Nicolas Bessone, le procureur de la République d’Orléans a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire, confiée à la sûreté départementale pour “incitation et provocation publique à la haine raciale” à la suite des injures proférées sur les réseaux sociaux à l’encontre de Mathilde Edey Gamassou, la jeune fille choisie pour incarner Jeanne d’Arc en mai 2018. “Il s’agit de propos scandaleux qui tombent sous le coup de la loi”, a expliqué le procureur.
Ces injures sont passibles de cinq ans de prison et l’enquête confiée à la Sûreté consistera d’abord à déterminer qui est derrière ces tweets courageusement anonymes, comme la plupart de ceux expédiés par la “fachosphère”.
“En la matière le parquet sera vigilant”, indique Nicolas Bessone qui veut donc faire un exemple car de multiples autres messages scandaleux ont été postés sur les réseaux sociaux à propos de la Jeanne 2018, une jeune femme métisse dont un des parents est d’origine béninoise. Le réseau Twitter sera sollicité pour connaître les comptes originaires de ces messages hors la loi.
Quel responsabilité des réseaux sociaux ?

Nicolas Bessone procureur de la République.
La question est de savoir aussi quelle sera l’attitude de la justice vis à vis de l’hébergeur de ces messages, Twitter mais aussi Facebook, ces réseaux qui ont laissé passer sans vergogne ces propos délictueux, sans les “modérer” comme ils en laissent passer des milliers par jour en bénéficiant de la plus parfaite impunité. Ces réseaux qui sont, de facto des médias, ne tombent pas en effet sous le régime de la loi sur la presse, avec des “directeurs de publication” installés en Californie, et c’est bien là tout le problème.
Une autre enquête a été ouverte ce derniers temps à l’encontre de message injurieux contre la veuve du préfet Claude Érignac. Mais pour ces deux affaires qui concernent des personnes au cœur de l’actualité, combien de milliers d’injures racistes ou pas, de propos diffamatoires sur les réseaux sociaux et qui restent impunis ?
Ch.B