Dans l’état des intentions de vote, ce n’était pas l’exercice le plus aisé auquel s’est livré Luc Carvounas, le sénateur-maire (PS) d’Alfortville dans une salle de Fleury-les-Aubrais, au nord de l’agglomération d’Orléans, mardi soir. D’autant que la salle des Bicharderies voisine avec les abattoirs de la métropole, ce qui n’est jamais bon signe pour un animal politique comme Benoit Hamon.

Luc Carvounas mardi soir à Fleury-les-Aubrais.
Ancien proche de Manuel Valls et auparavant de Martine Aubry puis de Claude Bartelone dont il a fait la campagne des régionales (2015) en île-de-France, Luc Carvounas affiche pourtant haut et fort son soutien à Benoit Hamon. “Rien n’est perdu” a t-il dit, loyal au vainqueur de la primaire socialiste, mardi soir devant une cinquantaine de sympathisants et militants, dont les deux Parlementaires du Loiret, Valérie Corre et Jean-Pierre Sueur. “Dans les dix jours qui viennent tout est encore possible” poursuit Olivier Frézot, le secrétaire départemental qui martèle les maîtres-mots, “valeurs” et “fidélité”. A ses côtés Thierry Stromboni, le candidat du PS sur la cinquième circonscription qui va de Fleury-les-Aubrais à Pithiviers où il est élu, a aussi pris la parole.

Les candidats du PS sur la cinquième du Loiret, Thierry Stromboni et sa suppléante Marie-Agnes Courroy, avec Luc Carnouvas et Olivier Frézot.
Virulents vis-à-vis de ceux qui aujourd’hui quittent le navire PS après avoir vécu “les beaux moments de la gauche de Mitterrand à Jospin”, Luc Carnouvas lâche ses flèches acérées contre Emanuel Macron qui est “aujourd’hui loin des socialistes”, et qui fait partie de “cette “énarchie” dont il dénonce le “coup d’Etat”. “Ils sont du même rang, ont fait les mêmes écoles, on a eu droit à la promotion Voltaire et maintenant c’est une nouvelle”, dit-il en faisant allusion à la promotion de l’ENA du Président sortant dont de nombreux élèves ont été promus à des postes élevés durant le quinquennat. Il a entre autres, accusé Emmanuel Macron au chapitre de l’éducation de vouloir créer “une école à deux vitesses”.
“Des têtes que Macron veut voir tomber”

Thierry Stroboni et Marie-Agnes Courroy (5 ème Loiret.
Pour LucCarvounas qui l’avait évoqué le matin même dans la presse nationale, ce n’est pas un cabinet noir mais une “liste noire” qui circule chez les amis d’Emmanuel Macron: “il cible des circonscriptions tenues par des têtes qu’il veut voir tomber, comme celles de Clément Borgel et de Jean-Christophe Cambadélis”. Et il affirme tenir ces informations d’un rallié à Emanuel Macron, François Patriat.
Pour le reste, Luc Carvounas a décliné le programme du candidat Hamon, sur le revenu universel, la santé avec le témoignage d’une infirmière, les structures pour l’accueil des personnes âgés., la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle. “C’est le seul candidat à ne pas vouloir réduire le nombre de fonctionnaires “ a encore insisté le sénateur du Val de Marne.
Ch.B