Jean-Philippe Grand sera t-il le candidat de la gauche et des écologistes aux législatives sur la deuxième circonscription du Loiret? Rien n’est décidé mais la deuxième a été laissée “réservées” pour les partenaires” côté Parti socialiste, et comme Christophe Chaillou a de fait renoncé à se présenter une nouvelle fois contre Serge Grouard le sortant LR, Jean-Philippe Grand pourrait coiffer les deux casquettes. A moins que David Jacquet (PS), mandataire de Benoit Hamon à la primaire, ne soit désigné pour y aller…
En l’état, EELV (Europe écologie les Verts) présentera des candidats dans toutes les circonscriptions du Loiret. En attendant d’éventuels accords.

Les candidats d’EELV aux législatives dans le Loiret.
de gauche à droite : Hamid Khoutoul (45-06), Wassia Fagbemi (45-05, suppléante), Benoît Varin (45-05), Massila Salemkour (45-04), Thierry Jolivet (45-04 suppléant), Jean-Philippe Grand (45-02)
Sur la première circonscription, les “Verts” présenteront Jérôme Bayler, un pilier du mouvement sur Orléans dont il est le porte-parole municipal. Graphiste, Jérôme Bayler, 50 ans, qui vit au sud de la Loire à Orléans, avait été suppléant de Michel Brard (PS) aux cantonales mais n’était pas

Jérôme Beyler (1ère).
sur la liste aux municipales d’Orléans. “Je défendrai le projet de territoire “zéro gâchis” afin que soient préservées nos ressources et que nous puissions tirer profit de toutes les énergies…”, dit Jérôme Beyler qui aura face à lui Charles-Eric Lemaignen, le président de l’agglo devenue métropole en lieu et place d’Olivier Carré le sortant (LR).
Sur la deuxième, Jean-Philippe Grand, conseiller régional et municipal d’Orléans sortant, change de monture (il avait été candidat en 2012 sur la première), et vient défier Serge Grouard. L’ancien maire d’Orléans qui a revendiqué tant qu’il pouvait sa proximité avec François Fillon risque t-il de payer les révélations sur les pratiques de l’ancien Premier ministre? “Je considère que les écologistes proposent un modèle de société soutenable pour notre planète et donc pour l’humanité”, explique Jean-Philippe Grand qui s’est engagé en politique il y a 18 ans, “pour défendre la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles”.
Une agricultrice bio, une ouvrière et un chef d’entreprise
Ouvrière, retraitée et conseillère municipale et communautaire de Briare, Evelyne Bourgoin est la candidate d’EELV sur la 3 ème circonscription détenue par Claude de Ganay (LR). Militante associative et en particulier des jardins familiaux, Evelyne Bourgoin met notamment en avant “la qualité de l’eau dans les petits cours d’eau des bassins versants de la Loire”.
Sur la quatrième, Massila Selemkour, agricultrice bio, partira sous la casaque d’EELV sur la circonscription de Jean-Pierre Door, le maire (LR) de Montargis. Issue d’associations, militante de combat comme Greenpeace, et Robin des Bois, Massila Selemkour explique que sa candidature, “est motivée par l’objectif de contrer les lobbyings des grandes multinationales qui sont comme bien des scandales l’ont démontré, destructeurs pour notre santé et notre environnement”.
Benoit Varin, secrétaire général d’une société de rachat et revente d’équipements électroniques, une société spécialisé dans le développement durable, a participé à la création en 2002 de la Fédération Equiterre. Il souhaite, “participer à la construction d’un monde plus équitable, plus respectueux de l’environnement, plus innovant, plus interculturel…Une société basée sur le principe de société heureuse…”. Des idées qu’il tentera de faire passer dans une circonscription tenue par Marianne Dubois (LR).
Sur la sixième circonscription dont la sortante est socialiste, Valérie Corre, élue en 2012, le candidat EELV s’appelle Hamid Khoutoul, un professeur d’économie et de gestion en lycée professionnel. Sur cette circonscription mi-urbaine avec la banlieue est d’Orléans mi-rurale avec l’axe ligérien et la forêt d’Orléans, jusqu’au Gâtinais, Hamid Khoutoul se propose justement de “représenter les citoyens, rassembler autour d’idées éco-participatives les habitants des communes, des quartiers populaires et du monde rural”.
Ch.B
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Un an de gouvernance régionale avec le PS: globalement positif
Proportionnelle oblige, les écologistes sont mieux représentés au conseil régional que dans d’autres assemblées. Ils y ont ainsi neuf élus avec une capacité d’influer sur la majorité socialiste, voire pire…Comme ils l’ont promis en début de mandat, ils ont fait récemment le bilan d’une année (un peu plus) de travail.

Charles Fournier et Jean-Philippe Grand.
Globalement, “l’accord a été respecté”, dit Charles Fournier, le président du groupe au conseil régional, tout en prévenant que “maintenant on rentre dans le dur”. Les écologistes estiment qu’ils ont pesé dans un certain nombre de domaines (économie, lycées, transition énergétique, démocratie participative…) sur les politiques régionales. “Le schémas de développement économique ne serait pas le même sans EELV”, estime Charles Fournier. Quelques exemples concrets: le voeux adopté à la dernière session sur l’alimentation dans les lycées à 40% des produits locaux et 20% de bio, la démocratie participative qui s’installe dans la région avec aussi le dispositif “à vos idées” qui a généré 160 initiatives et 500 projets, l’énergie positive dans les lycées avec des nouveaux bâtiments comme à Jean Zay (Orléans) et Voltaire avec du bois-paille à l’internat…
Pas un euro pour les aéroports
Jean-Philippe Grand insiste aussi sur une nouvelle politique “d’achats responsables” sur les chantiers régionaux. Reste les points d’achoppement qui étaient listés avant même les élections de décembre 2015. Les écologistes sont opposés aux aides aux aéroports, Tours et Châteauroux-Déols pour ce qui est du volet transport de passagers, exploités par deux compagnie low cost. Plus de deux millions d’euros dépensés par la collectivité régionale alors qu’à Tours la CCI est en train de se désengager et qu’à Déols il est question d’un Châteauroux-Lyon à venir. “Pas un euro de plus pour les aéroports”, disent les écologistes (ni pour les routes) qui en revanche, se réjouissent de la nouvelle compétence transport collectif routier interrurbain et scolaire, auparavant apanage des départements. “II faut avoir une vision d’intermodalité” dit Charles Fournier, “pouvoir mettre un vélo dans le car, puis dans le train…”.
Pour l’instant les écologistes roulent toujours avec la majorité socialiste et les soubresauts électoraux n’ont pas, pour l’instant, déstabilisé l’accord de gouvernement régional avec la majorité de François Bonneau.