Akalé Wubé sous l’Éthiopiques !

En concert à la Sardine (Orléans) vendredi soir, Akalé Wubé est aujourd’hui l’un des groupes de référence en matière de musique éthiopienne. Une musique dans la tradition africaine mais aux influences jazz, rock, funk. Leur 5e album est en préparation.  

Le quintet est sur scène à La Sardine. Effusion de sonorités au bord de la Loire. Tantôt traditionnelle, pastorale, douce et sensuelle, tantôt puissante, cuivrée, jazzy, ‘swingante’ et ‘groovante’… Elle s’inspire de toutes les influences et nous porte jusque sur les hauts plateaux…

Cette musique, qui nous vient de la corne de l’Afrique, c’est avant tout une histoire… Celle d’une dictature militaire qui arrive en Éthiopie en 1974, après le régime de Haïlé Sélassié, mettant fin à toute vie culturelle dans le pays, et d’un producteur français, Francis Falceto, qui la remet au goût du jour ! « 18 ans de couvre-feu et la musique disparaît, explique Philippe Gasnier, réalisateur. Jusqu’en 1992, où Addis Abeba renaît avec une vie nocturne possible ». C’est alors que Francis Falceto se met en quête et retrouve les bandes de cette musique des années 1960-1974 en Grèce et en fait une série de 30 CD, intitulée Éthiopiques. 

Un trentième signé Akalé Wubé, enregistré avec Girma Beyené, une des stars de la chanson éthiopienne. « Francis va le retrouver à Washington comme pompiste, et le convainc de faire le CD avec nous !, explique David Georgelet, batteur du groupe Akalé Wubé (Belle fille en éthiopien). C’est une musique universelle qui nous a tout de suite intéressés pour sa fusion de musiques différentes, ses gammes et ses rythmes. Une musique dans la tradition africaine mais qui s’inscrit aussi dans le jazz, le funk, le rock. Et pas la peine d’être africain pour reprendre le flambeau ! »

Magnifiquement apprivoisée par Akalé Wubé, cette musique éthiopienne surprend par ce qu’elle n’est pas, c’est-à-dire le cliché de la musique africaine, ultra festive, colorée et menée percussions battantes. Elle donne par exemple l’occasion d’étonnants duos d’instruments traditionnels, comme celui de la flûte (washint) et du krar (lyre) qui nous invite à suivre un berger et son bétail dans une douce ambiance pastorale. « Si cette musique n’était pas jouée en formation comme celle-là, elle serait jouée au synthé aujourd’hui ou totalement perdue », avoue Philippe Gasnier. 

En résidence au Studio de l’Ermitage à Paris, Akalé Wubé prépare un 5e CD avec la chanteuse éthiopienne, Genet Asefa. Mais en attendant, ne manquez pas si vous êtes en vacances dans le coin, leur concert cet été avec une autre légende, Marhmoud Ahmed : aux Nuits de Fourvière (22 juillet) et au Festival Fiest’A Sète (2 août).

Estelle Boutheloup

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