Au final, “l’affaire Jeanne d’Arc 2018” n’aura été qu’une tempête dans le verre d’eau crasseuse des “réseaux sociaux”. La “fachosphère” avait cru dresser l’opinion contre le choix de l’association Orléans Jeanne d’Arc, de représenter l’héroïne par une jeune fille dont un des parents est d’origine béninoise. Ce fut un gros flop, malgré la déferlante médiatique qui s’en suivit. Mise en cause à son tour et insultée, Béatrice Odunlami, l’adjointe au maire, elle aussi d’origine béninoise, a porté plainte à son tour, de même que Magcentre pour détournement par la fachosphère d’une photo publiée antérieurement sur notre site de Mme Odunlami. Le 8 mai, avec en invité d’honneur le Premier ministre soi-même, Mathilde Eddey Gamassou a fait un tabac auprès des Orléanais, pas une fausse note. Quant à la plainte contre les réseaux sociaux qui ont hébergé ces insultes racistes, on attend toujours la convocation des patrons des Tweeter, Facebook et autre youtube devant le tribunal d’Orléans…
Première parution février 2018.
Le déferlement de haine raciste engendré par la désignation de Mathilde Edey Gamassou pour incarner Jeanne d’Arc a fait une autre victime, Béatrice Odunlami. Elle aussi d’origine béninoise, l’adjointe au maire d’Orléans a décidé de porter plainte auprès du procureur de la République, d’une part pour provocation à la haine raciale, d’autre part pour diffamation. Plusieurs sites de la « fachosphère », au nom de la théorie du complot ont en effet accusé Béatrice Odunlami, d’être à l’origine de la désignation de Mathilde, dont l’un des parents est d’origine béninoise, pour figurer Jeanne d’Arc en mai 2018.

La photo de Magcentre détournée frauduleusement par le site raciste.
L’un de ces sites (dont volontairement nous ne donnerons pas le nom) a commis un article titré, « l’affaire de la Jeanne d’Arc métisse était le fruit d’une conspiration menée par une négresse inféodée aux juifs ». Sous ce titre une photographie montre Béatrice Odunlami en compagnie du metteur en scène Elie Chouraqui. Cette photographie a été « extraite » sans autorisation, d’un article paru dans Magcentre en mars 2017 (*).
Insultée aussi sur YouTube
Ce site incriminé, d’inspiration nazie dépourvu de toute mention légale et édité probablement de l’étranger, est truffé de textes haineux ou l’antisémitisme le dispute au racisme mis à toutes les sauces de l’actualité. Sous la photo volée le site écrit : « Béatrice Odunlami et son excellent ami, l’ultranationaliste juif Chouraki La cabale est désormais totalement éventée. L’affaire de la « Jeanne d’Arc béninoise » était en fait le fruit d’un activisme sournois de la part d’une négresse membre du conseil municipal. Elle est par ailleurs connue pour courtiser outrageusement les juifs. C’est la métisse de nègre … ». Du lourd !
Sur son YouTbe d’artiste, Béatrice Odunlami a aussi été victime d’un commentaire la traitant de « métèque anti-France ». Elle estime sur ces attaques en général que « ces incitations à la haine sont faites pour décourager des actions d’ouverture et obliger des gens qui arrivent à discuter ensemble (droite, gauche, confessions, militaires civils) à s’affronter sur un clivage créé par ces gens qi veulent manipuler par le biais de ces actes ».
L’extrême droite bretonne même combat
A nouveau à propos de Jeanne d’Arc et d’une émission TV, Benoit Rayski, historien et chroniqueur à Atlantico affublé d’une étoile jaune rajouté sur une capture d’écran TV, est insulté sur ce même site en ces termes : « On comprend en réalité que c’est le youpin Rayski et sa tribu infernale qui ont une « boule de haine à la place du cerveau, une haine inextinguible pour la civilisation chrétienne et blanche, celle qu’ils veulent détruire pour y régner en maîtres en infectant tout de leur judaïsme de souk. ». Et tout est à l’avenant sur ce site qui, selon certaines sources, serait hébergé aux Etats-Unis.
D’autres sites du même acabit dont l’un est ouvertement d’obédience de l’extrême droite bretonne, expliquent que Béatrice Odunlami est l’adjointe au maire « en charge de la supervision des célébrations annuelles en l’honneur de jeanne d’Arc ». Et qu’elle aurait donc, selon ces thèses complotistes, magouillé pour faire désigner Mathilde. « Cette ancienne chanteuse de rap avait, dès avril 2017, expliqué vouloir faire de la pucelle d’Orléans le moyen de promouvoir le multiculturalisme ». Des insinuations diffamatoires reprises à foison sur les réseaux « sociaux » par la fachosphère.
Ce site en question avait d’ailleurs été déréférencé, il y a un an de Google, sur injonction de Gilles Clavrel, délégué interministériel contre le racisme et l’antisémitisme et ce, pour d’autres écrits.
“Force est à la loi”
Sur les faits eux-mêmes : Béatrice Odnlami ne fait pas partie du comité Orléans Jeanne d’Arc présidée par Bénédicte Baranger qui choisit la jeune fille chaque année. « J’ai affirmé mon soutien à Mathilde odieusement attaquée. Je ne veux pas donner d’audience à ces sites mais il est des horreurs qu’on ne peut pas laisser passer… Je suis une élue de la République française et je me sois de faire confiance à nos institutions. Force est à la loi. Et il faut que des jeunes, des femmes, des gens isolés pensent qu’ils peuvent aussi le faire. S’ils sont victimes d’infractions punissables par la loi », explique Béatrice Odunlami qui a donc déposé plainte vendredi auprès du procureur de la République d’Orléans Nicolas Bessone, en son nom propre, et en tant qu’adjointe au maire d’Orléans.
Faut-il préciser que de tels propos racistes s’ils étaient tenus “initialement” en France dans un organe de presse, journal papier ou site d’information comme le notre, entraîneraient ses responsables directement devant un tribunal correctionnel. Pourquoi les sites qui véhiculent de tels propos hors la loi bénéficient-ils d’une telle l’impunité ? La question de la liberté totale sur internet mérite, à minima d’être posée.
Ch.B
- Le détournement de la photo publiée dans Magcentre, montrant Béatrice Odunlami et Elie Chouraqui, illustrait un billet d’humeur signé GP (Gérard Poitou) dont le propos et le thème n’avaient bien évidemment aucun rapport, ni de près ni de loin, avec les assertions racistes et antisémites reprises par le site incriminé. De ce fait, pour atteinte à la propriété intellectuelle et pour le préjudice moral lié à l’usage à des fins racistes de ce document, Magcentre et Gérard Poitou ont déposé plainte auprès du procureur de la République d’Orléans.