Est-ce bon signe? La permanence qu’a inaugurée récemment Alexandrine Leclerc (UDI) à Orléans est un ancien magasin de vêtements. Au fond, à deux pas de la place du Martroi, on y voit encore des cabines d’essayage qui ressemblent à s’y méprendre à des isoloirs. Ce n’est pas pour autant que la vice-présidente départemental et adjointe au maire d’Orléans, redoute de prendre une veste.

Alexandrine Leclerc et sa suppléante, Valérie Martin.
La candidate investie par LR et l’UDI, dans le grand redécoupage politique qui se prépare plus ou moins en coulisse, reste pour l’instant sur sa position. D’ailleurs, toutes les figures de la droite et du centre (ou presque, le président de l’UDI, Florent Montillot y brillait par son absence) se pressaient à l’inauguration de cette permanence de la candidate de la sixième circonscription qui a choisi de l’installer en coeur de métropole. Cette sixième va en effet d’Orléans à Lorris dont la maire, Valérie Martin est la suppléante de Mme Leclerc. “si je suis élue, J’incarnerais l’alternance et je saurais faire entendre ma voix”, a déclaré la candidate qui rappelons-le, s’est donné pour mission de débouter Valérie Corre, seule députée socialiste sortante du Loiret.
L’Assemblée de plus en plus importante
Olivier Carré, le maire LR d’Orléans a confirmé les propos qu’il a tenus dans un récente interview à Magcentre: “l’Assemblée nationale sera de plus en plus importante”. Pour le sénateur Jean-Noël Cardoux (LR) qui ne doute pas de la victoire de ses couleurs, “nous allons vers une cohabitation”, et Charles-Eric Lemaignen, lui aussi présent à cette crémaillère est persuadé qu’il “n’y aura pas de majorité”.

Olivier Carré, le maire d’Orléans, a participé à l’inauguration.
Toutes ses hypothèses déclinées par une droite et un centre déjà en campagne, ne se situent bien sûr que dans la perspective d’une victoire d’Emmanuel Macron. “Je ne voterai pas pour la candidate du Front national” avait indiqué d’emblée Alexandrine Leclerc, “ses valeurs ne sont pas les miennes”. Quant au résultat du premier tour de la Présidentielle, la candidate, tout en admettant que le candidat Fillon a été désavoué, constate, “c’est un rejet clair et net de François Hollande et de sa politique”.
Quant à l’autre candidat de droite, l’ancien secrétaire départemental de LR, Stéphane Fautrat, qui maintient sa candidature malgré le choix de la Commission national d’investiture et que l’on avait déjà vu à des réunion d’En Marche, il accentue sa danse du ventre vis-à-vis des Macronistes. “Le candidat du travail, c’est Emmanuel Macron“, dit il dans un communiqué publié le 1er mai.
Stéphane Fautrat vote Macron
“Comme pour tous les agriculteurs, mon 1er mai ne sera pas un jour férié. Simplement la fête du travail. Et parce que je veux que la fête se partage, le travail doit l’être. Ne nous trompons pas, le candidat du travail est Emmanuel Macron. Parce qu’il est celui qui augmentera de 50% la prime d’activité, qu’il supprimera les cotisations salariales et accordera le droit au chômage aux salariés démissionnaires et aux indépendants. Dimanche prochain, je voterai donc Emmanuel Macron. Je voterai pour le candidat du travail. Je voterai pour la croissance et l’emploi.”.
S’il ne tenait qu’à lui, Stéphane Fautrat serait le candidat d’En Marche sur la sixième. Pour sa part Valérie Corre la sortante refuse de se plier aux conditions d’un soutien du mouvement d’Emmanuel Macron, qui l’obligerait à quitter le PS. Elle devrait donc avoir un candidat macroniste en face d’elle, sauf si de nouveaux accords interviennent d’ici juin. Quoi qu’il en soit cette sixième sera la bouteille à l’encre avec en plus une candidate du FN parfaitement inconnue, Myriam Bachir, sinon par le fait que cette Montargoise vient d’être virée de la CGT, au motif justement qu’elle se présente sous les couleurs lepénistes.
Ch.B