Valls vote Macron, les socialistes régionaux au bord de la crise de nerf

Seule députée socialiste du Loiret, Valérie Corre qui se représentera en juin, est effondrée après l’annonce du soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron dès le premier tour. Certes ce n’est pas vraiment une surprise. Mais, dit-elle, “nous avions décidé de faire une primaire, pour moi c’était une grosse bêtise, mais dès lors que l’on s’était donné des règles collective, il faut les respecter… Je veux pouvoir continuer à me regarder dans un glace”.

Valérie Corre

“S’il y avait une vraie dynamique”

Benoit Hamon avec Valérie Corre et Marie-Madeleine Mialot.

Elle les respectera jusqu’au bout, ces règles de la primaire. Elle a parrainé Benoit Hamon, et il n’ont pas été nombreux dans le Loiret, quatre socialistes autant que d’écologistes, et elle continuera de le soutenir. “Manuel Valls se trompe, nous ne sommes pas en train de jouer l’avenir du PS. Si tous les courants de pensée du PS était derrière Benoit Hamon s’il y avait une vraie dynamique”, les sondages ne seraient pas ce qu’ils sont.

Pour autant Valérie Corre reconnait que Benoit Hamon “a passé du temps à rechercher un accord avec Jadot, les écologistes et avec Mélenchon, et n’a pas donné assez de signe vers le PS”. Mais à contrario elle demande à ceux qui penchent pour Macron, “n’y a -t-il pas eu des inflexions dans son programme par rapport à celui qui était le sien à la primaire ? Vainqueur de la primaire, c’est lui qui porte les valeurs de la gauche”.

Pour la députée du  Loiret, l’erreur historique de cette primaire c’est d’avoir laissé Valls représenter “le courant réformiste de notre parti”, alors que, Premier ministre sortant, il était plombé par son bilan à Matignon. “Valls était trop clivant, il aurait mieux valu un autre candidat“.

Valls trop clivant

Comme Vincent Peillon, celui qu’elle avait soutenu au premier tour avant de rester silencieuse entre les deux. Alors qu’avec Benoit Hamon le PS présente un candidat frondeur incapable de faire la synthèse comme avait si bien su le faire un certain François Hollande en 2012. “Les frondeurs m’ont pourri ma mandature”, dit-elle. Tolérante, Valérie Corre qui n’insulte pas non plus l’avenir, “comprend ceux qui soutienne Emmanuel Macron”, à qui elle ne refuse pas l’étiquette “d’homme de gauche“.

À la Fédération du Loiret, un petit noyau continue de faire campagne pour Benoit Hamon, le président de région François Bonneau qui avait pourtant milité à fond pour Manuel Valls n’a pas, à priori, viré de bord, d’autres comme le sénateur Jean-Pierre Sueur balancent sans se prononcer et d’autres enfin s’apprêtent à basculer.

Marc Gricourt : “Valls, traitre de la primaire”

Derrière Manuel Valls, Marc Gricourt

À Blois, le maire Marc Gricourt, fervent soutien de la première heure, membre de son équipe de campagne à laquelle il se rend tous les mardis matin à Paris – s’exprime assez vertement sur son profil Facebook – le dernier endroit où l’on cause dans cette démocratie : “Traitre de la primaire ! Bravo ! Belle image de la démocratie et du respect des engagements et règles ! Pour autant une bonne nouvelle peut être pour la ” vraie” gauche. Macron-Valls = mêmes politiques… Si les Français considèrent que tout va bien alors continuons avec les mêmes !”

Un peu plus loin il commente :  “Il y a traîtrise c’est une réalité et je l’exprime” (…) “Voter pour des idées doit rester la priorité et c’est ça le vote utile. Sinon décidons d’annuler le premier tour et désignons les deux finalistes du second tour dès maintenant ! Ce n’est pas ma conception de la démocratie”.

Traitrise, traitrise, c’est vite dit : c’est d’ordinaire plutôt un vocabulaire de droite, où l’on sort couteaux et flingues en même temps que le mot est prononcé, bien qu’ils n’en aient pas le monopole naturellement. À gauche, on a plutôt l’habitude d’appeler ça un “frondeur”…

Du côté de Romorantin-Lanthenay, Jeanny Lorgeoux se dit “en apnée sous-marine jusqu’au dimanche 23 avril”. Outre qu’il semble difficile de faire de l’apnée en dehors des flots marins, le soutien affiché de l’ex-candidat Manuel Valls lors de la primaire de la gauche en janvier dernier semble dire qu’il apporte naturellement (si on ose le dire ainsi !) au candidat Emmanuel Macron.

Bref, en Loir-et-Cher aussi, le printemps sera chaud pour la gauche. Et peut-être même, dans le cas du sénateur sortant Jeanny Logeoux, jusqu’à l’automne (élections sénatoriales fin septembre 2017). Il faudra bien à un moment donné, se remettre à respirer, sans quoi…

Ch.B et F.S.

Commentaires

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  1. Macron “homme de gauche” Madame Corre ? Ainsi vous laissez vous une opportunité -d’aucuns diraient que vous faîtes preuve d’opportunisme- bien sûr avec beaucoup de discrétion.
    Ce candidat est gauche(maladroit) dans ce qu’il dit,et c’est gentil de parler de maladresse car il suffit d’écouter à tête reposée ses discours pour en constater l’indigence.
    Votre billet pour la chambre des députés passera nécessairement par une alliance avec “En Marche” alors bon démarchage!

  2. Le grand jeu du “faire croire” amuse la galerie. Qui pouvait imaginer que Valls allait voter Hamon. Leurs programmes sont incompatibles. Valls n’engage que lui et trahit sa parole. Est-ce pire que la trahison de Fillon ? Est-ce pire que le bras d’honneur de Le Pen à la Justice ? Incognitus fait des études de textes mais que signifie pour lui le mot indigence ? Qu’il combatte les idées contenues dans le programme de Macron (il existe) et qu’il combatte les idées de la droite et de l’extrême droite. L’événement du jour n’est pas le soutien de Valls et de beaucoup de socialistes (la deuxième droite). L’événement terrible est de voir que la France va donner 50% ou presque de ses voix à deux personnes mises en examen. Et on nous rebat les oreilles avec ces appels aux citoyens comme si le peuple avait toujours raison… Démarchage, trahison, on s’en fout. L’essentiel est de travailler sur le fond et de se battre pour ou contre des idées. Mais voilà, informer fatigue et s’informer fatigue.Les petites phrases d’Incognitus comme beaucoup d’autres sont chaque jour plus insupportables. Le mépris du politique et la destruction du politique alimentée quotidiennement préparent au pire.

  3. Si j’ai une bonne mémoire les candidats socialistes au parlement (députés et sénateurs) avaient signé un engagement de non-cumul devançant ainsi la loi .
    Nombreux sont ceux qui n’ont pas respecté leur signature trompant ainsi leurs électeurs : je n’ai pas entendus les bons apôtres fustiger les traîtres ( dont les Germain les Lorgeoux pour notre Région )
    Pour M GRICOURT je pense qu’il avait mieux à faire pour l’honneur de la gauche et du Parti Socialiste en s’opposant à ce que les élus de la Région Centre dont il est 1° Vice-président votent la xénophobe clause “Molière “

  4. Pourquoi avoir choisi une telle photo qui présente Marc Gricourt, maire de Blois comme un malfrat planqué derrière Valls et un de ses soutiens d’alors ? Un malfrat près à leur planter un couteau dans le dos. À l’époque on ne connaissait pas la suite des événements.

    Max s’étonne que Marc Gricourt, soutien de Benoît Hamon, ait voté la « xénophobe clause Molière ». Son étonnement m’étonne, Marc Gricourt n’est pas un enfant de choeur du parti socialiste blésois. L’honneur de la gauche versus Max n’est pas sa tasse de thé.

    Le quotidien du Loir et Cher rapporte que Gricourt menace son camarade Lorgeoux sénateur et maire de Romorantin qu’il soupçonne de vouloir soutenir Macaron, de lui faire la peau de sénateur en lui retirant les voix des élus du blaisois lors des futures sénatoriales.
    Guigne-t-il sa place déjà ? Lorgeoux, qui n’est pas une enfant de choeur non plus, se dit que l’automne est loin. Que de l’eau va couler sous les ponts et qu’Hamon sera sans doute noyé.

  5. La France de Macron c’est un pays sans frontières , sans identité , sans histoire , sans culture , sans monnaie , sans valeurs morales , sans peuple défini….
    C’est une France qui va devenir un enfer pour les français .
    Tout sauf Macron ; il faut le stopper .

  6. Macron n’a pas participé aux primaires de peur d’être évincé. Pour moi il n’est plus de gauche si toutefois il l’ai été un jour. Quand à Valls il a la défaite amère. Trop sûr de sa nomination en homme sauveur du parti qu’il n’utilisait que comme appui à sa candidature, il a montré qu’il ne roulait que pour lui et non pour les Socialistes. Son ralliement à Macron ne me surprend pas et sa traîtrise non plus. Le parti va peut-être enfin revenir à un programme social, sinon c’est à désespérer.

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