Il y a le feu à la France. Pourtant, à gauche, Jean-Luc Mélenchon garde le silence en attendant le vote de ses amis. Comme si, pendant la campagne, il avait fait un référendum à chacune des saillies pour répondre aux journalistes ou pour insulter François Hollande. Pire: même au PS, chez des élus et des militants, certains envisagent l’abstention!

Mercredi soir place du Martroi à Orléans.
“J’ai mal à mon PS, il est devenu tout petit, se décompose, se recompose”, dit une élue sur le mode ironique en évoquant le naufrage de Benoit Hamon. Mais elle redevient sérieuse, voire en colère en évoquant ce front républicain qui était spontanément descendu dans la rue en 2002. Et qui a du mal en 2017 à se construire, alors que le danger de voir le FN à l’Elysée est bien plus élevé qu’en 2002. ” J’entends beaucoup de gens de gauche dire “je ne suis pas sûr d’aller voter Macron. Ça fait peur”.

Philippe Rabier (PS).
Mercredi soir à Orléans, seulement 200 à 300 personnes, parmi eux des élus locaux ou des candidats aux législatives avaient répondu à l’appel de Dominique Tripet élu Front de gauche (PC). “Il faut que les gens prennent conscience de la réalité, je commence à m’inquiéter”, dit cet autre élu PS. “Je ne suis pas d’accord avec certaines positions de son programme, mais c’est un vrai démocrate, un homme honnête et honorable”.
Où étaient les 5 000 manifestants du 24 avril 2012. Les temps ont changé. Plus confortable de manifester devant son ordi ou sa tablette en étalant ses états d’âme comme de la confiture sur les réseaux sociaux, plutôt que d’affronter le froid sur le trottoir ou de consacrer une soirée à une réunion militante. “Nous sommes là pour montrer notre refus du Front national mais surtout pour nous armer de verbes et d’arguments pour aller convaincre les indécis, les abstentionnistes, les convaincus de l’inutilité du vote blanc, car oui il y a danger dans la maison républicaine. Je suis effaré par l’inconscience d’un bon nombre de mes connaissances qui préféreront voter blanc”, expliquait Philippe Rabier.
Pour un 1er mai 2017 contre Le Pen
“Comment ne pas s’indigner devant la présence de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ? Comment ne pas se révolter devant son score (plus de 20% des voix). Le 1er mai 2002 nous étions des dizaines de milliers dans les rues pour protester contre la présence de son père face à Chirac. Nous devrions être autant le 1er mai 2017. Combattre le FN est aujourd’hui encore une priorité pour tous les démocrates et les républicains. Il ne faut pas s’habituer. Ne pas se prononcer clairement comme l’a fait Jean Luc Mélenchon est une erreur (une faute disent certains). On peut combattre le projet de Macron (comme celui de Chirac en 2002) sans se taire devant les idées du Front national et ne pas renvoyer finalement les deux candidats dos à dos.”, estime Michel Caillat, un militant de gauche qui n’a jamais appartenu au PS. Pour un autre, “le sujet n’est même pas de discuter du programme d’Emmanuel macron, il est de faire barrage au Front national, il y a urgence”.
Dans le canton de Saint-Jean-de-la-Ruelle, traditionnellement socialiste modéré et qui a voté Macron largement, les maires invitent les électeurs du canton à se rassembler jeudi 4 mai. Frémissement du front républicain ou baroud d’honneur?
Toutes les études sérieuses le montrent, l’abstention à haut niveau est une condition suffisante à l’entrée de Marine Le Pen à l’Elysée.
Ch.B
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- Les résultats de Marine Le Pen par rapport à 2012
- En France la candidate du FN avait fait 6 421 000 voix en 2012, elle en recueille en 2017, 7 679 000, soit 1,2 million de voix en plus.
- Dans le Loiret, en 2012, 73 264 contre 83 662 en 2017, plus de 10 000 voix supplémentaires.
- En région Centre-Val de Loire en 2012, Marine Le Pen obtenait 280 096 suffrages (19,37%), elle en a obtenu dimanche 296 487 (24,06%), soit 16 000 voix de plus.