Angélique Foucault, une photographe animalière dans un monde d’hommes

Elle fait fi des remarques sexistes et machistes de la gent masculine. Poussée par sa passion de toujours, Angélique Foucault est l’une des rares femmes photographes animalières de la région. Avec Rencontres sur mon chemin en Sologne…, elle signe son premier ouvrage, bousculant les préjugés et sautant à pieds joints dans un univers plutôt masculin. Un beau livre à découvrir en « billebaude ».

Depuis l’enfance, Angélique Foucault voue une profonde admiration pour le roi des cervidé. ©Angélique_Foucault

La photo animalière, une affaire de ‘chasse gardée’ ? À écouter Angélique Foucault, oui ! « Il faut se battre pour dire que ce sont ses photos ! Lors d’une exposition au Décathlon de Romorantin, on m’a dit ‘Ah vous vendez le livre de Laurent Charbonnier !’, Eh non, c’est le mien ! ». Il est vrai qu’en matière de photographie animalière le grand public est plutôt habitué aux grandes signatures que leurs vendent les têtes de gondole des enseignes culturelles comme Hellio & Van Ingen, Laurent Charbonnier (également réalisateur de films animaliers), Yann Arthus Bertrand, Vincent Munier (photographies en conditions extrêmes), Laurent Baheux (spécialiste de la grande faune africaine) ou encore Laurent Ballesta (biologiste et photographe sous-marin)… et localement, aux ouvrages plus confidentiels mais tout aussi méritants des Christian Beaudin, Laurent Bossay, Thierry Lebert, Patrick Antzamidakis, Cyrille Delorme ou encore feu Jean-Paul Grossin, et d’autres encore… En tout cas, vous l’aurez compris pas de femmes ou si peu mises en avant qu’on ne les voit pas, pas même les moteurs de recherche sur Internet !

Une pause pipi et une belle photo

« Pourtant la photographie animalière s’ouvre aux femmes mais elles sont rares et méconnues », assure Angélique Foucault. Aussi l’éditeur régional, Les Éditions Le Bakh,, a choisi de donner sa chance à cette aide-soignante en réanimation au CHRU de Tours, en éditant son premier ouvrage Rencontres sur mon chemin en Sologne… Passionnée de photographie depuis l’enfance, Angélique Foucault va forger son regard aux côté d’un père chasseur mais aussi de ses grands-parents avec lesquels elle suivait l’Équipage du Berry à Saint-Aignan-sur-Cher pendant les vacances.

Le temps pour elle d’inoubliables observations qui conditionneront son déclic pour la photo animalière et marqueront son amour pour le cerf, « animal emblématique, animal royal de la Sologne, élégant, fascinant par le renouveau de sa ramure ! » auquel s’ajoutent d’autres espèces fétiches « le circaète Jean-le-Blanc, le balbuzard pêcheur, le martin-pêcheur ou encore le guêpier d’Europe ».

Happée par le rythme de la vie, ce n’est que depuis 5 ans qu’Angélique se consacre pleinement à la photographie animalière, arpentant les chemins communaux non grillagés en billebaude ou pratiquant l’affût en Sologne et en Brenne. « Le but de ce livre est de faire découvrir et partager la Sologne à ceux qui ne la connaissent pas ou croient la connaître, à travers des espèces emblématiques, migratrices ou peu connues comme la huppe fasciée, le busard des roseaux, le renard… ».

Autant d’instants immortalisés parfois au prix de longues attentes au raz des fougères, sur un ponton venté, dans la lumière rasante d’une clairière ou la froidure d’un étang, mais aussi grâce à d’inattendues anecdotes : « Je découvre un cerf couché tout près de moi en allant au petit coin, se souvient Angélique Foucault. Je me gare en voiture et surprise, j’assiste à la naissance d’un faon ! J’attends le balbuzard pêcheur qui ne vient pas et au moment où je m’apprête à partir trois cerfs entrent dans l’eau se dirigeant droit devant moi : je découvre que je suis dans leur coulée ! »

Vous n’avez pas du repassage ?

Ces jours-là, Angélique a fait de belles rencontres mais ce n’est pas toujours le cas : « Un jour, sur un chemin communal, un garde-chasse m’a tenu des propos machos en me disant ‘ce n’est pas un lieu pour une femme ici, vous n’avez pas du repassage à faire plutôt ?’ Il y en a d’autres qui vont vous faire des remarques sur votre matériel par jalousie… Et puis il y a des chasseurs qui disent ‘enfin une femme !’ » Une femme qui apporte un autre regard, une autre sensibilité artistique que les photographes hommes n’ont peut-être pas tous ? « Je vais plus m’attacher au détail, à l’environnement, à l’ambiance, à la splendeur de l’animal, laisser la vie d’un instant dans une photo… ». 

Un travail photographique, une expérience et des connaissances faunistiques qui auront permis en tous cas à Angélique Foucault il y a 4 ans d’être retenue pour participer à l’identification des cerfs à Chambord : « Habituellement, on ne prend que des hommes. Sur 15 personnes, j’étais la seule femme ! ». Comme quoi… !

Estelle Boutheloup

Rencontres sur mon chemin en Sologne…
Photographies de Angélique Foucault.
Éditions Le Bakh-Origine Sologne. 104 pages. 49 €.

Commentaires

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  1. Je suis Angélique “marquise de la photo animalière” depuis quelques années.Et je suis follement amoureux de ses images.

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