Jeudi soir, Jazz or Jazz accueillait dans la grande salle du théâtre deux artistes aux sonorités cubaines pour nous offrir une vraie fête avec l’apport incontournable à l’universalité du jazz de ce vent des Caraïbes…
La Dame Blanche, l’explosif phénomène cubain !
Yaite Ramos Rodriguez, alias « La Dame Blanche », se produisait jeudi 26 avril sur la scène de Jazz Or Jazz à Orléans. Sur des rythmes hip-hop, électro ou encore, reggae et nueva cumbia, elle a fait vibrer le jazz de sa voix puissante et de sa flûte traversière.

La Dame Blanche cl Marie Line Bonneau
L’ambiance y était et le son aussi ! À faire vibrer sol, sièges et tympans ! Ainsi on a dû l’entendre jusqu’à l’autre bout du monde, l’étonnante Yaite Ramos Rodriguez, alias « La Dame Blanche » ! Peut-être jusqu’à Cuba, d’où elle nous arrive même si elle vit à Paris. Étonnante cette « Dame Blanche » ? Plus que cela, phénoménal, explosive, une vraie show woman !
Avec sa casquette blanche de hip hop, sa petite robe noire courte, ses bottines montantes blanches à bouts pailletées, et son gros cigare qu’elle ne pose que pour jouer de la flûte traversière – on n’est pas cubaine pour rien ! –, la chanteuse détonne !
Son look, sa présence scénique, voire théâtrale, ses gestes et danses sexy, entraînent le public (plus de 600 personnes hier soir) sur des rythmes urbains effrénés faisant co-éxister des sonorités afro-cubains, orientales, mais aussi flamenco, reggae, frôlant parfois le rap, et classique avec sa flûte traversière que l’on n’attend vraiment pas dans ce genre de registre mais qui fonctionne étonnamment bien !
Repérée en tant que choriste dans le groupe Sergent Garcia, Yaite Ramos Rodriguez a un charisme incroyable et sa voix puissante fait l’effet d’une bombe.
On n’aime pas, on adore !
Richard Bona, aux sources de l’afro-cubain
C’est les tympans quelque peu enflammés par les décibels de la Dame Blanche, que nous retrouvons pour la suite de cette fête cubaine de Jazz or Jazz, le bassiste Richard Bona entouré de six musiciens pour un jazz latino qui mêle avec une virtuosité bluffante un classicisme afro-cubain et une inventivité musicale des plus plaisante.

Richard Bona cl Marie Line Bonneau
Car Richard Bona, d’origine camerounaise, c’est la parfaite illustration de la world music d’un musicien globe trotter qui sans rancune revient en France après en avoir été chassé pour défaut de titre de séjour, lui qui en 1995 accompagnait déjà Jacques Higelin, Didier Lockwood, Manu Dibango, Salif Keita, ou Francis Lassus… Il atterrira alors à New-York repéré par Harry Belafonte qui lui fera connaitre le tout jazz de la ville à la pomme et c’est riche de toutes ces influences qu’il nous revient ce soir à Jazz or Jazz…
Passant d’ambiances très swing, on atterrit dans un bar à siroter je ne sais quoi vers trois heures du matin au son de la trompette bouchée, avec en facétieux meneur de jeu, un Richard Bona mettant en valeur l’excellence des musiciens qui l’entourent avec de généreux solos qui touchent tous au morceau d’anthologie. Et puis Richard Bona c’est aussi une bonne dose d’humour qui donne à sa musique une joie de vivre qui confine au bonheur d’être ensemble, parce que la musique c’est aussi ça, une connivence avec le public à qui il offre une parodie rigolote de la chanson française ou une reprise seul avec sa basse “augmentée” d’un thème issu du “Voices ” de Mike Stern (merci O’Jazz).
Un concert bien rempli de plus de deux heures que le public du théâtre a applaudi debout, avant de se quitter avec une charmante berceuse façon Bona…
E.B./ G.P.

Richard Bona cl Marie Line Bonneau
Jazz or Jazz
du 24 au 28 avril 2018
et ce vendredi à 18 heures Jazz or Jazz sera en direct sur France Musique dans l’émission OPEN JAZZ d’Alex Dutilh en public (gratuit )
Théâtre d’Orléans boulevard Pierre Ségelle 45000 Orléans
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