Sologne, forêt d’Orléans, d’autres encore, la région Centre-Val-de-Loire est réputée pour ses forêts. Elles nous sont si familières qu’on croit les connaître et pourtant elles débordent de secrets et de surprises. Une promenade en forêt permet déjà de distinguer les espèces d’arbres. Un chêne ne ressemble pas à un bouleau et un pin à un hêtre sans compter que chaque spécimen de chaque espèce est unique. Ils méritent qu’on apprenne à les distinguer et à les considérer. D’abord, s’ils possèdent un tronc c’est qu’ils veulent en imposer aux autres végétaux. N’ont-ils pas été créés pour être les plus grandes plantes du monde ? Et, pour être les plus grands ils boivent beaucoup d’eau par leurs racines.

Mais il y a mieux, beaucoup mieux à découvrir en compagnie des arbres : Savez-vous qu’ils vivent en famille, s’entraident et savent même compte ? Qu’ils sont connectés entre eux et s’envoient des messageS ? Ce n’est pas une blague Il arrive par exemple que l’un d’entre eux soit mordu par de petits coléoptères. Passé le choc, l’arbre identifie celui qui l’a grignoté et laisse sur la morsure un soupçon de salive. Puis il répand aussitôt sur la plaie un peu de liquide qui a très mauvais goût et repend alentour un parfum spécifique qui prévient ses voisins qu’ils doivent commencer à fabriquer leur sève répulsive avant l’arrivée des coléoptères.
Des êtres vivants

Arboretum des grandes bruyères ©Jean François Grossin
Les arbres respirent grâce à leurs feuilles, nul ne l’ignorait. On sait moins que comme les humains les arbres possèdent des veines. Tout leur bois en est innervé. Dans nos veines coule notre sang, dans celle des arbres de l’eau qui part des racines et remonte jusqu’à la cime.
En plein été, quand le soleil chauffe le tronc, l’arbre ne s’assèche pas car il est protégé par son écorce qui est sa peau. Si on lui arrache un morceau d’écorce, l’arbre a une plaie. Il perd de l’eau comme nous saignons. Des cicatrices se forment. L’arbre la bouche avec du bois et de l’écorce. Ni vu ni connu à part une cicatrice.
En famille

Arboretum des grandes bruyères ©Jean François Grossin
La plupart des arbres aiment la vie de famille et les arbres adultes se donnent beaucoup de mal pour avoir des bébés. Aussi fleurissent-ils en même temps et avec l’aide du vent leurs petites graines se rencontrent. Résultat les arbres forment de grandes familles avec des grands-parents, des oncles, des tantes, des cousins et des cousines. Pour se reconnaître ils se touchent les racines. Celles-ci sont comme un petit cerveau dans le sol. Elles détectent si elles sont entre arbres de la même espèce, s’il s’agit d’un membre de la famille, puis elles de s’envoient des messages et même échangent de la nourriture. Certaines racines sont centenaires, ce sont celles des aïeux
Dès qu’ils ont atteint 1 mètre, les enfants arbres vont à l’école. Ils y apprennent comment grandir droit. C’est capital : Si le tronc est tordu, son bois à l’intérieur est tout contracté et l’arbre à du mal à s’étirer pour capter la lumière nécessaire à sa croissance.
L’internet de la forêt
Pas d’ordinateur, pas de téléphone mais des connections qui passent par les champignons. Si un arbre a quelque chose à dire de très important à un autre il envoie du liquide à travers ses racines au bout des quelles un champignon a développé un réseau qui ressemble à du coton. Ces fils constituent un réseau souterrain qui permettent aux arbres de communiquer entre eux. Mais le réseau internet des champignons n’est pas gratuit. Il faut payer avec des sucreries que les arbres fabriquent avec leurs feuilles et la lumière du soleil.
Quel travail ! Aussi les arbres dorment-ils la nuit. Ils baissent un peu leurs branches et ne fabriquent pas d’oxygène. Rêvent-ils ? Ce n’est pas impossible mais à l’heure actuelle on ne le sait pas. Pour en savoir plus sur la vie et les secrets des arbres et des forêts, un petit livre tout en couleur et bien illustré sera un excellent guide : « Ecoute les arbres parler » de Peter Wohlleben à lire avant une promenade en forêt et à consulter en revenant, Une bouffée d’air pur pour toute la famille !
F.C.

« Ecoute les arbres parler », Peter Wohlleben
Jeunesse
Editions Michel Lafon
128 pages14,95 euros