
Gérard Boulanger
Gérard Boulanger, avocat à Bordeaux, conseiller régional d’Aquitaine en charge de la culture et de la citoyenneté, qui a écrit deux ouvrages sur Maurice Papon apres avoir défendu les parties civiles contre l’ancien collaborateur, et un livre sur Mendes France, signera jeudi 24 janvier (à 18h 30) son ouvrage sur Jean Zay au théâtre d’Orléans. L’ancien ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts de Léon Blum et du Front populaire qu’il qualifie de “soldat inconnu de la République”. L’oubli qui entoure cette figure de notre pays, Boulanger la qualifie de “silencieuse affaire Dreyfus”.
Sur les persécutions de l’extrême droite orléanaise contre Jean Zay, l’ouvrage de Gérard Boulanger fourmille de détails et de documents inédits. Autre révélation: “c’est Darlan qui a organisé le piège du Massilia” affirme Boulanger qui produit à cet effet des documents dont une lettre adressée à Edouard Heriot.
Le Centre Dramatique National d’Orléans,dans le cadre de sa saison anniversaire, a inscrit plusieurs rendez-vous conçus comme un hommage à celui qui fut l’un des inspirateurs de la politique culturelle dans laquelle s’inscrivent aujourd’hui les Centres dramatiques nationaux .
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Gérard Boulanger a répondu aux questions de Magcentre sur son livre “L’affaire Jean Zay, la République assassinée”.
Gérard Boulanger des livres ont déjà été consacrés à Jean Zay, qu’y a-t-il de nouveau dans le vôtre ?
– J’ai pu avoir un accès direct aux archives familiales de ses filles à Orléans, Hélène et Catherine Zay, et j’ai fait une recherche minutieuse dans les archives de la justice militaire au Blanc. J’ai écrit un essai beaucoup plus large que ce qui a été fait jusque là sur les raisons pour lesquelles Jean Zay a été un éternel persécuté de l’extrème droite catholique orléanaise.
La raison pour laquelle il y eu une sorte de voile noir sur la vie de Jean Zay ?
– Il est certain que l’acharnement de ses adversaires politiques anti-républicains a occulté complètement la mémoire de Jean Zay. D’autres raisons existent : le fait qu’il ait été condamné par Vichy de manière odieuse, emprisonné, spolié, diffamé, et pour finir assassiné par la milice, son corps caché on ne l’a retrouvé qu’en 1948, qu’il n’appartenait à aucune famille politique majeure en France après la guerre, qui ne pouvait être considéré comme un déporté, comme un résistant alors qu’il l’a été mais pas dans un groupement ou un réseau, font que sa mémoire a été passée par perte et profit.
Vous estimez que l’extrême droite orléanaise a joué un rôle majeur dans cet occultation mémorielle ?
– Du temps où il était d’abord député en 1932, ministre en 1936, parce qu’elle l’a poursuivi d’une haine inextinguible à propos d’un écrit de jeunesse qui n’était pas destiné à être publié, qui lui a été volé et qui s’appelait le drapeau. Il s’agissait d’un pastiche pacifiste qui a été utilisé par ses adversaires comme si c’était la preuve qu’il avait écrit un manifeste anti-militariste.
– Vous réhabilitez la mémoire de Jean Zay mais le couronnement de cette réhabilitation ne consisterait-il pas dans le transfert de ses cendres au Panthéon comme le réclame un comité créé à l’initiative d’Orléanais.
Oui et en conclusion de cet ouvrage je prends position en ces termes: “Lors du 40 ème anniversaire de sa disparition, Roger-Gérard Schwartzenberg estima que le 20 juin 1944, Jean Zay entrait (…) dans le Panthéon moral de la République”. Il est grand temps de panthéoniser pour de bon ce soldat inconnu de la République”.
Propos recueilli par Christian Bidault
– “L’affaire Jean Zay, la République assassiné” chez Calmann-Lévy, 526 pages, 27 €