
La nouvelle affichette annonçant un retard des travaux. La mention “condamner une nouvelle fois cette porte” n’est pas tout à fait exacte : elle n’a pas été rouverte depuis fin 2016.
Blois, maison close ? C’est ce qu’on pourrait penser en voyant la gare SNCF, rebaptisée il y a quelques années “Blois-Chambord” à l’issue, on s’en souvient, d’un travail de lobbying appuyé du président d’Agglopolys Christophe Degruelle auprès du président de la SNCF Guillaume Pépy.
Ça avait plutôt bien fonctionné d’ailleurs, malgré les vents contraires : changer de nom était “difficile, il faut changer tous les algorithmes des logiciels, du site Internet de réservation” et bla bla bla, avait-il dit à l’époque. Bref, il avait fini par obtenir gain de cause, et la gare changea de patronyme.
Il faut croire que les temps ont changé. La puissance et la force de frappe des élus blésois n’est plus ce qu’elle était. La porte de la gare de Blois reste désespérément flanquée d’une inélégante plaque de contre-plaqué fermant son passage, depuis fin novembre 2016 – six mois donc – suite à des dégradations répétées. MagCentre a suivi le feuilleton de la supposée réparation, du projet de mise en place d’une grille de protection nocturne, etc. Le service communication de la direction régionale SNCF – avec l’aval du très sourcilleux Architecte des bâtiments de France – nous avait dit : “mais si, mais si, ça sera réparé le 15 mai, on a tout, les travaux vont commencer !”. Puis ce fut le 30 mai. Et maintenant le 7 juin… Une affichette l’indique sur la planche qui bouche le passage des usagers quotidiens et surtout des touristes venus en nombre visiter ce joli coin de France, malgré là aussi les embûches liées à l’arrêt du trafic SNCF sur la ligne Paris-Tours les week-ends du 8 Mai de l’Ascension et de Pentecôte.
À ce sujet, le maire de Blois – très en verve épistolaire actuellement – a écrit au président de la SNCF Guillaume Pépy, pour faire remarquer que l’arrêt de circulation des trains les week-ends de pont en mai et juin, ça n’était pas très sympa pour le développement touristique de Blois et ses environs. On ne sait si Guillaume Pépy – qui vient de lancer “In-Oui”, le nouveau nom des TGV – a répondu à l’édile blésois qui passe ses vacances près de la Méditerranée et n’y va probablement pas par le train, ni même s’il a accusé réception… Peut-être pourrait-il profiter de son inspiration scripturaire, à l’aide de son cabinet, pour écrire désormais au directeur de SNCF “Gares et connexions”, dans le camp de qui la balle est désormais concernant ces fameux travaux de porte ? Qui sait si l’Office de Tourisme, impacté lui aussi par cette affaire, ne pourrait pas tenir un peu le stylo à l’aide de quelques prestataires locaux ? Le président d’Agglopolys Christophe Degruelle, très en colère lundi soir contre cette porte toujours close, nous a indiqué qu’il lui avait “envoyé un mail. Mais il ne m’a pas répondu”. Ah bon ? Comme c’est étonnant…
En décembre 2011, on s’en souvient aussi – fichue mémoire ! – lors d’une soirée frisquette, les élus de l’agglomération de Blois, toutes écharpes de maires dehors, étaient descendus sur les voies pour protester contre les horaires du nouveau cadencement, décidé par la SNCF. Une association était née de cette protestation : Blois-Paris Illico, qui militait pour des trains directs Blois-Paris. À l’époque, cela semble si loin désormais, les élus et prestataires touristiques avaient su se mobiliser pour obtenir gain de cause, ou peu s’en faut. S’ils n’ont pas déplacé des montagnes, ils ont fait bouger les trains, ce qui n’est déjà pas si mal. Et c’est désormais une simple planche en contre-plaqué qui les entrave ? Comme dit ma gardienne d’immeuble : “on va droit dans l’mur, enfin j’veux dire la porte !”. La République est paraît-il “en marche”, mais Blois demeure une porte close…
F.S.
Actualisation le 1er juin 2017 : une nouvelle affichette a été posée sur la fameuse porte, aujourd’hui 1
er juin. Elle annonce désormais une
“fin d’intervention le 28 juin”. Mais elle n’est pas exacte dans la raison de ce n-ième report de réparation : n’ayant jamais été rouverte, elle n’a pu faire l’objet d’un
“nouvel acte de malveillance”. Rappelons qu’il s’agit “simplement” désormais de poser une grille sur enrouleur qui permettra de protéger la porte automatique vitrée lors de la fermeture de la gare, essentiellement la nuit. Si l’on en croit les services municipaux de Blois, l’Architecte des bâtiments de France a bien donné son accord ; la mairie de Blois a donné l’autorisation de conduite les travaux. Tous les feux sont au vert donc, sauf à la SNCF “Gares et Connexions”. Le service communication de la Direction régionale reste muet à nos demandes de précisions.