Créée en 2009, soutenue par la région Centre, l’association Centraider œuvre pour la coopération internationale, favorisant les échanges entre jeunes. Et dispose depuis octobre une maison d’accueil dédiée à Saint-Jean-de-la-Ruelle.

Hassane, Josi et Anne le Bihan.
« J’avais des doutes : est-ce que je suis capable de me débrouiller toute seule dans un pays étranger pendant 10 mois ? Est-ce que la mission va me plaire ? Comment est-ce que je vais gérer l’éloignement de mes proches, mon budget, le ménage ? Parfois, l’idée me semblait folle. Mais c’est comme ça quand on se lance dans une aventure. Et c’est ce que j’ai fait. Cela fait deux mois que je suis arrivée en France, à Orléans, dans ma structure d’accueil et dans mon appartement. Et je n’arrive pas à croire combien ma vie a changé pendant ces deux mois… ». Ainsi s’exprimait le 7 novembre dernier Carine, une jeune allemande, sur le blog dédié de l’association Centraider (1), pour raconter son expérience de coopération internationale, deux mois après avoir obtenu son appartement au Crous pour assurer son emploi au Centre régional d’information jeunesse. Un témoignage qui pourrait être celui de la plupart des jeunes accueillis chaque année en Région Centre Val de Loire par ce système de coopération internationale, et 16 actuellement. Mais pas tous accueillis de la même façon.
Faire la promotion des services civiques

Hassane.
Hassane, un béninois de 24 ans, licencié en sciences politique, et parlant très bien français, profite d’une structure toute nouvelle, et unique dans la région, la Maison des volontaires européens et internationaux, ouverte à Saint Jean de la Ruelle… dans les locaux de l’ancienne caserne des sapeurs-pompiers. Une structure où il réside avec deux autres volontaires, Josi, une jeune allemande de 19 ans, et Hatim, un marocain de 21 ans. Tous ces volontaires travaillent pour une collectivité, telle Josi en mairie de Saint-Jean-de-la-Ruelle, ou pour une association, comme Hatim au centre social de Saint-Jean-de-Braye. Hassan, lui, est directement concerné par Centre Aider, puisqu’il y est employé comme coordonnateur, sous la tutelle directe d’Anne le Bihan, basée sur Orléans, coordonnatrice « mobilité européenne et internationale ».
« Dans le cadre de ma mission du service international au sein de Centraider, ma mission principale est la promotion du service civique dans la région. J’ai rencontré beaucoup d’acteurs, tels le président du Conseil régional et ses vice-présidents, des maires, un conseiller diplomatique du MEAE, des présidents d’associations, ce qui m’a encore plus motivé », écrivait-il un peu plus de deux mois après son arrivée, sur le même blog.
Découverte de l’Europe
Dans les locaux stéoruellans, la vie s’organise facilement. « C’est même plus confortable qu’au Crous, car outre les chambres individuelles, il y a des lieux distincts pour la lingerie et surtout une cuisine qui fait salle commune, et qui favorise les échanges », explique Anne le Bihan, en présentant les lieux. « Les locaux pourraient permettre de disposer de trois chambres supplémentaires…mais avec des aménagements qui semblent assez compliqués à réaliser ».

Anne Le Bihan.
Alors, comment se passe la vie en France ? À la différence de Josi qui, en tant que citoyenne européenne, peut rester en France sans limite de durée, Hassan sait qu’il ne peut vivre chez nous que pendant les 8 mois de la durée de son contrat. Il doit donc en profiter pour découvrir le pays, et notre mode de vie, de façon presque intensive. Sa vie quotidienne ? « Tout se passe à merveille, à part l’arrivée de l’hiver qui s’annonce : il fait trop froid. Avec les autres amis volontaires comme moi, on fait ensemble les courses et je n’ai pas trop de soucis en matière d’alimentation car il y a des magasins africains où l’on vend tous les produits africains… ces derniers temps, mes parents et mes amis me manquent énormément. J’ai vraiment envie de rester sous l’arbre avec mes amis, ce qui n’est pas évident ici en Europe » écrivait-il encore en décembre dernier.
Depuis, avec d’autres volontaires, ils ont pu voyager un peu, et notamment aller à Paris, allant de surprises en surprises. « Je ne pensait pas qu’il y avait autant de communautés différentes, même à Orléans. Autant de personnes d’origine africaine, par exemple. Mais, surtout, il y a deux choses qui m’ont choqué : que l’on puisse voir un tel niveau de vie, et en même temps des personnes qui vivent sous des tentes, à Paris, parce qu’ils n’ont pas de logement. Et aussi, après les manifestations des personnes travaillant dans les établissements pour personnes âgées, que la France se comporte ainsi avec les anciens ».
Un beau témoignage, qui met le doigt effectivement sur une vision totalement différente dans le rapport aux générations entre notre culture et la leur. D’où la nécessité de tels échanges internationaux. En attendant avec impatience le retour des jeunes de la région qui sont partis dans d’autres pays d’Europe, mais pas seulement. Tels Mathis, en république Tchèque, ou Lusine, en Allemagne, par exemple, pour d’autres histoires internationales qui ne peuvent qu’apporter à tous, et pas seulement à de jeunes volontaires épris d’aventures…
Jean-Luc Bouland.
(1) : Plus d’information sur http://www.histoires-internationales.net et sur : http://www.centraider.org .