Un billet pour adoucir les mœurs…
Voici quelques jours,en gare d’Orléans, fin d’après-midi, l’annonce d’un retard de train (un de plus dû à la dégradation de ce transport commun- donc appartenant à tous- de plus en plus privé de moyens) provoque la colère des usagers.
Dans le hall à l’architecture de vagues propices à la montée de déferlantes et de cris de colère ça pourrait aller jusqu’à des débordements quand un homme s’assoie au piano (eh oui ! même à Orléans un piano est là présent 24h/24h prêt à recevoir les mains de toutes et tous de 3 ans à …).
Il pose ses doigts sur les touches, prélude, écoute les emportées de la foule, plaque doucement des accords pour s’accorder au climat. Une femme a posé son bras sur le dessus noir de l’instrument, elle se laisse envahir par les notes qu’il continue d’assembler puis s’écartant, elle commence à déplacer son corps, lance ses bras, ses jambes, tourne, descend, remonte créant une chorégraphie improvisée en accord parfait avec le pianiste, il/elle jouent ensemble. C’est léger et dense, simplement beau.

Des gens s’approchent, posent leurs sacs, leurs valises, quittent leur air fâché, sourient, des yeux brillent de plaisir, l’apaisement se propage dans la foule, parce que même à la colère la création peut répondre, même à la tristesse l’art apporte le goût du bonheur de l’instant infini. Et à eux deux, par l’alliance de la musique et de la danse ils ont apporté la tranquillité.
Je n’irai pas jusqu’à suggérer que les bombardiers de Mr Trump et les 4×4 de Daesh soient précédés de musiciens* et de danseurs ni vouloir imposer aux candidats à la présidence de nous jouer un air de violon en dansant la gigue car c’est à nous d’ouvrir nos yeux pour rencontrer toutes les beautés dont nous sommes porteurs, qui, elles, à coup sûr, transforment les rapports humains.
FT
*A l’image des hélicoptères mythiques d'”Apocalypse now”.