La sixième extinction de masse des animaux s’accélère !
Forcément le rapport que viennent de publier les scientifiques concernant le déclin de la biodiversité mondiale ne peut que faire écho à Orléans, première ville de France à se doter d’un muséum d’histoire naturelle entièrement consacré à cette thématique et intitulé le MOBE (Muséum d’Orléans pour la Biodiversité et l’Environnement).
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Dans une étude publiée lundi 10 juillet par les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs d’universités américaine et mexicaine évoquent la menace d’un « anéantissement biologique », après avoir analysé les évolutions des populations de plus de 27 000 espèces de vertébrés terrestres, soit la moitié des mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens connus. Ces espèces, concluent-ils, reculent massivement, à la fois en nombre d’animaux et en étendue.”
Le Monde du 12 juillet 2017
Pourtant ce rapport alarmant qui compare la situation pour les espèces vivantes sur notre planète à celle de la disparition des dinosaures oublie un domaine où l’extinction d’espèces est allé bon train ces derniers temps: la biodiversité politique qui a vu s’éteindre elle aussi quelques autres espèces de dinosaures.
“Mais où sont passés nos sénateurs d’antan?”
Sous le coup d’une sévère sélection naturelle induite par la loi sur le non cumul, tous les députés-maires, sénateurs-maires et autres titres à rallonge, qui nous épataient par leur don d’ubiquité ont disparu soudainement, laissant un grand vide dans le paysages de nos collectivités territoriales: fini ces appellations fleurant bon la troisième république, fini la carrière de ces pèlerins qui montaient à la capitale pour défendre leur territoire bec et ongle, pour obtenir, qui le passage du train puis le tracé de l’autoroute ou, qui la construction d’une Arena avec plus ou moins de succès.
Et puis, tel le réchauffement climatique, le “dégagisme” a sévi dans le marigot politique, accélérant un peu plus la disparition de ces barons collectionnant les mandats successifs au fil des élections, baronnie que l’on pouvait même s’échanger sur le mode:” je te passe mon agglo, si tu me files ta circo !”. Et même l’espace vital de ces espèces, avec ces tribunes pour réunions soporifiques où l’on convainquait les convaincus que furent les partis politiques en totale déliquescence, se réduit aujourd’hui comme peau de chagrin.
La subite réduction de cette biodiversité nous laisse au final qu’une seule variété de femmes et d’hommes politiques moutonnants, un peu tous sur le même moule, au point que l’on s’interroge à juste titre sur l’utilité d’en élire tant, tous aussi ressemblant les uns que les autres dans leur démarche hésitante…
Et cruauté de la politique, cette disparition rapide n’a pas épargné le promoteur orléanais du futur MOBE, lieu destiné à illustrer les menaces qui pèsent sur l’indispensable biodiversité, et où, tel ce dodo empaillé présenté au museum d’Orléans il y a quelques années, pauvre volatile sans aile exterminé à l’ile Bourbon, on pourra peut-être admirer quelques spécimens politiques disparus.
GP