Le livre d’heures, très prisé au Moyen-Age, est un livre liturgique destiné aux fidèles catholiques laïques à la différence du bréviaire réservé aux clercs. Il permet de suivre les prières heure après heure dans la journée. Tous ne sont pas enluminés même si beaucoup le sont surtout s’ils appartiennent à de grands seigneurs à plus forte raison à une famille royale.
François Ier ne fut pas qu’un grand bâtisseur, il avait du goût pour les arts en général et, poète à l’occasion, il aimait les livres. Son livre d’heures dont il ne se séparait pas même lorsqu’il chassait en Val de Loire est un véritable bijou. Petit (6x8cm) celui-ci possède une reliure en or émaillé garnie de rubis, de turquoises et de deux intailles en cornaline ovales représentant la Crucifixion et la Vierge à l’ l’Enfant. Il est accompagné de son signet ou marque- page sculpté figurant le Christ à la colonne. Entièrement manuscrit il comprend seize peintures en pleine page, trois petites et de nombreuses lettres ornées. Ce travail témoigne de l’intérêt que ce Valois très attiré par la Renaissance italienne portait à à l’art flamand
A sa mort le roi lègue cet ouvrage à sa nièce, Jeanne d’Albret, reine de Navarre et mère d’Henri IV. Ce précieux livre est signalé au château de Pau dès 1561. Pendant la minorité de Louis XIV, Mazarin s’en empare puis on perd sa trace bien qu’il échappe aux destructions révolutionnaires. Au XIX ème siècle il réapparait dans les collections de la branche anglaise des Rothschild qui le revend à une grand famille d’antiquaires londoniens les Phillip. Ceux-ci désirent maintenant s’en séparer : mise à prix 7,8 millions de livres soit 10 millions d’euros. Une paille !
L’Etat fait appel au mécénat
Ce livre d’heures déclaré trésor national par le ministère de la Culture doit rentrer en France. Il est temps que l’anomalie anglaise disparaisse. Certes l’argent manque à l’Etat français aussi en appelle-t-il au mécénat depuis le 22 septembre. 5 millions d’euros ont déjà été réunis mais il en manque autant.
Le 22 novembre, le Louvre organise une conférence de Philippe Malgouyres, conservateur au département des Objets d’art du musée pour évoquer cet exceptionnel ouvrage que le monarque acquit en 1538. A cette occasion le livre sera présenté en video
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