Dans le cadre des RAMI ce duo d’improvisateurs rend un surprenant et vibrant hommage à Charles Péguy
L’un est rond et chauve, l’autre acéré et hirsute, l’un récite et déclame, l’autre triture sa guitare. Et pourtant le duo Charles Pennequin-Jean-François Pauvros fonctionne à merveille. C’est dans le cadre des RAMI que le Centre Charles Péguy accueillait ce couple hors norme qui nous emmène sur les chemins de la poésie, textuelle, vocale ou musicale. Une lecture-performance mené par Charles Pennequin, poète lui-même, grand amateur de Péguy à qui il a rendu hommage dans un ouvrage*.

Charles Pennequin cl Marie Line Bonneau
C’est à travers la lecture de son livre-hommage et des écrits de Péguy qu’il prend possession de cette poésie, pour la crier, la déclamer (y compris avec un mégaphone comme dans une manifestation de rue). Il joue avec les mots, funambule de la pensée de Péguy, gesticule, se démène pour faire partager cette « symphonie du souffle » qu’il décèle dans l’écrivain orléanais.
Artiste multiforme (il filme en GoPro ou improvise des textes sur dictaphones), il nous prend à rebours, insiste sur ce Péguy révolutionnaire et sa détestation de l’argent ( « pour a première fois dans l’histoire du monde l’argent est seul devant Dieu. Pour la première fois dans l’histoire du monde l’argent est le maître du curé comme il est le maître du philosophe. Il est le maître du pasteur comme il est le maître du rabbin. Et il est le maître du poète comme il est le maître du statuaire et du peintre ») pour réussir sa leçon de poésie.

Jean François Pauvros cl Marie Line Bonneau
Il est aidé pour cela par son compère Jean-François Pauvros, qui triture sa guitare, la maltraite dans ses improvisions, pour la pousser dans ses retranchements les plus aigus à l’aide parfois d’un archet. Tout cela donne une musique décousue, expérimentale mais qui par miracle s’harmonise parfaitement avec le texte de Péguy ou de Charles Pennequin.
De la pure poésie !
JJT
*Charles Péguy dans nos lignes . Atelier de l’Agneau, 2014