En ce beau samedi printanier, la ville d’Orléans accueillait les interprètes de la comédie musicale intitulé les “Dix commandements” ou plutôt trois des interprètes de la reprise de la dite comédie musicale rebaptisée: “Le retour des dix commandements”. Après une conférence de presse organisée par les services de la ville pour rencontrer le metteur en scène et créateur du spectacle en 2001, Elie Chouraqui, un podium, dressé par la ville, permit l’après midi sous un soleil radieux, aux Orléanais passant sur la place du Martroi de découvrir quelques extraits du spectacle programmé au Zénith pour le 23 mai prochain, opération commerciale parfaitement orchestrée puisque les affiches avaient fleuri dans la semaine à Orléans.

Elie Chouraqui / Béatrice Odunlami, adjointe aux événements à la ville d’Orléans
Et visiblement, la reprise de la comédie musicale culte, seize ans et deux millions de spectateurs plus tard, a bien besoin d’un soutien commercial tant elle semble avoir du mal à remplir les salles au vue du nombre d’annulations sur la tournée, dont celle d’Orléans pour le 24 mai. Au fiasco public de ce spectacle populaire, il y a évidemment des raisons de lassitude mais aussi, et c’est sans doute le plus regrettable, une moins grande sensibilité de nos concitoyens au discours humaniste et spirituel du spectacle.
Est-ce pour autant une raison pour la ville d’Orléans de voler au secours d’un spectacle, quel qu’en soit les qualités, qui, au demeurant, relève de la production d’une entreprise privée, la société commerciale Xcom2 ? Certes, lors de la conférence de presse, Martine Grivot, adjointe au maire d’Orléans en charge de la promotion du territoire, justifiait le soutien apporté par la ville comme contribuant à la promotion d’Orléans. Un peu difficile à saisir ce en quoi le soutien à un spectacle en tournée sur toute la France peut contribuer au rayonnement de la ville, tout ça dans le cadre de l’opération “Hors les murs” destinée à favoriser la fréquentation des lieux culturels orléanais

Tout cela a évidemment un coût, invisible puisqu’il s’agit essentiellement de l’utilisation des services de la ville, mais quelle en est la contrepartie ? Si cette opération commerciale réussit, ce que l’on ne peut que souhaiter, la ville présentera-t-elle la facture de sa prestation, ou le bénéfice induit par son action ira-t-il exclusivement aux actionnaires de la société Xcom2 ?
Et ces questions ne devraient pourtant pas être anodines pour des élus qui soutiennent un candidat à l’élection présidentielle qui préconise une sévère baisse des finances publiques…
GP