Un spectacle de poésie et de chants yiddish joué par trois maitres de la musique klezmer
Langue hier majoritaire chez les ashkénazes, ces juifs d’Europe Centrale, le yiddish n’est compris et parlé aujourd’hui que par quelques anciens ou de rares initiés. Certains pourtant perpétuent cette langue à travers la musique klezmer ou la poésie. L’exemple, heureux, nous en a été donné au Cercil dans le cadre des rencontres RAMI, ce festival Musique & Poésie.

Cl Marie Line Bonneau
Lise Amiel Gutmann, journaliste, professeure de yiddish et écrivaine est ainsi devenue maître de cérémonie pour nous faire découvrir quelques poètes anciens comme Peretz ou Manguer, des artistes plus contemporains comme Jacques Grober mais aussi des chants révolutionnaires juifs et socialistes quand on chantait alors- mais c’était avant la Shoah – que « demain le monde sera plus beau ! ».
Pour découvrir cette poésie yiddish en VO et en français Lise Amiel Gutman était entourée d’un trio de musiciens, petite partie de l’ensemble Horse Raddish qui parcours le monde pour transmettre cette musique klezmer. Michel Schick, à la clarinette Alexandre Leitao à l’accordéon et Michel Taïeb à la guitare nous ont ainsi emmené dans un voyage alternant tour à tour swing musette, rythmes profanes entrainant d’Europe centrale aux accents tziganes ou aux danses d’Émir Kusturica.

Cl Marie Line Bonneau
Envoutante mais émouvante que cette poésie textuelle et musicale qu’Hélène Mouchard-Zay a bien résumée : « une musique douloureuse mais qui donne envie de vivre ! ». Une occasion de rappeler aussi que la musique même dans les pires moments a toujours été une porte ouverte sur l’avenir. C’était vrai durant la seconde guerre mondiale, dans certains ghettos ou des camps de déportation comme ceux du Loiret d’où naitra sous la plume d’Israël Cendorf et Mendel Zemelman le « chant de Pithiviers », le « chant qui parle de liberté ! »
JTT
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