L’usage voulait que les Présidents de la République viennent une fois au cours de leur mandat honorer de leur présence les Fêtes de Jeanne d’Arc à Orléans. Certains avaient imposé leur tempo en ralentissant la marche du cortège pour serre des mains, d’autres leurs caprices en quittant le défilé en cours de route. Mais au moins ils étaient venus. Les deux précédents n’ont pas eu cette courtoisie et n’ont pas daigné prendre le chemin d’Orléans et quant au nouvel élu, déjà venu, on peut douter qu’il revienne une seconde fois, vu le nombre de chats qu’il lui reste à fouetter.
Personne, en revanche, ne s’était jusqu’ici désisté à quelques jours de sa venue comme vient de le faire, assez inélégamment, Jean-Louis Borloo, par SMS. Serait-ce parce qu’il se sait déjà appelé à d’augustes fonctions et qu’il éprouve le besoin de préparer sa rentrée politique comme un écolier qui vérifie le contenu de sa trousse à la veille du grand jour ? Faut-il interpréter comme autant de signes son absence des écrans lors de la soirée des résultats et même son mutisme quand tous les ténors des partis, même démonétisés, y allaient de leurs commentaires en courant d’une chaîne à l’autre ?
Tant pis pour lui en tout cas. Sa défection est au bout du compte un cadeau fait aux habitants de la nouvelle métropole en leur donnant la possibilité de célébrer entre eux et hors de toute récupération politique éventuelle l’anniversaire de la délivrance, de perpétuer le vœu de la ville libérée ce 8 mai 1429 et de se rassembler autour de Jeanne… entre Guêpins seulement, pour une fois.
Gérard Hocmard.