Quiconque prend régulièrement le train savait déjà que la SNCF était inouïe, qu’il s’agisse des grèves, des « retards de mise à quai » dans une gare d’Austerlitz au trafic réduit en milieu d’après-midi ; des amendes décrétées par un contrôleur parce que l’on est dans le 16h26 au lieu du 15h26 alors que le tarif est le même ; ou encore des billets de retards distribués en gare des Aubrais en raison d‘un retard de 50 minutes à l’arrivée que l’on envoie dans l’enveloppe prévue à cet effet avec son justificatif de voyage et qui vous vaut en retour une lettre expliquant que vous n’aurez aucun remboursement, la chute de caténaire sur la voie étant indépendante de la volonté de la SNCF – on l’espère bien !
Gérard Hocmard
Et ne parlons pas des recherches de billet sur Internet, où vous sont proposés des Paris-Orléans via Saint-Pierre-des-Corps ou des trajets Les Aubrais-Cahors via Tours, Bordeaux (tiens, tiens !), Toulouse et Montauban, pour le plus grand bénéfice évidemment de la SNCF et en dépit de tout bon sens.

On ne connaît pas encore tous les détails, mais on nous assure que le changement va être décoiffant, avec aménagements nouveaux et contrôleurs et contrôleuses recyclés en stewards et hôtesses (chargés comme dans les avions de veiller aussi sur notre pépie ?). On espère que le changement affectera aussi les horaires et la régularité des trains, sans oser envisager que cela sonne la fin des prises d’otages des usagers par les grévistes patentés. Peut-être même verra-t-on, puisque l’on en est aux changements sémantiques, lesdits usagers rebaptisés « clients » et traités comme tels.
La SNCF devait il y a quelques années « nous faire aimer le train ». Elle nous aura surtout fait découvrir et aimer Blablacar.
PS : À partir de 21h, faudra-t-il parler d’ « Inuits » ?