. Grâce à son travail de terrain, celle-ci est indispensable pour assurer le respect des règles et la sécurité de tous. Selon l’importance du travail, elle devrait comporter à minima une quinzaine de gardes par département.
Magcentre.fr : depuis le départ de Nicolas Hulot, la chasse française est attaquée de tous côtés. Cela menace-t-il le permis à 200 € promis par Emmanuel Macron ?
H-L V. : Il n’est pas remis en cause comme cela a pu être évoqué et sera bien mis en place pour la saison 2019-2020. Je peux vous dire que toutes les réunions FNC-Ministère vont dans le bon sens pour concrétiser la feuille de route du Président de la République. Au travers ce permis, l’idée est de favoriser le développement d’une chasse éthique et naturelle dans tous nos départements. Celle-ci participe pleinement à la création de richesse pour notre économie.
Magcentre.fr : vous êtes proche de Willy Schraen…
H-L V. : Absolument et j’en profite pour saluer son travail car il a pris des coups lors des récentes turbulences mais a su garder le cap. C’est plus que jamais l’homme de la situation pour défendre la chasse française et son évolution. Je suis ravi d’être à ses côtés pour travailler à la réforme de la FNC et sur la fusion ONCFS-AFB côté ONCFS. Avec tous les acteurs impliqués dans la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité, je vais faire en sorte que ce nouvel établissement soit une plus-value pour notre environnement mais aussi pour les 1 100 000 chasseurs que compte notre pays.
Propos recueillis par J-L. Vezon
L’ONCFS en quelques chiffres
Créé en 1972, l’Office dispose d’un budget de 120 millions d’euros pour remplir ses missions sur l’ensemble du territoire. Il compte 1.700 personnes pour remplir ses missions au service de la biodiversité dont 1.000 agents techniques de l’Environnement répartis dans les Services Départementaux et les Brigades Mobiles d’Intervention, 70 ingénieurs et techniciens, regroupés au sein de cinq C.N.E.R.A spécialisés dans un groupe d’espèces (avifaune migratrice, cervidés et sangliers, faune de montagne, petite faune sédentaire de plaine, prédateurs et animaux déprédateurs) et 25 inspecteurs du permis de chasser.
L’office est géré par un conseil d’administration appuyé par un conseil scientifique. Enfin, il gère 27 réserves de faune sauvage totalisant près de 60 000 hectares d’espaces protégés qui lui permettent à de mener études et expérimentations. Dans la région, la délégation interrégionale Centre – Ile-de-France de l’ONCFS est implantée à Orléans 13 avenue des Droits de l’Homme et possède une effectif global de 119 agents. Elle compte aussi un centre de formation à Dry.
www.oncfs.gouv.fr
L’agence française de la bio diversité :
L’Agence Française pour la biodiversité (AFB) a été créée le 1er janvier 2017 par la fusion de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), l’Atelier technique des espaces naturels (Aten), l’Agence des aires marines protégées (AAMP) et les Parcs nationaux de France (PNF). Mais elle n’a pas intégré l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), les instances dirigeantes de cet organisme ayant souhaité que l’autonomie de la filière chasse soit reconnue et préservée. Coté chiffres, l’AFB gère notamment 10 parcs nationaux et est dotée d’un budget de 255 M€. Elle compte notamment 600 inspecteurs de l’environnement qui ont diligenté 20 243 contrôles pour pollution, travaux et trafic d’espèces.
www.afbiodiversite.fr