Ce mercredi soir la réunion du comité d’Orléans de la République en Marche risque d’être animée. En effet, Benoit Lonceint l’a redit devant la presse en fin de matinée, il se présentera aux élections législatives sur le deuxième circonscription du Loiret. Avec l’étiquette “majorité présidentielle”, sans l’investiture nationale, et il le revendique avec conviction: “je ne suis pas le candidat dissident”.
Pour le chef d’entreprise qui dirige le groupe Burger king-Quick sur le Loiret et l’Eure-et-Loir, six établissements et 300 salariés, sa candidature “allait de soi”. Dès lors qu’Emmanuel Constantin, le candidat initial finalement déclaré inéligible pour n’avoir pas “pris ses précautions” en “vérifiant la validité de sa candidature”, n’était plus dans la course, ce dernier aurait du se retourner vers Benoit Lonceint. Par sa négligence, il considère même que la candidature d’Emmanuel Constantin “a empêché” la sienne. Deux patrons dans le Loiret candidats de REM cela ne faisait-il pas un peu trop?
Une suppléante non élue n’est pas légitime
Benoit Lonceint reprend la chronologie des faits: “en sortant de chez le préfet lundi, qui lui a fait part de son inéligibilité, Emmanuel Constantin m’a téléphoné en me disant “la Commission d’investiture va t’appeler”. Or “le soir même”, poursuit-il,”c’est le nom de Caroline Janvier qui est apparu sur le site internet de la République en Marche”. N’était-elle pas légitime en étant la suppléante d’Emmanuel Constantin à se présenter? “Une suppléante est légitime lorsque le candidat est élu, pas avant“, répond Benoit Lonceint, monté En Marche dès le mois de janvier, qui a proposé sa candidature dès le départ et qui dit aujourd’hui, “nous nous sommes privés de démarrer la campagne dans de bonnes conditions… Le jeu des chaises musicales, ce sont de vieilles pratiques politiques, ce n’est pas pour ça que j’ai adhéré à En Marche”.
Engagé auprès de Ségolène il y a dix ans
Il se présente comme “une homme intègre, honnête et respectueux”, et considère que sa candidature “sera déterminante face au sortant”. Sur Emmanuel Macron, lui le patron catalogué “à gauche” qui a été maire de Sully-la-Chapelle, “une petite commune où 90% des décisions se prennent majorité-opposition unies”, et qui fut président de l’UDEL (Union des entreprises du Loiret) de 2012 à 2016, il dit: “c’est la première fois que je découvre une personnalité qui s’adresse au monde économique”. Son seul engagement politique précédent, sur lequel il ne s’étend pas trop, fut à “Désir d’avenir”, il y a dix ans, le mouvement de Ségolène Royal.
Le jeu de Serge Grouard?
Fait-il le jeu du sortant Serge Grouard en déposant sa candidature qui va éparpiller les voix de la “majorité présidentielle”? Ce sortant, Serge Grouard il ne l’épargne pas, même s’il précise d’emblée: “Mon objectif numéro 1 c’est de battre le Front national… Nous sommes des Républicains, pas eux”. Contrairement à l’ancien maire d’Orléans, Benoit Lonceint dit qu’il “n’a pas vécu de la politique, j’ai pris des risques dans ma vie.”
Lui député ne “fera pas travailler quelqu’un de sa famille”. Tout en reconnaissant que l’ancien maire a fait changer la ville, il lui reproche d’être “député depuis quinze ans et candidat à l’être durant vingt ans”. Favorable à limiter les Parlementaires à deux mandats, il considère qu’Olivier Carré (le maire d’Orléans) a “fait le bon choix”, en privilégiant la métropole après deux mandats. Enfin, il rappelle que Serge Grouard est un proche de François Fillon et que les électeurs à la Présidentielle ont dit “à ces gens là vous devez quitter la scène politique”.
Reste la légitimé de sa candidature par rapport à celle de Caroline Janvier investie par REM. .”Comment imaginer que l’on présente une candidate, investie suppléante depuis peu de temps? Est-ce qu’en faisant cela on ne cherche pas à favoriser Serge Grouard, le sortant?” Benoit Lonceint le revendique, “la seule candidature légitime c’est la mienne”.
Un problème de parité

Lors d’une réunion d’En Marche avec Marcel Gaucher.
Si l’on comprend bien le récit de Benoit Lonceint, le plan B, Caroline Janvier, n’a pas été décidé à Orléans mais bien à Paris. Or, il semble bien que la Commission d’investiture lors de la deuxième vague manquait d’une dizaine de femmes pour respecter la parité sur les 577 candidats… Est-ce que le choix de Caroline Janvier ne s’expliquerait pas par ce problème de parité?
Plutôt que de présenter deux candidats estampillés “majorité présidentielle”, n’y aurait-il pas un compromis à trouver, en constituant un ticket Lonceint-Janvier par exemple? Il n’y est pas hostile et il se refuse à être “une bulle médiatique” comme on l’a dit d’Emmanuel Macron (“et on a vu le résultat”), et sûrement pas non plus “un candidat anecdotique”.
Ch.B