C’est dit, c’est martelé devant près de 300 personnes réunies à la salle des fêtes de Lamotte-Beuvron par Guillaume Peltier pour la venue de Christian Jacob: “ni la classe médiatique, ni ceux qui nous gouvernent ne peuvent nous priver de choisir… Malgré les oukases les quolibets, je vote, je voterai, je souhaite que vous votiez François Fillon”.

Christian Jacob, coordonnateur de la campagne de François Fillon.
Candidat à la succession de Patrice Martin-Lalande (LR), sur la deuxième circonscription du Loir-et-Cher, Guillaume Peltier, comme les orateurs locaux qui l’ont précédé, a choisi de prendre la défense de François Fillon, “capable de résister aux tempêtes les plus violentes”. Celles-ci seraient dues à l’acharnement du fameux “cabinet noir” de François Hollande et surtout à ces “médias nationaux” qui harcèlent et martyrisent ce malheureux François Fillon. Mais qu’attend l’ancien Premier ministre, comme il l’avait promis, pour attaquer en diffamation le Canard enchaîné, en référé, c’est-à-dire en procédure d’urgence, afin qu’il soit mis fin à ces “mensonges”? Il pourrait ainsi apporter les preuves tangibles et immédiates de sa bonne foi et de la réalité des emplois de sa femme, sans attendre la procédure pénale.
Patrice Martin-Lalande loin de Lamotte
Patrice-Martin-Lalande, le député LR sortant, avait dans un premier temps en février estimé que François Fillon serait contraint de retirer sa candidature. Avant de rétropédaler. Jeudi soir, problème de calendrier, il était à plusieurs milliers de kilomètres de la Sologne dans le sud-est asiatique, en mission. Dommage, il aura raté une des habituelles petites blagues de Maurice Leroy, député de la 3 ème circonscription (qui accueille Serge Grouard, l’ancien maire d’Orléans ce vendredi soir à Vendôme). A propos de la stature de présidentiable, le patron du département a lancé, “on aime ou on n’aime pas François Fillon, mais c’est le seul qui a le costume de président”, et cette saillie à double détente a été accompagnée d’un bras d’honneur vengeur, on l’imagine à l’adresse de ceux qui ont sorti les informations sur les cadeaux vestimentaires à François Fillon. Maurice Leroy a encore comparé Emmanuel Macron, qui désormais concentre toutes les attaques, à “du papier tue-mouches qui attrape tout”.
Une chambrée solognote et rurale

Guillaume Peltier, candidat à la succession de Patrice Martin-Lalande.
Le second ancien ministre de la soirée et invité vedette était Christian Jacob, maire de Provins, devenu coordonnateur de la campagne de François Fillon et qui a tenu meeting à Châteauroux au début du mois. Cet ancien syndicaliste agricole, qui, dans la dernière législature était président du groupe LR à l’assemblée nationale et fut ministre de Jacques Chirac, avait un public à sa main, une chambrée solognote et rurale passablement âgée, à l’image de cet électorat qui a voté à la primaire. Dans ces zones rurales, le Front national a fait des percées spectaculaires lors des dernières consultations. Pourtant, Christian Jacob a eu le bon goût de ne pas y “chasser” sur le thèmes de l’immigration, leitmotiv obsessionnel de la candidate d’extrême-droite.
Payer mieux les fonctionnaires
Dans la droite ligne des éléments de langage qui visent à installer Macron dans le sillage de François Hollande, Christian Jacob s’est plu à marteler que le bilan économique du quinquennat et de l’ex-ministre de l’Economie, “c’est 80 milliards de plus en impôts, 330 milliards de dette supplémentaire, 1.100.000 demandeurs d’emplois en plus…”. Les solutions proposées par François Fillon, ce ne sont pas du sang et des larmes”, mais “des réformes de structures”. Comme celles des retraites avec le passage de 62 à 65 ans, pour les fonctionnaires ce sera (outre la suppression de 500.000 postes) le fait de “les payer mieux”, avec notamment des embauches en contrats de droit privé. Quant à la baisse des charges pour les entreprises, elle sera financée par deux points de TVA en plus. Christian Jacob a encore mis en avant “l’autorité” de François Fillon. “On l’a ou on ne l’a pas“, fustigeant l’attitude laxiste selon lui du gouvernement vis-à-vis des manifestants de Nuit debout et l’incapacité à trancher sur Notre-Dame des Landes.
La sortie de l’euro et l’explosion de la dette

Près de 300 personnes à la salle des fêtes de Lamotte Beuvron.
Après Macron, le maire de Provins a tiré sur sa droite contre le programme de Mme Le Pen et notamment son refus de signer des accords internationaux. La culture agricole a alors repris le dessus avec sa démonstration sur les trois kilos de blé d’un céréalier français dont un est pour le marché domestique, l’autre vendu en Europe et le troisième dans le monde. “La sortie de l’euro c’est l’explosion de la dette et la ruine de notre pays”, a dit Christian Jacob qui a volontiers comparé le programme économique “catastrophique” de Marine Le Pen à celui de Jean-Luc Mélenchon. Et le député de Seine-et-Marne de conclure, “si l’on est de droite, on ne peut se reconnaître ni dans Macron ni dans le FN”.
Ch.B