Nouvelle Calédonie: l’impensable réconciliation !

Comment imaginer, il y a trente ans, au lendemain de l’assaut de la grotte d’Ouvea, paroxysme tragique après plusieurs mois d’agitations violentes, comment imaginer que la Nouvelle Calédonie, territoire français depuis 1853, explore aujourd’hui à la face du monde entier, un modèle exemplaire de décolonisation. 

Ne pas en parler ?

Après tant de morts souvent oubliés, mélanésiens, soldats, descendants de colons ou de bagnards, était-il imaginable que la paix s’installe et que les calédoniens s’engagent sur la voie de l’autodétermination ?

Dans ce lointain territoire français, grand comme 2 fois la Corse, asile ou exil de populations si diverses, était-il imaginable qu’un destin commun s’écrive devant nous ?

Et il ne faudrait pas en parler ? Tout ça serait insignifiant ? Trop éloigné de nos préoccupations métropolitaines ?

La France du doute, agitée par les vents de la division, expérimente le « vivre ensemble » sous les tropiques et se désole de son échec dans ses cités. Quel paradoxe !

Où sont les éditorialistes émérites, les politiciens humanistes, les philosophes inspirés ? Il faut croire que la Nouvelle Calédonie reste un paradis exotique. Sans histoire, sans Histoire.

Un événement Magcentre

Le référendum du 4 novembre prochain est l’aboutissement d’un long chemin vers l’ancrage d’une citoyenneté calédonienne dans un territoire souverain… ou pas. Un destin commun ? Le résultat de cette consultation locale le dira.

MagCentre s’empare de cet événement pour créer le sien. Son projet éditorial poursuit son développement avec l’organisation de débats-conférences sur des sujets d’actualités locales ou générales. Nous souhaitons jouer pleinement notre rôle d’agitateur d’idées en proposant des rencontres favorisant le décryptage des faits de société.

La Nouvelle Calédonie, décrétée territoire à décoloniser par l’ONU, est notre premier rendez-vous.

Jeudi 25 octobre, 3 personnalités apporteront leur expertise sur ce dossier :

Jean François Merle, ancien conseiller de Michel Rocard. Il a suivi pas à pas depuis Matignon, les étapes de la réconciliation, de l’affrontement à la poignée de main.

Jean Pierre Sueur, sénateur socialiste, vice-président de la commission des lois. A ce titre, suite à une mission d’enquête en Nouvelle Calédonie, il a co-rédigé un rapport sur la préparation du referendum.

Emmanuel Kasarherou, conservateur en chef du patrimoine au musée du quai Branly. Il a dirigé de 1991 à 2011 le Centre Culturel Jean Marie Tjibaou à Nouméa. C’est un grand spécialiste de l’art Kanak.

PV

Conférence-débat jeudi 25 octobre à 18h,Centre international universitaire, rue Dupanloup (1er étage) à Orleans.Une série d’articles sera publiée dans MagCentre en amont pour éclairer cet événement.

Centre Culturel Jean Marie Tjibaou architecte Renzo Piano

Commentaires

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  1. Ils ne sont pas près d’être libres les néo-calédoniens même s’ils prennent leur indépendance.
    En admettant une souveraineté totale, les néo-zélandais et australiens vont leur sauter dessus (encouragés par Londres, je les vois bien dans le Commonwealth), les ricains rêvent d’y installer une base, et les chinois…
    S’il n’y avait pas le nickel, ils se contenteraient d’être à la remorque !

    • Je voudrais savoir si la population d’origine algérienne a encore un impact dans le melting pot calédonien. Je rappelle qu’apres la récolte kabyle de 1871, durement matée, des centaines d’Algériens furent déportés sur l’île des Pins avec les Communards. Quelques années plus tard, l’amnistie fut promulguée, mais il fut interdit aux Algériens de rentrer chez eux, à l’inverse des Communards qui purent rentrer à Paris. Beaucoup restèrent alors sur le sol calédonien et y firent souche. Ils furent appelés les Kabyles du Pacifique. Dans les années 1990, le maire de Bourail était d’origine algérienne, et à la sortie de la localité s’élevait un cimetière musulman éclatant de blancheur. Il y a une dizaine d’années une délégation de ces Kabyles du Pacifique a été reçu officiellement par le gouvernement algérien…

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