Les Brigades internationales : de la guerre d’Espagne à la Résistance au musée de Lorris (45)

Claire Rol-Tanguy cl CD Loiret

Inaugurée ce jeudi 13 juillet en présence de Claire Rol-Tanguy, la fille du colonel Rol-Tanguy chef des FFI de Paris en aout 1944 et ancien des brigades internationales, cette exposition proposée au Musée de la Résistance intitulée “Levés avant le jour, les Brigades internationales : de la guerre d’Espagne à la Résistance” retrace en vingt panneaux, simples et didactiques, ce que fut la guerre civile espagnole dans le destin tragique de l’Europe des années trente.

Et cette courte exposition, est lourde de sens en nous rappelant l’incroyable lâcheté qui conduisit les gouvernements anglais (Chamberlain) et français (Dalladier) à refuser d’intervenir pour soutenir un gouvernement républicain élu démocratiquement face à un coup d’état militaire fasciste, soutenu par l’Italie et l’Allemagne, Allemagne qui se livra à cette occasion à une véritable préparation de son armée, alors que le traité de Versailles de 1920*, lui interdisait de posséder chars et avions: le bombardement des civils de Guernica en 1938 sera répété tout au long de la guerre qui suivra l’écrasement des républicains espagnols.

“Un jour peut-être nous comprendrons que ce peuple [espagnol] souffrait et mourrait pour nous. Dieu veuille que nous ne retrouvions pas leurs morts à l’endroit même où il faudra enterrer les nôtres.”
François Mauriac in “L’Espagne envahie”, un an de non-intervention 1938

L’exposition nous montre comment une mobilisation très large va conduire plus de 35.000 combattant(e)s, artistes, intellectuels et ouvriers à s’engager au coté des républicains espagnols pour tenter vainement de détourner le cours inexorable d’une histoire dont on connait l’issue… Cet incroyable élan de solidarité n’empêchera pas malheureusement la défaite et l’arrivée en 1939 de plus de 450.000 réfugiés espagnols dans des conditions humanitaires épouvantables aux frontières de la France bientôt en guerre.

Mais ce que l’on connait moins et nous fait découvrir cette exposition historique, c’est le rôle essentiel dans la résistance à l’occupation allemande que prendront, tant les anciens brigadistes dans tous les pays d’Europe, que les combattants républicains réfugiés en France qui paieront un lourd tribu, pourchassés et déportés par la Gestapo. Combattants aguerris, ils seront le fer de lance d’une résistance combattante, comme nous l’explique cette exposition avec l’exemple du colonel Henri Rol-Tanguy, communiste et ancien des Brigades Internationales, qui, après des années de clandestinité, organisa à la tête des FFI, le soulèvement et la libération de Paris en aout 1944.

Un seul regret: que le plus illustre des réfugiés espagnols du Loiret, Jose Cardona, anarchiste, maire et conseiller général, ne fut plus là pour témoigner devant l’histoire…

GP

*A voir à l’entrée du musée de la Résistance.

« Levés avant le jour, les Brigades internationales, de la guerre d’Espagne à la Résistance »

Du 14 juillet au 31 août puis les 16 et 17 septembre. De 10h à 12h et de 14h à 18h

Musée départemental de la Résistance et de la Déportation de Lorris
Esplanade Charles de Gaulle 45230 Lorris 02 38 94 84 19

Commentaires

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  1. Et ce que l’on connaît encore moins c’est que ces combattants de la “Nueve” étaient principalement des militants anarchistes.
    Amado Granell, ancien officier de la Colonne Durruti (célèbre division anarchiste qui c’est illustrée durant la guerre d’Espagne) et lieutenant dans la “Nueve”, est le représentant des “libérateurs” de Paris le 24 août 1944 qui sera reçu à l’Hôtel de ville par les membres du Conseil national de la résistance (CNR).
    Le journal “Libération” du 25 aout 1944 (l’un des principaux quotidien de la libération, de sensibilité socialiste et communiste) réécrira l’histoire en titrant en première page “Ils sont arrivés !” avec en sous-titre “Le capitaine Drone… est le premier français qui arriva à l’hôtel de ville”. avec en photo d’Amado Granell félicité par le Préfet de police à l’Hôtel de ville indiquant seulement, sans dire son nom, qu’il est officier de la division Leclerc (dont la “Nueve” est l’un des bataillons).
    Plus récemment, le 25 août 2012, lors d”une commémoration publique de la libération devant l’Hôtel de ville de Paris, le Préfet de police fit arrêter une vingtaine de militants anarchistes, parmi ceux qui étaient venu rendre hommage à leurs camarades avec leurs drapeaux, pour attroupement illégal.

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